The Young Lady

  jeudi 18 Mai   
20 H 30


Festival de Valenciennes - Florence Pugh - Prix de la meilleure interprétation féminine

Scénario : Alice Birch
Montage : Nick Emerson
Décors : Jacqueline Abrahams
Costumes : Holly Waddington
Producteur exécutif : Pete Smyth
Producteur délégué : Lizzie Francke,Christopher Granier-Defferre,Steve Jenkins,Christopher Mool,Jim Reeve
Productrice : Fodhla Cronin o'Reilly
Son : Dan Jones & Ben Baird
Directrice de la photographie : Ari Wegner
Réalisateur : William Oldroyd
Distribution : KMBO Distribution

Site officiel


 Avec 

» Florence Pugh - Katherine» Cosmo Jarvis - Sebastian» Paul Hilton - Alexander
» Naomie Ackie - Anna» Christopher Fairbank - Boris» Golda Rosheuvel - Agnθs
» Anton Palmer - Teddy» Rebbecca Manley - Mary» Fleur Houdijk - Tessa
» Cliff Burnett - Le pθre Peter» Bill Fellows - Dr Burdon» Ian Conningham - Dιtective Logan


 Synopsis 

1865,
Angleterre rurale. Katherine mène une vie malheureuse d'un mariage sans amour avec un Lord qui a deux fois son âge. Un jour, elle tombe amoureuse d'un jeune palefrenier qui travaille sur les terres de son époux et découvre enfin la passion. Habitée par ce puissant sentiment, Katherine est prête aux plus hautes trahisons pour vivre son amour impossible.


 Anecdotes 

LA GENÈSE DU PROJET

Le réalisateur, William Oldroyd, et la scénariste, Alice Birch, se sont tous deux fait un nom au théâtre à Londres, avant d'arriver au cinéma. William Oldroyd a travaillé comme metteur en scène au sein du Young Vic Theater de Londres et à la Royal Shakespeare Company (RSC). Alice Birch a, quant à elle, été dramaturge pour la Court Royal et pour la Royal Shakespeare Company (RSC). William Oldroyd a fait ses premiers pas comme réalisateur avec son court-métrage BEST, primé lors du Festival Sundance Channel Shorts de Londres en 2014. Représentés par le même agent, William Oldroyd et Alice Birch se sont rapidement mis d'accord pour l'écriture et la réalisation d'un premier long-métrage.

Alice Birch avait lu La Lady Macbeth du district de Mtsensk, écrit par Nikolaï Leskov en 1865. Les thèmes abordés dans le livre, notamment la soumission des femmes dans la société, la vie dans les communautés rurales et la passion interdite lui ont paru intéressants à adapter au cinéma. L'histoire originale plus célèbre, publiée par Dostoïevski, avait été adaptée en opéra russe par Chostakovitch au début des années 1930. La pièce, jugée très subversive, avait ensuite été censurée par Staline. Alice Birch s'est empressée d'en parler à William Oldroyd, qui trouva l'intrigue fascinante.
" Dans la littérature de cette période, les femmes comme Katherine souffraient en silence, dépérissaient ou se suicidaient. Mais dans THE YOUNG LADY, nous avons une jeune femme qui veut se battre pour son indépendance et décide de son propre destin de manière sanglante " précise-t-elle. William Oldroyd et Alice Birch se sont fortement inspirés de l'intrigue principale du roman, en se laissant la liberté d'y ajouter quelques modifications.
Quand la productrice, Fodhla Cronin O'Reilly, nommée pour son court-métrage HEAD OVER HEELS aux Oscars en 2014, rencontre William Oldroyd, leur entente est immédiate. Ils décident de développer ensemble la production de THE YOUND LADY. " Elle a été ma collaboratrice principale sur le film. Venant du théâtre, je me suis fortement appuyé sur elle pour assurer cette transition vers le cinéma et pour comprendre les spécificités et le fonctionnement de ce système", reconnaît le réalisateur.



UN FILM D'ÉPOQUE À PETIT BUDGET

Le film a été produit avec 500 000 pounds (approximativement 580 000 euros).
Ce financement vient en partie de Features, un programme d'aide aux films à petit budget géré par le BFI et BBC Films. “ Nous étions déterminés à faire de notre petit budget une force. Nous avons donc été obligés de faire des choix dans notre façon de filmer, dans les costumes et les décors ”, raconte la productrice. Le réalisateur ajoute ”Je savais qu'il était possible de faire un film d'époque avec un petit budget. Nous n'avions pas les possibilités de nous offrir de grands extérieurs, ni des scènes avec beaucoup de figurants. Nous nous sommes donc concentrés sur la psychologie d'un groupe de personnages vivant en 1865.”



