Les pieds sur terre

  jeudi 15 Juin   
20 H 30



Réalisation : Baptiste Combret,Bertrand Hagenmüller
Image : Baptiste Combret
Etalonnage : Lucie Bruneteau
Production : Bobi Lux
Son : Bertrand Hagenmüller
Musique originale : Amélie Legrand
Directrice de production : Louise Hentgen
Coproduction : Oxo Films
Mixage son : Rafaël Bernabeu Garcia
Sudio de mixage : Chacapa Studio
Studio étalonnage : Philéas Productions
Distribution : Les Films des deux-rives

Site officiel


 Avec 



 Synopsis 

Au coeur de Notre-Dame-des-Landes, le Liminbout, un petit village d'une dizaine d'habitants tient le haut du pavé. Agriculteur historique, paysans syndicalistes, locataires surendettés venus chercher une autre vie, squatteurs plus ou moins confirmés y apprennent à vivre et à lutter ensemble au quotidien. « Ici, disent-ils, on ne fait pas de la politique : on la vit ». Loin des représentations habituelles de la ZAD, le film est une immersion dans le huis-clos de ce village devenu au fil des années symbole de la lutte contre l'aéroport et son monde.


 Anecdotes 

Note d'intention

ZAD, Zone À Défendre. L'expression est devenue presque familière. Mais en dehors des repré- sentations médiatiques que connaît-on vraiment de ces zones et des habitants qui les peuplent ? Que sait-on de leurs histoires, leurs idéaux, leurs manières de vivre ensemble ? Nous avons choisi de centrer notre regard sur les habitants d'un petit village au coeur de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes. Pendant plus de deux ans nous les avons suivis en tentant de comprendre le sens qu'avait pour eux cette résistance collective contre l'aéroport.

Les Pied Sur Terre est un long-métrage documentaire tourné entre décembre 2012 et mai 2015 au Liminbout, hameau situé sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes.

Parmi la soixantaine de lieux de vie qui se trouvent sur la zone, Le Liminbout a un caractère unique. Il est le seul où cohabitent habitants historiques et squatteurs venus de différents coins de France et d'Europe pour participer à la défense de ce territoire menacé par le projet d'aéroport.
Les Pieds Sur Terre n'est pas un documentaire militant ou informatif sur la lutte de Notre-Dame-des-Landes. En suivant le quotidien des habitants de ce hameau, le film saisit la vie qui se met en place lorsque les diverses composantes d'un territoire prennent ensemble le risque de défier l'État et le Marché. Si la lutte contre l'aéroport est au cœur des préoccupations de chacun, ce qui se joue entre ces habitants si différents relève d'une dimension bien plus universelle.

Plouf ! (Canard Enchaîné 03/05/2017)

Un aéroport absurde mais dé-mo-cra-ti-que

Que ce soit Macron ou Le Pen, les zadistes de Notre-Dame-des-Landes peuvent numéroter leurs abattis. Du moins, si l'on en croit les propos des deux candidats à la présidence. Après avoir dit et répété qu'elle était contre le projet d'aéroport, que c'était « un non-sens écologique » et « un non-sens économique », rien de plus « qu' un caprice de grand féodal », Marine Le Pen s'appuie aujourd'hui sur la consultation organisée en juin 2016 (1) pour annoncer que, par « respect pour la démocratie », elle le fera, cet aéroport : « La décision a été prise et la fermeté doit être de mise, car il n'est pas question qu'un petit groupuscule d'anarchistes face céder indéfiniment l'Etat français. » Le non-sens près de chez vous, défendu à coups de matraque.


 Quelques mots 

ÉDITORIAL
RÉSISTANCE

Historiquement, Notre-Dame-des-Landes a déjà connu une activité aérienne en 1944, avec l'armée américaine, et c'est peut-être ce qui a inspiré les décideurs pour le choix de ce site... retenu dès 1967 par le Service Technique des Bases Aériennes. Il était à l'époque jugé comme le plus adapté au Grand Ouest pour accueillir un aéroport international répondant à des besoins supposés en relation avec la naissance du Concorde et l'essor du transport aérien.

