Après la tempête

  jeudi 01 Juin   
20 H 30


Sélection officielle Un certain Regard Festival de Cannes

Producteur : Taguchi Hijiri
Image : Yamazaki Yutaka,Oshita Eiji
Musique : Hanaregumi Shin-Kokyu
Producteur exécutif : Ishihara Takashi,Kawashiro Kazumi,Fujiwara Tsugihiko,Tom Yoda
Production : Aoi Pro. Inc.
Producteur délégué : Kuwata Yasushi,Hamada Kenji,Nakae Yasuhito,Matsushita Tsuyoshi
Son : Tsurumaki Yutaka
Producteur associé : Osawa Megumi
Scénario, réalisation : Kore-Eda Hirokazu
Producteur : Matsuzaki Kaoru
Producteur : Yose Akihiko
Distribution : Le Pacte

Site officiel


 Avec 

» Abe Hiroshi - Shinoda Ryota» Maki Yoko - Shiraishi Kyoto» Yoshizawa Taiyo - Shiraishi Shingo
» Kirin Kiki - Shinoda Yoshiko» Satomi Kobayashi - Chinatsu Shinoda» Sosuke Ikematsu -
» Isao Hashizume - » Rirî Furanki -


 Synopsis 

1865,
Malgré un début de carrière d'écrivain prometteur, Ryota accumule les désillusions. Divorcé de Kyoko, il gaspille le peu d'argent que lui rapporte son travail de détective privé en jouant aux courses, jusqu'à ne plus pouvoir payer la pension alimentaire de son fils de 11 ans, Shingo.
À présent, Ryota tente de regagner la confiance des siens et de se faire une place dans la vie de son fils. Cela semble bien mal parti jusqu'au jour où un typhon contraint toute la famille à passer une nuit ensemble...


 Anecdotes 

NOTE D'INTENTION

L'idée de ce film remonte à 2001. Après la mort de mon père, ma mère commença à vivre seule dans une cité HLM. Lorsque je suis allé la voir pendant les vacances du Nouvel an, j'ai pensé que j'aimerais filmer un jour une histoire sur cet ensemble de résidences. La première chose qui me vint à l'esprit était une scène de déambulation à travers l'ensemble des bâtiments avec à leur pied l'herbe devenue très belle au lendemain du typhon. J'avais des souvenirs de mon enfance, sur le chemin de l'école, lorsque je ramassais des branches d'arbre tombées sur le sol. Je me souviens de la beauté de la résidence après l'orage. À partir de là, en me concentrant sur les évènements qui se sont déroulés pendant la nuit du typhon, l'histoire d'une famille commença à prendre forme. J'ai commencé à écrire le scénario pendant l'été 2013. Et j'ai écrit sur la première page : « Tout le monde ne peut pas devenir celui qu'il voulait être ». J'ai pensé que c'était une histoire qui avait un thème fort. Donc j'ai fait de Ryota un homme qui travaille dans une agence de détective alors qu'il veut devenir romancier. Mais il ne fait jamais rien de bien ; pas seulement au travail mais à la maison aussi - où il est un fils, un mari, un père et un jeune frère : en effet, le protagoniste du film aspire au succès en tant qu'écrivain alors qu'il travaille pour une agence de détective, sous prétexte de « recherches ». Bien qu'il soit marié et père d'un enfant, il a détruit sa famille par son addiction aux jeux d'argent. La vie qu'il mène dans son travail et en dehors est très différente de celle qu'il avait imaginée. Ca n'aurait pas dû être ainsi. Et Ryota n'est pas le seul... C'est la même chose pour les autres personnages que nous rencontrons dans le film, accablés par une réalité sans espoir et incapables d'abandonner leurs rêves ; c'est la raison pour laquelle le bonheur reste inaccessible. C'est une histoire qui jette un regard intime sur le présent des personnes et leur façon d'être. Tous les personnages ont vécu de grandes difficultés à devenir les adultes qu'ils voulaient devenir lorsqu'ils étaient enfants.
Toutefois, ils continuent d'essayer de trouver un moyen d'apprécier la vie, aussi différente soit-elle du futur dont ils avaient rêvé. Avoir accepté les changements qui se sont opérés en moi après la mort de ma mère et de mon père donne ce film qui est celui qui me ressemble le plus. Après ma mort, si je me retrouve devant Dieu ou le Juge de l'Au-delà et qu'on me demande : « Qu'as-tu fait sur Terre ? » Je pense que je leur montrerai APRÈS LA TEMPÊTE en premier.