LE CASTING DU FILM

William Oldroyd se souvient du casting de Florence Pugh : “ Je l'avais vue dans THE FALLING de Carol Morley et j'avais été très impressionné par sa performance. Il a été tout de suite évident que nous avions trouvé quelqu'un qui avait l'esprit de Katherine. Florence nous a offert une performance incroyablement forte. Elle a beaucoup d'instinct et une excellente technique.
” Florence Pugh affirme que c'est la transformation du personnage qui l'a séduite en lisant le script. “Nous voyons une innocente jeune fille se transformer en une femme capable de faire des choses monstrueuses. Ce qu'elle fait est mal mais, malgré tout, le spectateur ressent de la sympathie pour elle et veut qu'elle réussisse.”
Florence Pugh a été confrontée aux quelques acteurs pressentis pour jouer le rôle de Sebastian. Le chanteur compositeur Cosmo Jarvis s'est démarqué de ses concurrents. “ Dès que nous l'avons vu avec Florence, il y a eu comme une étincelle ” raconte Fohdla Cronin O'Reilly. “ On peut percevoir chez lui une vulnérabilité très intéressante. Florence et Cosmo étaient tous les deux naturels et subtiles dans leur jeu ”. Cosmo Jarvis : “ On a rarement l'opportunité de jouer des personnages aussi riches et complets au début d'une carrière. La relation de pouvoir entre les protagonistes m'intéressait. Sebastian est, en bien des points, comme un animal apprivoisé.
C'est un homme faillible et complexe. ”
Dans le rôle d'Anna, il fallait une actrice qui puisse transmettre une forte charge émotionnelle avec peu de dialogues. “ Nous avons tout de suite compris que nous avions trouvé notre Anna lorsque nous avons rencontré Naomi. Elle est capable d'exprimer une très large gamme d'émotions en quelques mots ”, raconte William Oldroyd. Naomi Ackie, qui avait essentiellement joué au théâtre auparavant, était très intéressée par l'idée de travailler dans un nouveau cadre avec un cinéaste. “ Nous venons tous les deux du théâtre, nous parlons le même langage. Mais William a également un regard singulier, j'ai beaucoup appris sur le tournage ”, confie-t-elle.

“Nous voyons une innocente jeune fille se transformer en une femme capable de faire des choses monstrueuses. Ce qu'elle fait est mal mais, malgré tout, le spectateur ressent de la sympathie pour elle et veut qu'elle réussisse.”

Pour les entourer, William Oldroyd a recruté des comédiens expérimentés du théâtre et du cinéma. Il savait qu'il voulait Paul Hilton dans le rôle d'Alexander, le mari de Katherine : “ J'ai toujours pensé à Paul pour le rôle. J'étais impressionné en découvrant les essais qu'il nous a envoyés : je n'avais jamais vu personne s'investir autant, à tous les niveaux : costume, plateau, éclairage... Nous avons plus ou moins repris toutes ses idées sur le tournage ! ”
Pour le rôle de Boris, le patriarche de la famille qui cherche désespérément un héritier, l'équipe a jeté son dévolu sur Christopher Fairbank : “ Il nous fallait quelqu'un qui puisse représenter le pouvoir écrasant du patriarcat contre lequel Katherine se rebelle. Et Christopher avait vraiment cette puissance en lui.” C'est le script d'Alice Birch qui a convaincu l'acteur de rejoindre le casting du film : “ J'ai été séduit par la profondeur et la subtilité de ce personnage de tyran domestique. ”