40 ans plus tard — le 28 septembre 2007 — Concorde sera vendu en pièces détachées à Toulouse !

En 1974, les études prévoyaient 5 à 9 millions de passagers pour Nantes, à l'horizon 2000.
En réalité, il y a eu moins de 2 millions de passagers cette année-là. La DGAC (Direction Générale de l'Aviation Civile) a enregistré 2,650 millions de passagers à Nantes-Atlantique en 2008, et 38 000 mouvements commerciaux, contre 39 250 mouvements en 1999...
Imaginé à une époque où on ne parlait pas encore de réchauffement climatique, ni de flambée des prix du pétrole, ce projet de nouvel aéroport fait également peu de cas de l'activité agricole dynamique existante et du dernier bocage préservé du département de Loire-Atlantique.
Pour éveiller les consciences et inciter l'État à revoir sa copie, la RÉSISTANCE s'organise à Notre-Dame-des-Landes et ailleurs.

AÉROPORT DE NOTRE-DAME-DES-DES-LANDES
UN PROJET DU SIÈCLE PASSÉ


• Dans les années soixante, un nouveau site aéroportuaire est recherché en Bretagne Pays-de-la-Loire.
• En 1967, un emplacement est proposé du côté de Notre-Dame-des-Landes (44).
• En 1974, une zone d'aménagement différé (ZAD) est créée sur 4 communes : Notre-Dame-des-Landes, Grandchamp-des- Fontaines, Treillières, Vigneux-de-Bretagne (ces communes font partie aujourd'hui de la Communauté de communes d'Erdre & Gesvres (CCEG), qui regroupe 12 communes au total).
• Pendant 20 ans, il n'est plus question du projet. Les communes riveraines du site pressenti accueillent de plus en plus de population (51 000 habitants en 2007 sur le territoire d'Erdre & Gesvres, 37 000 en 1990).
• Le projet est relancé en 2000. Il est question de transférer l'actuel aéroport Nantes- Atlantique, situé au sud de la Loire, vers le nord Loire, à Notre-Dame-des-Landes.
• À la demande des associations, un débat public est organisé en 2003, qui prouve la non-saturation de Nantes-Atlantique (piste utilisée au tiers de sa capacité), mais l'État décide de continuer les études sur ce projet.
• Du 18 octobre au 30 novembre 2006, le projet est soumis à enquête publique.
• Avril 2007 : la commission d'enquête, à la majorité de 5 voix sur 7, donne un avis favorable assorti de 4 réserves et de 4 recommandations. Elle souligne «un lourd tribut pour l'environnement, un lourd tribut pour l'agriculture» et qualifie même ce projet de «pari sur l'avenir»
• Juillet 2007 : lancement du « Grenelle de l'Environnement » qui suscite un immense espoir... «Nous n'augmenterons plus de façon significative les capacités routières et aéroportuaires» déclare J.-L. Borloo en octobre 2007.
• 9 février 2008, signature par le premier ministre, François Fillon, le ministre de l'écologie, du développement et de l'aménagement durables, Jean-Louis Borloo, et le secrétaire d'État chargé des transports, Dominique Bussereau, du décret déclarant d' utilité publique les travaux nécessaires à la réalisation du projet d'aéroport pour le Grand Ouest Notre- Dame-des-Landes et de sa desserte routière, et emportant approbation des nouvelles dispositions des plans locaux d'urbanisme des communes de Fay-de-Bretagne, Grandchamp-des-Fontaines, Notre-Dame-des-Landes, Treillières, Vigneux-de-Bretagne dans le département de la Loire-Atlantique.
• 8 avril 2008, les opposants au projet d'aéroport déposent au Conseil d'État un recours en annulation du décret du 09.02.08.
• Été 2009 : rejet du recours déposé au Conseil d'État sans aucun argumentaire.
• 30 octobre 2009 : dépôt offres des candidats à la concession du projet d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes.
• Fin 2010 : projet de financement proposé aux collectivités territoriales et enquête parcellaire.
• Début 2011 : nomination de Vinci comme concessionnaire en charge de la gestion des aéroports de Nantes Atlantique et Montoir Saint-Nazaire et de la construction de celui de Notre-Dame-des-Landes.