Kore-eda Hirozaku


 Quelques mots 

LE CASTING

Dès que Kore-eda a commencé à écrire le scénario, il avait Abe Hiroshi et Kiki Kilin en tête pour les rôles du personnage principal, Ryota, et de sa mère Yoshiko. L'acteur et l'actrice étaient déjà apparus dans l'un des films du réalisateur – jouant également des rôles de parent et enfant – dans STILL WALKING (2008). Depuis, ils ont souvent interprété les membres d'une « famille » créée par Kore-eda qui ajoute : « J'ai écrit le scénario en imaginant la voix d'Abe. » Abe réfléchit à l'humanité de son personnage : « Il a recours à la bravade, agit comme un dur, mais il est fragile en dessous. Ryota poursuit interminablement son rêve et je pense avoir réussi à montrer sa dépendance aux autres comme une sorte d'humanité. » Kiki, qui est apparue dans tous les films de Kore-eda depuis I WISH est une actrice indispensable aux yeux du réalisateur. Kore-eda révèle : « Si Kiki ne m'avait pas dit oui, je n'aurais pas fait le film. Il n'y a personne d'autre dont la présence ait autant d'impact, comme actrice ou comme personne. J'ai toujours beaucoup appris lorsqu'elle m'a permis de la filmer. » L'ex-femme de Ryota, Kyoko, est jouée par Maki Yoko, qui est aussi apparue dans TEL PÈRE, TEL FILS et dit : « Il y avait un mystérieux sentiment d'apaisement sur le tournage de Kore-eda. C'était à nouveau un endroit où je pouvais être moi-même. »

Lily Franky joue la directrice de l'agence de détectives et le professeur de musique classique de Yoshiko – et l'autre objet de son désir – est interprété par Hashizume Isao, qui complète le casting des acteurs habituels de Kore-eda.

Kobayashi Satomi apparaît pour la première fois dans un film de Kore-eda, dans le rôle de l'inflexible soeur aînée de Ryota. Ikematsu Sosuke joue un des détectives juniors de Ryota à l'agence. Et Yoshizawa Taiyo se révèle avec force en tant que jeune fils de Ryota, un enfant innocent déchiré entre ses parents.

Le mélange de nouveaux et d'habitués des plateaux de Kore-eda constitue un casting fort et cohérent.


FILMER DANS UNE CITÉ HLM

Le tournage a eu lieu à l'Asahigaoka Housing Complex de Kiyose, Tokyo, où le réalisateur Kore-eda vécut de l'âge de 9 à 28 ans. Les résidents qui l'avaient connu venaient sur le plateau pour voir ce qui se passait et le féliciter pour ce qu'ils considéraient comme un retour triomphant. « La résidence elle-même n'a pas pu devenir ce qu'elle voulait non plus... » Kore-eda fait ici allusion au fait que ces types de complexes qui avaient été construits partout au Japon - des logements collectifs que tout le monde appréciait à une certaine époque - sont maintenant confrontés à des problèmes de délabrement en même temps qu'au vieillissement de ses résidents, faisant face à des conditions différentes de celles imaginées au départ. Kore-eda nous montre, avec une certaine nostalgie, le parallèle entre l'isolement de la résidence et la tristesse des personnages qui ont été incapables de devenir ceux qu'ils voulaient être. Le portrait des personnes vivant leur quotidien ressemble à STILL WALKING, mais une histoire se déroulant dans une cité HLM offre une perspective plus terre à terre: « Dans STILL WALKING, dit Kore-Eda, la maison des parents était une clinique privée, un cadre huppé, donc il y avait peut-être une sorte de lien avec Ozu. Mais cette fois-ci, le cadre est celui d'une résidence HLM et le style de vie du personnage est plus sobre, plus terne. J'ai l'impression qu'il ressemble quelque peu à la vision du monde de Naruse Mikio. »