L'ÉQUIPE DU FILM

Pour redonner vie à l'Angleterre du XIXe siècle avec un budget très réduit, la direction artistique s'est entourée de gens talentueux et motivés par la qualité du script et la créativité du réalisateur. La collaboration avec Jacqueline Abrahams, la chef décoratrice qui avait travaillé sur THE LOBSTER et LA DAME EN NOIR 2 a été une évidence. Le chef-costumier avait un rôle-clé à jouer et, malgré le petit budget, l'équipe a pu s'entourer de Holly Waddington, qui avait auparavant travaillé sur LINCOLN et CHEVAL DE GUERRE. “ Les connaissances de Holly, sa passion pour les motifs et le dessin sont incroyables. Elle a confectionné des corsets et des peignoirs à la main, voyagé en France pour trouver des pièces d'époque. Grâce à elle, on a le sentiment que les personnages portent des vêtements, et non des costumes. On ne voulait pas qu'ils aient de nouveaux costumes chaque fois qu'ils apparaissaient à l'écran.”
Quant à la direction de la photographie, elle est revenue à Ari Wegner, qui a travaillé sur plusieurs films présentés aux festivals de Venise, Cannes et Berlin. Son travail correspondait exactement à ce que William Oldroyd recherchait. Ari Wegner étant cependant basée à Melbourne, il a fallu qu'elle soit capable de travailler à distance avec le réalisateur pour la préparation du film. “ Nous discutions tous les jours pendant des heures sur Skype. Nous partagions des images et des références ” raconte William Oldroyd. “ Elle a repris mes idées et m'a poussé dans des directions auxquelles je n'avais pas pensé. Et nous avons réfléchi à la meilleure façon de rendre ces choix possibles économiquement.”



RECRÉER L'ANGLETERRE DU XIXE SIÈCLE

Les semaines précédant le tournage, toute l'équipe a consacré beaucoup de temps à faire des recherches et à se préparer pour recréer l'atmosphère du XIXe siècle.
Naomi Ackie et Florence Pugh se sont livré à un grand travail de préparation pour incarner leurs personnages. “ J'ai fait beaucoup de recherches sur les domestiques de l'époque pour savoir ce qu'ils faisaient et ce que l'on attendait d'eux ”, explique Naomi Ackie. “ Certains costumes et bijoux que nous portions étaient d'époque, cela nous a beaucoup aidé pour créer l'univers du film. ” Florence Pugh s'est demandé comment son personnage aurait réagi et comment il aurait été vu par son entourage au XIXe siècle : “ Je me suis surtout renseignée sur l'étiquette de l'époque car, malgré les costumes et les accessoires, si les acteurs ignorent les postures, la façon dont on s'assied ou dont on s'adresse aux gens en ce temps-là, on ne croit pas aux personnages.”
Cosmo Jarvis a ressenti le besoin de passer du temps avec des chevaux et des chiens pour entrer dans le personnage de Sebastian, un palefrenier du XIXe siècle. “ J'étais très méticuleux, et comme je ne suis pas naturellement très à l'aise avec les animaux, c'était un peu difficile au début. Il fallait travailler et se comporter selon des règles très spécifiques et j'avais besoin d'expérimenter tout ça ”, avoue l'acteur. Il était tellement habité par son personnage qu'il aurait pu dormir sur le sol de la cuisine et abandonner son accent du sud-ouest au profit de l'accent du nord pendant toute la durée du tournage : “ Je ne voulais pas que mon accent ruine une réplique, en particulier lorsque nous tournions une scène difficile.”
Cet investissement total a beaucoup aidé le réalisateur. “ Sur le tournage, il pouvait se comporter comme Sebastian à tout moment, il n'avait même pas besoin de réfléchir ”, reconnaît William Oldroyd. Florence Pugh renchérit : “ Il n'avait aucune décision à prendre car il faisait tout à l'instinct.
C'était à la fois incroyable et terrifiant à regarder ! ”
L'équipe technique a également dû faire des recherches sur la période historique pour s'assurer que le film était le plus vraisemblable possible. Le département des costumes a consacré toute son énergie et son budget à repousser les limites de l'authenticité. “ Nous avons utilisé des pièces d'époque autant que possible et nous nous sommes procurés des tissus et des imprimés un peu partout, dans des collections de costumes, des boutiques vintage et des magasins d'antiquités ”, raconte Holly Waddington.
“ Katherine entre dans un monde dans lequel la beauté n'a pas beaucoup de place. Alexander et Boris ont construit leur fortune sur la révolution industrielle et ne s'intéressent pas à l'esthétique, il y a donc peu de couleurs dans la maison. Les costumes des années 1860 étaient très intéressants, les crinolines et les corsets étaient de puissants symboles pour le personnage de Katherine, ils l'enserrent aussi bien physiquement que mentalement.
Nous avons opté pour un style dépouillé et austère dans un univers conservateur, en utilisant les couleurs très sombres de cette période.” De même, les maquilleurs recherchaient l'authenticité avant tout. “ Nous voulions que le maquillage soit aussi simple et naturel que possible ”, affirme William Oldroyd. “ Les gens de l'époque ne se lavaient pas tous les jours, nous voulions recréer cela. ”
Le directeur de la photographie et le réalisateur ont également fait des recherches plus inhabituelles sur la période et notamment sur les spécificités de la lumière dans la peinture de l'Europe continentale : “ Nous voulions ajouter une lumière nordique au film, c'est pourquoi nous nous sommes davantage inspirés des peintres scandinaves de la période plutôt que de ceux du sud de l'Europe.”