... En complète contradiction avec le Grenelle de l'Environnement Sur le plan de l'écologie et du territoire

• Destruction d'une des dernières zones de biodiversité exceptionnelle du département ; • Risques très importants liés à la pollution et à l'imperméabilisation de vastes surfaces en zone de bassins versants ; • Accélération de l'urbanisation sur une quinzaine de kilomètres au nord de Nantes ; • Destruction d'une agriculture périurbaine de proximité sur 2 000 hectares

Sur le plan de l'énergie
• Pour rentabiliser un tel équipement, le concessionnaire privé cherchera à développer coûte que coûte le trafic aérien, facteur majeur de consommation de pétrole et de production de gaz à effet de serre, sans avantage économique ni social réel pour la région ; • Construction de nouvelles routes ; • Déplacements quotidiens des employés entre le sud Loire (où ils résident aujourd'hui) et le nord Loire où seront délocalisés leurs emplois, soit 60 kilomètres quotidiens environ.
Sur le plan de l'écologie et du territoire • Destruction d'une des dernières zones de biodiversité exceptionnelle du département
• Risques très importants liés à la pollution et à l'imperméabilisation de vastes surfaces en zone de bassins versants; Accélération de l'urbanisation sur une quinzaine de kilomètres au nord de Nantes ; • Destruction d'une agriculture périurbaine de proximité sur 2 000 hectares. Sur le plan de l'énergie
• Pour rentabiliser un tel équipement, le concessionnaire privé cherchera à développer coûte que coûte le trafic aérien, facteur majeur de consommation de pétrole et de production de gaz à effet de serre, sans avantage économique ni social réel pour la région ;
• Construction de nouvelles routes ;
• Déplacements quotidiens des employés entre le sud Loire (où ils résident aujourd'hui) et le nord Loire où seront délocalisés leurs emplois, soit 60 kilomètres quotidiens environ.

Sur le plan économique
• Équipement surdimensionné compte tenu de la faible demande en transport aérien dans l'Ouest et du nombre d'aéroports proches de Nantes (Saint-Nazaire, Rennes, Angers) ;
• Investissement largement sous-estimé (581 millions d'euros HT annoncés, valeur 2006), pénalisant pour de nombreuses années les budgets des collectivités locales des Pays-de-la-Loire. En Angleterre, le projet d'agrandissement de l'aéroport de Stansted, à Londres, est estimé à 2,9 milliards d'euros pour une piste, un terminal et une aire de stationnement des avions.
• L'aéroport existant de Nantes-Atlantique, considéré comme aéroport jetable, alors qu'il remplit parfaitement son office.
• Fragilisation des activités et des emplois au sud Loire dans la périphérie de Nantes- Atlantique, notamment EADS.
• Fragilisation (voire fermeture... ) de l'aéroport de Rennes ;
• Destruction du plus grand bassin laitier du département, coût du reclassement des agriculteurs ;
• Construction de nouvelles liaisons ferroviaires et routières pour accéder au nouvel aéroport, alors que les infrastructures existent pour Nantes-Atlantique

La commission d'enquête publique l'a dénoncé :
« Un lourd tribut pour l'agriculture et un lourd tribut pour l'environnement.»
• État des Lieux de l'agriculture•
Une cinquantaine d'exploitations remises en cause par ce projet ; • La plupart sont des élevages bovins, totalisant plus de 11 millions de litres de lait (collectés par 4 laiteries : Colarena, Terrena, Société fromagère de Bouvron, Laiterie Saint-Père) et près de 700 vaches allaitantes ;