LA MUSIQUE

Le titre du film au Japon est Umi yori mo Mada Fukaku ce qui veut dire Plus profond que la mer. Ce titre vient des paroles de la chanson Wakare no Yokan (1987) de Teresa Teng, qui était connue en tant que « diva de l'Asie » et jouissait d'une grande popularité au Japon. « On écoutait beaucoup de musique populaire Japonaise chez moi, je voulais donc utiliser les paroles d'une chanson populaire Showa comme titre, de la même manière que j'ai trouvé le titre STILL WALKING dont le titre original en Japonais est Aruitemo Aruitemo qui vient d'une chanson Blue Light Yokohama. Beaucoup des chansons de Teresa Teng parlent d'amours malheureuses, ce qui est lié au concept que peu de gens deviennent l'adulte qu'ils voulaient être » explique Kore-eda. Takashi Nagazumi, comme Hanaregumi, devaient composer et jouer la musique et la chanson thème du film. Le réalisateur et le musicien se sont rencontrés pour la première fois lorsque l'une des chansons du guitariste a été utilisée dans le documentaire de Mami Sunada ENDING NOTE: DEATH OF A JAPANESE SALARYMAN produit par Kore-eda. « Dès que j'ai commencé à écrire le scénario, j'ai écouté la musique de Hanaregumi. »


KORE-EDA HIROKAZU

Né en 1962 à Tokyo, au Japon. Après avoir été diplômé de l'Université Waseda en 1987, Kore-eda commence à travailler à la TV Man Union où il réalise plusieurs programmes documentaires primés. En 2014, il inaugure sa société de production BUN-BUKU. En 1995, il fait ses débuts en tant que réalisateur avec MABOROSI inspiré du roman de Miyamoto Teru qui a gagné l'Osella d'Or lors du 52ème Festival International du Film de Venise. AFTER LIFE (1998), qui a été distribué dans plus de 30 pays, apporte une renommée internationale à Kore-eda. En 2001, DISTANCE est sélectionné en Compétition Officielle au Festival de Cannes et la star de son quatrième film NOBODY KNOWS (2004), Yagira Yuya attire l'attention en tant que plus jeune acteur à recevoir le prix d'interprétation masculine au Festival de Cannes. En 2006, HANA, un film sur la vengeance, est sa première tentative de réaliser un film historique. En 2008, il présente le drame familial, STILL WALKING, qui reflète ses expériences personnelles et pour lequel il reçoit les éloges du monde entier. En 2009, AIR DOLL fait sa première mondiale dans la catégorie Un Certain Regard lors du 62ème Festival de Film de Cannes où il est largement acclamé comme marquant une nouvelle frontière dans sa façon de décrire un fantasme d'amour sensuel. En 2011, I WISH gagne le Prix du Scénario au 59ème Festival International du Film de San Sebastian. En 2012, il fait ses débuts à la réalisation de série télé avec GOING HOME. TEL PÈRE, TEL FILS (2013), gagnant du Prix du Jury au Festival du Film de Cannes, reçoit le Prix du Public aux Festivals Internationaux de Films de San Sebastian, Vancouver et Sao Paulo et bat les records au box-office de ses précédents films dans de nombreux pays. En 2015, NOTRE PETITE SOEUR fait son avant-première à la compétition du Festival du Film de Cannes et reçoit cinq récompenses dont celles de meilleur film et meilleur réalisateur au Prix de l'Académie du Japon. Kore-eda a aussi produit des films de jeunes réalisateurs Japonais. KAKUTO, réalisé par Iseya Yusuke, présenté en avant-première au Festival International du Film de Rotterdam en 2003. WILD BERRIES (2003) écrit et réalisé par Nishikawa Miwa dont le second film SWAY a été présenté en avant-première à la Quinzaine des Réalisateurs à Cannes en 2006. ENDING NOTE: DEATH OF A JAPANESE SALESMAN (2011) de Sunada Mami a ému les spectateurs du monde entier.