 Quelques mots 

BIOGRAPHIES - LES PERSONNAGES PRINCIPAUX

FLORENCE PUGH – KATHERINE

Après avoir grandi dans l'Oxfordshire, Florence fait ses études à Oxford, tout en faisant de nombreuses apparitions dans des pièces jouées au North Wall Theater de Oxford. En 2014, elle joue dans le film de Carol Morley, THE FALLING. Aux côtés de Maisie Williams, l'actrice campe le personnage d'une écolière menacée par une mystérieuse épidémie à la fin des années 1960. Ce rôle lui vaut une nomination dans la catégorie du meilleur espoir féminin au BFI London Film Festival Awards. Plus récemment, Florence Pugh a rejoint le casting de la série télévisée « Marcella » avec Anna Friel et Laura Carmichael.
COSMO JARVIS - SEBASTIAN

L'acteur anglo-américain Cosmo Jarvis fait sa première apparition à l'écran en 2012 dans THE NAUGHTY ROOM. Il y joue un jeune homme de vingt ans souffrant d'un retard d'apprentissage. Outre de nombreuses apparitions dans des films britanniques, Cosmo Jarvis a tenu le rôle principal du film MONOCHROME de Tom Lawes en 2015. Il est également auteur compositeur- interprète.

PAUL HILTON – ALEXANDER

Paul Hilton a joué dans d'innombrables pièces représentées dans les plus prestigieux théâtres de Grande-Bretagne, notamment le Globe, le National Theater et le Royal Court Theater. On a pu le voir dans plusieurs programmes télévisés, mais également au cinéma dans les films LONDON ROAD, LES HAUTS DE HURLEVENT, KLIMT et EDGE et SWANSONG.

NAOMI ACKIE - ANNA

Après avoir étudié à la Royal Central School of Speech & Drama, Naomi Ackie a joué dans de nombreuses pièces au Soho Theater ou encore au Derby Theater. Elle apparaît dans des séries télévisées, notamment « The Five » et « Doctor Who », mais aussi dans plusieurs courts-métrages.
L'un d'eux, ALMOST FAMOUS, a été sélectionné en 2015 au London Short Film Festival dans la catégorie du meilleur film de fiction.

CHRISTOPHER FAIRBANK – BORIS

Christopher Fairbank a étudié à la Royal Academy of Dramatic Art. On a pu le voir récemment dans la pièce « Le Cercle de craie caucasien » de Bertolt Brecht au Théâtre Royal d'Édimbourg. S'il donne régulièrement la réplique à Tom Hardy dans la série « Taboo » et multiplie les apparitions télévisées, il est surtout connu pour ses rôles au cinéma dans les films LONDON FIELDS, LES GARDIENS DE LA GALAXIE, JACK ET LE CHASSEUR DE GÉANTS et PIRATES DES CARAÏBES.THE YOUNG LADY est son premier long-métrage.


L'ÉQUIPE DU FILM

WILLIAM OLDROYD - RÉALISATEUR

William Oldroyd a étudié à la Royal Academy of Dramatic Art avant de devenir metteur en scène au Young Vic Theater. Il y a notamment dirigé la nouvelle version des « Revenants » d'Ibsen écrite par Frank McGuinness. Par la suite, il a voyagé à Munich et à Tokyo pour mettre en scène « En attendant Godot » et « Kean », avant de diriger « Les Deux Nobles Cousins » pour le Complete Works Festival. Il a également mis en scène plusieurs opéras.
Son premier court-métrage, CHRIST'S DOG, a été écrit par Howard Barker et sélectionné au Radar Hamburg International Independent Film Festival. Quant à son second court-métrage, BEST, écrit par Adam Brace, il a reçu
le prix du meilleur court métrage au Sundance Film Festival de Londres. THE YOUNG LADY est son premier long métrage.