• Des centaines d'emplois compromis : actifs agricoles directs et emplois induits (salariés de coopératives, entrepreneurs de travaux agricoles, filières de collectes, réseaux d'entraide, vétérinaires...) ; (source Chambre d'Agriculture

• Zone de bocage très préservée
Une des dernières du département, présentant des milieux de qualité, en mosaïque, favorables à la présence d'une faune diversifiée ;
• Les milieux humides et aquatiques du site (landes atlantiques, prairies humides, mares oligotrophes à mésotrophes, ruisseaux), souvent de bonne qualité, présentent un intérêt écologique fort, abritant des espèces de grand intérêt, protégées au niveau national ou régional : Flûteau nageant, Scirpe cespiteux, Piment royal, Gentiane pneumonanthe, Pédiculaire des marais...
• Par ailleurs, ces milieux humides hébergent également plusieurs espèces d'insectes remarquables d'intérêt européen : Damier de la succise, Agrion de Mercure.
Il existe donc un enjeu important dans la conservation de ces insectes et surtout de leurs habitats.
• Présence de populations d'amphibiens, résultant de la présence d'un réseau très important de mares (environ 200 ont pu être comptabilisées). Pour les amphibiens, ces milieux sont favorables aux espèces dont les populations sont conditionnées par ce réseau de mares : Rainette arboricole, Triton marbré et Triton crêté...
(source ACEMAV-BIOTOPE)

DES ALTERNATIVES À LA CONSTRUCTION D'UN NOUVEL AÉROPORT

Les opposants au projet d'aéroport mettent en avant plusieurs solutions alternatives qui permettraient :
• Soit de réduire fortement le survol des zones urbaines
• Transfert du trafic vers Paris et Lyon sur le TGV qui supprimerait 30 % des mouvements ; • mise en place d'une interconnexion • des aéroports de l'Ouest pour partager le trafic.
Soit d'éviter totalement tout survol de zone urbanisée dense en remplaçant sur l'aéroport actuel la piste existante, orientée nord-sud, par une autre piste, orientée est-ouest. Ce nouveau tracé proposé par l'association Solidarités Écologie est compatible avec les PLU actuels et n'a fait l'objet d'aucune opposition sérieuse de la part des élus et techniciens à qui il a été présenté.
Cette solution alternative représenterait un investissement modeste (65 millions d'euros) comparé à celui du projet Notre- Dame-des-Landes. Elle est également modulable et progressive. L'emprise nouvelle de terre n'est que de 200 hectares, situés en zone de déprise agricole, contre près de 2 000 hectares pour un nouvel aéroport (plate-forme et desserte routière). Elle présente de nombreux autres avantages :
• moins de bruit, car pas de virage au décollage et possibilité de pentes plus fortes.
• bonne desserte : périphérique proche, tramway à 2 kilomètres, voie ferrée sur le site.
• coût raisonnable et progressif.
• une partie des terrains à acquérir appartient à la zone d'activité de l'aéroport.
• compatibilité avec les plans d'urbanismes locaux des communes du sud Loire.
Jusqu'à présent, aucune étude sérieuse des alternatives possibles n'a eu lieu. Les élus t les administratifs poursuivent le projet de construction d'un nouvel aéroport, avec deux sites, très largement surdimensionné, l'équivalent d'un « demi Roissy Charles-de-Gaulle » l'aéroport de Roissy, avec ses quatre pistes, a un trafic annuel de près de 60 millions e passagers !
Alternatives au projet :
• l'aide à l'insonorisation des logements pour les riverains e l'aéroport Nantes-Atlantique ;
• l'interdiction des vols de nuit ;
• la mise en place de procédures d'atterrissage moins bruyantes approches en descente continue)
«Une approche de précision et une sécurité béton», selon des pilotes de ligne.
Plus d'informations sur le réaménagement de Nantes-Atlantique:
• www.solidarites-ecologie.org
• www.esginfra.com
LES « VRAIS-FAUX »ARGUMENTS DES PORTEURS DU PROJET