ABE HIROSHI DANS LE RÔLE DE SHINODA RYOTA

Né le 22 juin 1964 à Kanagawa au Japon. Après une carrière en tant que mannequin, Abe fait ses débuts à l'écran en 1987 dans HAIKARA SAN GA TORU. Il gagne la reconnaissance du public grâce à son apparition dans la série télévisée TRICK qui a commencé en 2002 et fut adaptée en deux films. En 2008 il reçoit le Prix du Film Mainichi en tant que Meilleur Acteur pour les films STILL WALKING et BLUE BIRD. En 2012, il joue dans THERMAE ROMAE, dans lequel son interprétation d'un romain lui apporte une popularité nationale et il reçoit le Blue Ribbon Award pour Meilleur Acteur à l'Académie des Prix du Japon. Il est aussi honoré en tant que meilleur second rôle par l'Académie des Prix du Japon dans SNOW BLADES (2014) et en tant que meilleur acteur dans CAPE NOSTALGIA (2014). En 2015, il joue le rôle principal dans la série télévisée DOWNTOWN ROCKET qui obtient les taux d'audience les plus élevés parmi les séries télévisées diffusées en 2015. Il joue aussi dans EVEREST : THE SUMMIT OF THE GODS (2016) et dans le prochain film de Kore-eda Hirokazu : KOISAIKA MIYAMOTO qui sortira en 2017. Ce film marque sa quatrième collaboration avec le réalisateur Kore-eda, après les avant-premières à Toronto de STILL WALKING (2008), I WISH (2011) et la série télévisée GOING HOME (2012).


MAKI YOKO DANS LE RÔLE DE SHIRAISHI KYOKO

Née le 15 octobre 1982 à Chiba au Japon. Maki fait ses débuts dans le film DRUG (2001) réalisé par Sugawara Hiroshi. Elle obtient son premier rôle principal dans le film VERONIA DECIDES TO DIE (2006). La même année elle reçoit le New Actress Award au 30ème Yamaji Fumilo Awards pour son rôle dans le film SWAY de Nishikawa Miwa qui fut présenté en avant-première à la Quinzaine des Réalisateurs de Cannes en 2006. En 2010, elle fait une performance remarquable dans le drame historique RYOMADEN – THE LEGEND de la NHK, dans le rôle de la femme de Sakamoto Ryoma interprété par Fukuyama Masaharu. Depuis, elle a joué dans les séries télévisées dramatiques populaires THE BEST DIVORCE (2013), A RESTAURANT WITH MANY PROBLEMS (2015) et beaucoup d'autres. En 2013, elle reçoit le Prix de l'Académie du Japon en tant que meilleure actrice dans un second rôle dans le film THE RAVINE OF GOODBYE de Tatsushi Omori. Elle a aussi gagné le prix de l'académie du Japon pour le meilleur second rôle dans le film TEL PÈRE, TEL FILS qui a remporté le prix du Jury à Cannes. Ce film est son second film avec Kore-eda après TEL PÈRE, TEL FILS.