ALICE BIRCH - SCÉNARISTE

Alice Birch écrit pour le Royal Court Theater, le Clean Break Theater, le Paines Plough Theater et le National Theater. Elle a remporté plusieurs prix, notamment le George Devine Award pour « Revolt. She said. Revolt again. » et le Arts Foundation Award for Playwriting en 2014.

FODHLA CRONIN O'REILLY - PRODUCTRICE

Fodhla Cronin O'Reilly développe des long-métrages au sein de sa société Sixty Six Pictures. Elle produit également des dessins-animés pour le jeune public et des films publicitaires. Elle compte notamment parmi ses clients Google et Stella Artois. Elle travaille actuellement à la production d'un documentaire musical sur les sixties réalisé par David Batty et écrit par Ian La Frenais et Dick Clement. THE YOUNG LADY est son tout premier film en tant que productrice.

ARI WAGNER - DIRECTRICE DE LA PHOTOGRAPHIE

L'Australienne Ari Wagner a débuté sa carrière de directrice de la photographie sur des tournages de publicités. Elle a ensuite participé à de nombreux courts-métrages, notamment CATCH FISH d'Adam Arkapaw, BINO et BABY BABY de Billie Pleffer ou encore NIGHT SHIFT de Zia Mandviwalla. Son premier long-métrage, RUIN, réalisé par Amiel Courtin-Wison et Michael Cody, a été présenté à la Mostra de Venise.
En 2015, elle a travaillé sur la mini-série « The Kettering Incident », réalisée par Tony Kravitz et Rowan Woods.


 L'avis de la presse 

Studio Ciné Live - Laurent Djian
Dissipons tout malentendu : sauvage, dérangeant, The Young Lady ne cible nullement les mamies à chignon ou les jouvencelles fleur bleue. Même si son entame peut prêter à confusion et laisser croire à un mélo en costumes corsetés, à la Jane Austen. Soit l'histoire, dans l'Angleterre rurale de 1865, de la jeune Katerine. Elle épouse par obligation un lord deux fois plus âgé qu'elle, qui ne la touche même pas lors de la nuit de noces, la délaisse et l'humilie. Son ennui, Katerine le trompe dans les bras du viril palefrenier, dont elle éprend éperdument, et tant pis pour le qu'en-dira-t-on. L'héroïne tient autan de Madame Bovary que de Lacy Chaterley : elle clame son ardent désir de liberté, son besoin d'exister et d'exulter physiquement. Ce qui apparaît comme un récit d'émancipation féminine prend toutefois une tournure fort surprenante. Un peu comme si Hitchcock venait y semer le désordre, y injecter une dose de perversité. La folie l'emporte sur les sentiments, et il est impossible d'oublier certaines séquences (celle avec l'enfant, par exemple), d'une étouffante et perturbante cruauté. La victime devient bourreau, et l'actrice Florence Pugh exprime puissamment cette métamorphose dans un film qui amène à s'interroger, non sans radicalité, sur le mal : est-il enfoui dans nos gènes, dès la naissance, ou naît-il en réaction à trop de souffrances subies ?

Le Canard Enchaîné - Odile Benyahia-Kouider
1865, aux confins de l'Angleterre. Katerine mariée de force à un lord qui la délaisse, s'entiche d'un palefrenier. Adaptation du roman « Lady Macbeth du district de Mtsensk », écrit par Nikolai Leskov en 1865, le premier long-métrage du dramaturge Shakespearien William Oldroyd glacera les cœurs les plus aguerris. La transformation, dans un silence pesant, de cette innocente jeune fille en meurtrière, pèche par sa rigueur théâtrale. Trop l échés, les longs plans fixes du manoir vide ont certes des vertus picturales mais rendent l'ensemble assez prétentieux

Paris Match - Yannick Vely
Retenez-bien le nom de Florence Pugh, révélation de «The Young Lady», promise à une grande carrière.

A l'origine du film, un roman célèbre, «Lady Macbeth du district de Mtsensk» de Nikolai Leskov, dont l'adaptation en opéra par Dmitri Chostakovitch fut longtemps censurée par le régime soviétique sous le joug de Joseph Staline. Pour dresser le portrait de cette «Madame Bovary» libre jusqu'à la folie meurtrière, le romancier russe s'était inspiré du célèbre personnage de William Shakespeare. Le distributeur français a préféré masquer cette ascendance prestigieuse, afin, peut-être, de préserver le spectateur sur la dimension tragique du récit.