YOSHIZAWA TAIYO DANS LE RÔLE DE SHIRAISHI SHINGO

Né le 19 janvier 2003 à Tokyo, au Japon. En 2014 il fait ses débuts dans la série télévisée HANAKO & ANNE, dans laquelle il joue un collégien. Il apparaît aussi dans STRAYER'S CHRONICLE (2015) de Zeze Takahisa et dans la série télévisée UTENAI KEIKAN (2016), qui est adaptée du roman populaire de Yoshiaki Ando.


KIKI KIRIN DANS LE RÔLE DE SHINODA YOSHIKO

Née le 15 Janvier 1943 à Tokyo au Japon. En 1961, Kiki entre au Bungakuza Actors Studio. Après son rôle dans la série télévisée SHICHININ NO MAGO elle gagne une popularité nationale. En 1974, elle est acclamée pour son rôle de mère du personnage principal d'une série télévisée familiale populaire TEARUCHI KANTARO IKKA. Depuis, elle joue régulièrement dans des films, séries télévisées et courts métrages, et est reconnue comme l'une des meilleures actrices au Japon. En 2007, elle reçoit le Prix de Meilleure Actrice par la Japan Academy Prize dans le film TOKYO TOWER : MOM AND ME, AND SOMETIMES DAD et pour STILL WALKING elle gagne le prix de Meilleure Actrice au Three Continents Festival. Le reste de sa filmographie comprend : VILLAIN (2010), CHRONICLE OF MY MOTHER (2013) et KAKEKOMI (2015). En 2015 elle joue le rôle d'une patiente atteinte de la lèpre dans AN réalisé par Kawase Naomi qui fait son avant-première à Cannes et pour lequel elle reçoit le prix Asia Pacific Screen Awards en tant que Meilleure Performance pour une Actrice. APRÈS LA TEMPÊTE marque sa cinquième collaboration avec Kore-eda.


FILMOGRAPHIE
RÉALISATEUR
2016 APRÈS LA TEMPÊTE
2015 NOTRE PETITE SOEUR
2013 TEL PÈRE, TEL FILS
2012 GOING HOME (SÉRIE TV)
2011 I WISH
2010 THE DAYS AFTER (FICTION TV)
2009 AIR DOLL
2008 SO I CAN BE ALRIGHT :
COCCO'S ENDLESS JOURNEY
2008 STILL WALKING
2006 HANA
2004 NOBODY KNOWS
2001 DISTANCE
1998 AFTER LIFE
1996 WITHOUT MEMORY (DOCUMENTAIRE TV)
1995 MABOROSHI
1994 AUGUST WITHOUT HIM (DOCUMENTAIRE TV)
1991 LESSONS FROM A CALF (DOCUMENTAIRE TV)
1991 HOWEVER (DOCUMENTAIRE TV)

PRODUCTEUR
2012 THAT DAY – LIVING FUKUSHIMA
D'Imanaka KOHEI
2011 ENDING NOTE :
DEATH OF A JAPANESE SALESMAN de Mami SUNADA
2009 BEAUTIFUL ISLANDS de KANA
2003 KAKUTO d'Yusuke ISEYA
WILD BERRIES de Miwa NISHIKAWA


 L'avis de la presse 

Le Canard Enchaîné - Dominique Fontaine
Ecrivain incertain devenu détective à la ramasse, Ryota souhaite reconquérir le cœur de son jeune fils et de son ex-femme. Une nuit de typhon les rassemble dans l'appartement de la grand-mère pleine d'humour...
Réunissant ses acteurs affectionnés, le réalisateur japonais Hirokazu Kore-eda, célébré à Cannes, donne une fois de plus un film de famille d'une extrême délicatesse. Après le passage du typhon, la tension retombe, et reste le sentiment très beau et doux d'apaisement. Un vrai remède aux engueulades familiales !


Télérama - Cécile Mury
Le père, joueur invétéré, endetté jusqu'au cou, vient de mourir. Il ne laisse pas le même héritage à tout le monde. Sa veuve, une vieille dame, énergique et gouailleuse, est bien soulagée. Son fils, lui, a été rattrapé sur le tard par le vice paternel, comme on développe une maladie héréditaire : les paris, les prêts sur gages, les mensonges, les trahisons pour soutirer de l'argent à son entourage. A cause de cette manie qui n'est même pas une passion, il a tout perdu : sa femme et la garde de son fils, gamin distant, miroir de l'enfant déçu qu'il fut lui-même. Devenu détective privé, il a aussi fait une croix sur ses ambitions ¬littéraires, après un seul livre, primé quinze ans plus tôt. Héros déchu et romanesque, il est au centre de ce portrait intimiste d'une famille secouée, abîmée, mais vivante, malgré tout.

Kore-eda retouche, une fois encore, son tableau des névroses familiales dans la société japonaise. Moins poignant et magistral que d'autres incursions du disciple d'Ozu et de Naruse dans l'arrière-cour de ses compatrio¬tes (tels les bouleversants Nobody knows et Still walking), ce film puise pourtant à la même source amère, au même flux tendu de deuils, de rancoeurs et de fêlures, de débandade sociale et financière, mais aussi d'amour — compliqué et déglingué. Portée par les beaux dialogues (un brin trop écrits) d'un duo mère-fils, cette « tempête » familiale s'achève sur un calme blanc, un apaisement ambigu. Une ode discrète à l'instant, seul refuge précaire dans un monde où rien n'est permanent, et surtout pas les rapports humains.


Les Inrockuptibles - Jean-Baptiste Morain
Depuis ses deux ou trois derniers films (I Wish, Tel père, tel fils, Notre petite sœur), Kore-eda concentre son travail de cinéaste sur des histoires de famille. Des films intimistes (on pense évidemment à Ozu) qui racontent des petites histoires tristes, très émouvantes, toujours à la limite de la mièvrerie – ou ce que nous prenons pour de la mièvrerie, nous Français, ce petit excès de sentimentalité qui a une longue tradition dans un certain cinéma japonais, puisque même Takeshi Kitano, dans ses films de yakusas les plus durs, en a souvent (ab)usé.

Après la tempête se situe dans la même veine, et appartient à ce que nous pourrions appeler les films “qui font du bien” pour éviter un anglicisme (“feel good movie”), lequel, de toute façon, n'a rien à voir avec ce que nous tentons de décrire ici, qui n'a rien de spectaculaire, ou de volontairement sucré.

Ryota veut redorer son blason bien terni de père et d'ex-époux

Une fois de plus, l'histoire d'Après la tempête est d'une extrême simplicité, proche du quotidien de beaucoup de gens dans le monde, voire du néant. Ryota (Hiroshi Abe) était un écrivain dont le premier roman avait remporté un certain succès.

Mais voilà, son épouse Kyoko (Yoko Maki) et lui ont divorcé, Ryota a abandonné l'écriture pour devenir détective privé (un trip romanesque) et il joue aux courses. Alors il a toujours du mal à verser la pension alimentaire de son fils, Shingo, 11 ans. Mais Ryota veut changer de vie, redorer son blason bien terni de père et d'ex-époux. Vaste programme.

Les voilà tous réunis, comme naguère

Sa mère, Yoshiko (l'adorable Kirin Kiki, 74 ans, l'une des actrices fétiches de Kore-eda – et puis quel joli nom !), essaie de l'aider, de lui remonter le moral, avec son humour taquin impayable et irrésistible. Et puis, un soir où Kyoko (qui esquisse une relation avec un autre homme), Ryota et Shingo sont venus lui rendre visite, Yoshiko, apeurée par l'approche d'un typhon, leur demande de rester avec elle.

Kyoko et Ryota ne sont pas dupes et, bien qu'ils sentent le complot maternel en train de se tramer, acceptent de rester avec Shingo. Le typhon arrive. Les voilà tous réunis, comme naguère. Et ils vont se parler, jouer, vivre l'espace d'une nuit.