Dès les premières minutes de ce puissant «The Young Lady», il est pourtant évident que la mort rôde dans les landes anglaises. Le réalisateur anglais William Oldroyd, dont il s'agit du premier long métrage et qui vient de la scène, a su éviter le piège du théâtre filmé en donnant à la Nature qui entoure le domaine un rôle à part entière, comme un élément fantastique qui nourrit et entretient les noirs desseins de l'héroïne. Celle-ci est incarnée par la jeune Florence Pugh, véritable révélation du film, qui confère à son personnage une rare intensité. Féministe avant l'heure, elle refuse sa condition de femme-esclave pour vivre au grand jour ses pulsions sexuelles. La flamme, qui jaillit de son regard quand elle désire le jeune et beau palefrenier ou quand elle subit les brimades de son beau-père, nourrit le foyer émotionnel du film et nous place dans une situation inconfortable : aimer le «monstre» en elle, même quand elle commet le pire des crimes...


La Croix - Arnaud Schwartz
Voilà un film qui est à lui seul un petit condensé d'échanges culturels sans frontières. Qu'on en juge : en 1865, l'écrivain et journaliste russe Nicolaï Leskov écrit un roman intitulé La Lady Macbeth du district de Mtsenk, dont le titre est une référence directe au chef d'œuvre de Shakespeare, et dont le sujet lui vaut d'être comparé au Madame Bovary de Flaubert, publié quelques années plus tôt. Le Polonais Wajda en tirera un film, Lady Macbeth sibérienne, en 1961, Chostakovitch un opéra... Et voilà qu'un Britannique s'empare à nouveau du thème shakespearien de ce roman russe, pour l'ancrer dans l'Angleterre rurale du règne de Victoria.

Une mise en scène intransigeante

Voici donc Katherine, mariée sans amour à l'héritier impuissant et veule d'un hobereau pingre et coriace, dont la grande demeure austère n'abrite aucune joie. Les domestiques vivent dans la crainte. Katherine, éloignée de sa famille, se voit interdire jusqu'à l'accès de la nature environnante et se consume d'ennui.

Le jour où son mari et son beau-père partent au prétexte de leurs affaires, la jeune femme s'autorise à nouveau à vivre, et convoque dans son lit le contremaître, seul mâle dominant des environs. Lorsque le beau-père reparaît, s'échafaude dans l'esprit de Katherine toute stratégie qui lui permettrait de conserver la liberté acquise.

Porté par de sublimes images – tableaux tristes et désuets – en dépit d'un budget très restreint, le film a pour héroïne une femme faite monstre par l'oppression masculine. Sa grande réussite tient à sa mise en scène extrêmement sèche, à son refus de toute psychologie, à l'expression sommaire des besoins des personnages. Cette intransigeance, également perceptible dans le rythme du film, finit hélas par desservir l'ambition. La mue de Katherine s'opère si vite, pour atteindre de tels excès, qu'elle expose le récit au risque de l'invraisemblance. Ce qui est possible en littérature ne l'est pas toujours au cinéma.


Le Parisien - Catherine Balle
Il y a des scènes insoutenables dans ce film intense et puissamment interprété.

Le point - Sophie Puja
Un premier film aussi somptueux que dérangeant.

Les Inrockuptibles - Vincent Ostria
Quand le XXIe siècle politiquement correct révise le XIXe rigoriste.

Dans Lady Macbeth du district de Mtsensk, le romancier russe Nikolaï Leskov s'inspirait de Shakespeare pour dépeindre la croisade criminelle de la jeune femme d'un propriétaire terrien. Il dressait ainsi un tableau impitoyable de la féodalité russe du XIXe siècle.

Retour en Angleterre avec cette adaptation cinéma aussi ambitieuse qu'absurde. D'abord, elle modifie énormément le texte originel (et en particulier la fin) pour n'en garder que quelques grandes lignes : Katherine, jeune épouse frustrée d'un hobereau d'âge mûr, trompe celui-ci avec un palefrenier, ce qui déclenche une série de meurtres... Ensuite, si le récit russe traitait des rapports entre maîtres et serviteurs, la version british y mêle arbitrairement des comédiens noirs.

Cela en fait donc une fable antiraciste, doublée d'une leçon de féminisme. Idées politiquement correctes du XXIe siècle plaquées sur un récit du XIXe. Facile. Qui plus est, cette adaptation ne fausse pas seulement le drame original, elle gomme son climax romanesque. Cela étant corroboré par une mise en scène hypocrite, pseudo chicos et dépouillée, qui voudrait stigmatiser l'horreur socio-politico-raciale du passé tout en préservant des apparences pures et classiques. Certains se sont fait avoir.