Les cicatrices ne se referment jamais tout à fait

Spoiling alert : nul événement marquant ou dramatique ne va se dérouler. Personne ne va mourir ou même manquer de mourir. Kore-eda ne goûte pas ces artifices scénaristiques que l'on trouve dans le cinéma le plus courant, voire le plus médiocre.

Il reste à la disposition de ses personnages, les laisse vivre, circuler, s'exprimer à leur manière. Mais il ne leur force pas la main ou les sentiments, ne berce pas non plus le spectateur d'illusions. Les blessures du passé ne s'effacent pas comme ça, le temps d'une nuit, d'un coup de baguette magique. Les cicatrices ne se referment jamais tout à fait. Seulement, il reste, chez Kore-eda, l'espoir que les choses peuvent aller mieux. Un peu mieux. Ou un petit peu mieux.

Une minuscule blessure, comme un caillou dans une chaussure

Films délicats, donc fragiles. La légèreté de touche du cinéaste japonais comporte un risque, bien présent ici encore, qui n'altère en rien l'image que nous avons de lui ni notre admiration : celui de l'oubli immédiat. Et, il faut le dire, les films de Kore-Eda sont volatils. Souvent, après les avoir vus et aimés, dès le lendemain le spectateur les a oubliés. Evidemment, il serait commode d'en conclure qu'ils ne sont pas si forts qu'on le pensait, puisque rien ne nous en reste.

Je crois que ce serait faux de le penser. C'est ce qui fait bien au contraire la singularité et la beauté de son cinéma. On oublie le détail de ses films, l'histoire qu'ils racontaient (après tout, on s'en fiche bien, des histoires). Mais il reste toujours, au fond de nous, une petite lueur qui dit que nous les avons vus, aimés, qu'ils nous ont touchés, et qu'ils ont laissé en nous une empreinte en bas-relief, à peine un petit pincement au cœur. Et cette toute minuscule blessure, comme un caillou dans une chaussure, demeure en nous à jamais.


La Croix - Arnaud Schwartz
Présenté dans la section Un certain regard au Festival de Cannes 2016, ce très beau film du Japonais Kore-Eda interroge avec délicatesse la force du lien et l'aspiration intime.

Auteur d'une œuvre magnifique de sensibilité, Hirokazu Kore-Eda a su, au fil des ans, gagner le cœur des spectateurs avec des films tels que Nobody Knows, Still Walking, I Wish, Tel père, tel fils et Notre petite sœur.
Il y a presque un an, le Festival de Cannes lui faisait à nouveau une place en sélection officielle avec Après la tempête, délicat long métrage une fois encore centré sur la question du lien familial, thème de prédilection de ce cinéaste japonais de 55 ans.

Un violent typhon contraint Kyoko, Shingo et Ryota à passer la nuit chez la mère de ce dernier, ravie que les circonstances météorologiques obligent le couple désuni à passer un peu de temps ensemble. Entre respect dû à la vieille dame, déchaînement extérieur et touffeur du petit appartement, une nouvelle page s'écrit au sein de la famille. « Pourquoi les hommes passent-ils leur temps à courir après ce qu'ils ont perdu ou à rêver de choses inaccessibles ? », questionne la mère de Ryota

Un couple désuni contraint de passer du temps ensemble

Comme dans Notre Petite sœur, l'absence du père sert de pivot au récit, même si celui d'Après la tempête est presque de tous les plans. Trentenaire fatigué, ex-écrivain prometteur devenu détective privé, divorcé et parieur, Ryota ne paie pas toujours la pension qu'il doit à son ancienne épouse, Kyoko. Excédée, sur le point de refaire sa vie, celle-ci le menace de supprimer les visites de leur fils, Shingo, qui ne le voit qu'une fois par mois.

Tourné au sein d'une cité HLM – celle qu'habite la vieille dame – le film offre par ailleurs une vision peu commune d'un Japon modeste, silencieusement éprouvé. Aimant « faire famille » avec ses acteurs, Kore-Eda a confié le rôle de Ryota à Abe Hiroshi (déjà vu dans Still Walking et I Wish) et celui de Kyoko à Maki Yoko, récompensée au Japon pour son rôle dans Tel père, tel fils. La très confirmée Kiki Kirin (l'héroïne des Délices de Tokyo) compose, pour sa cinquième collaboration avec le cinéaste, une inoubliable grand-mère.

Des personnages lucides filmés avec une infinie bienveillance

Une fois encore, Hirokazu Kore-Eda sonde avec beaucoup de finesse ce qui unit les êtres et les sépare parfois. Ce travail d'exploration s'accompagne d'une réflexion délicate sur le décalage cruel qui peut survenir entre ce que chacun voulait atteindre et ce qu'il est advenu de lui. Avec une infinie bienveillance pour ses personnages, le cinéaste s'insinue dans cette douleur intime pour mieux revenir vers une beauté simple et essentielle. Il résulte de sa démarche un film subtil et mélancolique, où la douceur des images et l'absence d'extravagances n'excluent pas l'expression claire et lucide de vérités profondes.

Tourné au sein d'une cité HLM – celle qu'habite la vieille dame – le film offre par ailleurs une vision peu commune d'un Japon modeste, silencieusement éprouvé. Aimant « faire famille » avec ses acteurs, Kore-Eda a confié le rôle de Ryota à Abe Hiroshi (déjà vu dans Still Walking et I Wish) et celui de Kyoko à Maki Yoko, récompensée au Japon pour son rôle dans Tel père, tel fils. La très confirmée Kiki Kirin (l'héroïne des Délices de Tokyo) compose, pour sa cinquième collaboration avec le cinéaste, une inoubliable grand-mère.


Le Parisien - Renaud Baronian
Alors que la tempête menace leur ville côtière, quatre personnages se retrouvent coincés dans un petit appartement : Ryota, écrivain lymphatique et lunaire qui vient de divorcer de l'énergique et responsable Kyoko, également présente par hasard, leur fils de 11 ans, et la mère de Ryota, propriétaire des lieux. Sous l'impulsion de cette grand-mère qui ne supporte pas cet éclatement, la famille va renouer certains liens...

Fable douce-amère typique de l'oeuvre du réalisateur Hirozaku Kore-Eda, qui poursuit sa réflexion sur les problèmes qui minent la société japonaise moderne, «Après la tempête» parvient à émouvoir et à faire sourire, et à nous attacher à ses jolis personnages. En particulier à celui de cette incroyable et touchante grand-mère jamais avare d'une ruse pour ressouder les siens.


Le Nouvel Observateur - Xavier Leherpeur
A Cannes, où il était présenté dans la sélection Un Certain Regard, ce nouveau film de l'auteur de "Nobody Knows" et de "Tel père, tel fils" avait été considéré comme mineur. Des films mineurs de cette qualité, on en espère tous les jours.

"Après la tempête" est une exquise composition de mélancolie et d'humour perfide. Alors qu'elle attend le vingt-troisième typhon de l'année qui doit traverser le Japon, une grand-mère lucide et manipulatrice s'arrange pour rassembler sous son toit son fils, écrivain raté reconverti en détective sans scrupule, ainsi que son épouse, dont il est séparé, et leur enfant.

Dans cette chronique acide des sentiments déçus, le délitement sentimental est magnifiquement scruté par un cinéaste dont l'écriture délicate cisèle des personnages tout en nuances.


Cahiers du cinéma - Vincent Malausa
Moins acharné et plus ouvert, le style de Kore-eda a atteint une sorte d'apaisement propice aux échappées belles.



Association IRIS – Saison 2016-2017–
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Festival 'Faites des courts'- ciné goûter/pizza pour les enfants
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