Libération - Elisabeth Franck-Dumas
La Lady Macbeth du district de Mtsensk, cette Emma Bovary des steppes glacées, naquit en 1865 dans le roman de Nikolaï Leskov, passa à la postérité en 1934 dans un opéra de Chostakovitch qui déplut fort à Staline, et renaît ces jours-ci dans un austère château du Northumberland, dans le nord-est de l'Angleterre, par la grâce du premier film de William Oldroyd, The Young Lady. L'argument en reste sensiblement le même, les extrêmes auxquels la frustration et le mauvais traitement poussent les femmes, ou en tout cas l'une d'elles, mais avec un twist final qui n'aurait sans doute pas réconcilié le petit père des peuples avec cette héroïne amorale, étouffant de désir dans son corset trop serré.

Nous sommes au XIXe siècle, et la très jeune Katherine (Florence Pugh, visage poupin et regard impertinent) se trouve mariée à un seigneur taciturne, violent et pas très intéressé par l'idée de consommer ce mariage (Paul Hilton). Il lui interdit de sortir de leur froide demeure, et Katherine, sa grande robe bleue étalée autour d'elle comme une corolle de pétales, reste alanguie sur le canapé et se fane peu à peu. La succession de plans géométriques, au cordeau, donnent à l'atmosphère quelque chose de scandinave, baignée d'une lumière froide et blanche qui transforme son foyer en une étrange prison. Il n'y a pas un livre dans cet endroit, remarque-t-on, pas une peinture. Quel ennui !

Un jour que son mari et son écrasant beau-père doivent partir en voyage, Katherine fait ce que font les femmes de Lord laissées à elles-mêmes, le vide appelant le désir au secours : elle se prend de passion pour le palefrenier (Cosmo Jarvis, perpétuellement ahuri) et entend rapidement le mettre à la place de son mari. Dès lors, tout ce qui se placera en travers de sa route sera sacrifié, menant Katherine à des extrémités de crimes dont la répétition finit, hélas, par avoir quelque chose de lassant. Si l'on ne peut qu'être sensible à ce désir de subvertir un ordre social aliénant, la sympathie générée par la situation de départ s'évente peu à peu, à mesure que l'enchaînement mécanique des situations la prive de toute épaisseur. Certes, le projet du film, tel qu'on le devine, ne manque pas d'intérêt : montrer combien le fait d'assécher cette femme de toute nourriture - spirituelle, émotionnelle - a fini, en la coupant du monde, par lui ôter toute notion de décence humaine et de borne morale. Mais le résultat fige l'héroïne dans un rôle de pantin asservi à ses propres passions. En miroir de ses turpitudes, le personnage de la servante noire, Anna (Naomi Ackie), qu'elle persécute et condamne, aurait pu figurer un formidable contrepoint moral, mais The Young Lady fait montre d'aussi peu de générosité envers elle, la privant de parole dès le milieu du film. On patauge dans le cynisme, et l'on finit par ne plus ressentir beaucoup de compassion, donc d'intérêt, pour ces protagonistes.


Télérama - Louis Guichard
Dans l'Angleterre rurale du xixe siècle, une jeune fille, mariée à un lord ayant l'âge d'être son père, passe de la soumission à la transgression, en laissant libre cours à sa passion pour le palefrenier... Ce film au budget modeste, mais aux images tirées au cordeau, mise sur la mécanique fatale et meurtrière de sa source d'inspiration, un roman russe qui devint opéra, La Lady Macbeth de Mtsensk (1865). Au-delà de son hiératisme glacé, la mise en scène, tout en contrôle, laisse pourtant échapper des maladresses, tel le demi-sourire de l'héroïne dans le dos de son mari tortionnaire, avant même le temps de la rébellion. Comme si cette « lady » amorale dominait d'emblée la situation, du haut de son machiavélisme. Dès lors, le film entier relève du surplace, si spectaculaire soit la barbarie des rebondissements.

Le Journal du Dimanche - Stéphanie Belpêche
Filmé à distance comme Michael Haneke, ce drame, qui soigne son cadre et sa lumière, raconte une escalade de la violence et l'émancipation d'une Lady Chatterley qui devient Lady Macbeth.



Association IRIS – Saison 2017-2018–
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