Ce qu'ils disent *
«L'aéroport actuel de Nantes est saturé»
Piste utilisée au 1/3 de sa capacité. Selon la Direction générale de 'aviation civile (DGAC) 38 000 mouvements en 2008 (soit moins qu'en 1999 :39 250 mouvements). 110 000 mouvements possibles. La capacité de l'aérogare peut être portée à 4,5 millions de passagers (Mpax)

Et la réalité...
«L'aéroport actuel de Nantes est saturé» Piste utilisée au 1/3 de sa capacité. Selon la Direction générale de l'aviation civile (DGAC) 38 000 mouvements en 2008 (soit moins qu'en 1999 : 39 250 mouvements). 110000 mouvements possibles. La capacité de l'aérogare peut être portée à 4,5 millions de passagers (Mpax)

Ce qu'ils disent
«Le trafic aérien nantais va exploser 2,650 Mpax en 2008 (DGAC), mais moins de mouvements, car les avions dans les prochaines années»

Et la réalité...
2,650 Mpax en 2008 (DGAC), mais moins de mouvements, les avions sont mieux remplis (emport de 70 contre 37 en 1997, Certains aéroports sont déjà à 100). « Les touristes venant en majorité du “Grand Ouest”, la demande en transport aérien est faible » ! (cf. dossier enquête publique

Ce qu'ils disent
«La piste unique de Nantes-Atlantique est un frein à la compétitivité»

Et la réalité...
• Genève : 1 piste pour 10,2 millions de passagers annuels, est un frein à la compétitivité»
• Gatwick : 1 piste pour 31 millions de passagers,
• Tenerife : 1 piste pour 11,7 millions de passagers,
• San Diego : 1 piste pour 17 millions de passagers,
• John-Wayne : 1 piste pour 8 millions de passagers

Ce qu'ils disent
«Le survol de Nantes et du Lac de Grand-Lieu représente un danger»En aucun cas, la création d'un nouvel aéroport à Notre-Dame-des-Landes de Grand-Lieu représente un danger»

Et la réalité...
En aucun cas, la création d'un nouvel aéroport à Notre-Dame-des-Landes ne permettra de mettre fin à ces survols, car l'aéroport de Nantes-Atlantique continuera de fonctionner pour la société Airbus.
Apporter une réponse à ce problème de survol supposerait :
• de faire fonctionner en complémentarité les aéroports existants (Saint-Nazaire, Rennes et surtout Angers) notoirement sous-utilisés.
• d'expertiser enfin sérieusement la perspective d'une piste est-ouest à Nantes-Atlantique en remplacement de l'actuelle orientée nord-sud.
Ce qu'ils disent
«La mise en réseau des aéroports de l'Ouest est impossible» Rennes: trafic affaire de proximité.
Saint-Nazaire : pas d'infrastructure pour accueillir des passagers en nombre.
Angers : dimensionné pour accueillir des avions de capacité limitée.

Et la réalité...
En mars 2008, 7 avions d'Air France ont été déroutés de Nantes vers... Rennes (400 000 passagers par an).
En 2007 : 12 604 passagers à Saint-Nazaire (source Union des Aéroports Français).
En 2008, Angers-Marcé fête son 10eanniversaire... mais, faute de trafic, il est fermé une grande partie de l'année !
Des recommandations européennes préconisent d'utiliser l'existant.

Ce qu'ils disent
«Le nouvel aéroport permettra de mieux desservir Nantes et son agglomération»

Et la réalité...
Nantes — comme Rennes et Angers — compte parmi les villes les mieux connectées au réseau TGV. Ce réseau permet notamment Ce réseau permet notamment l'accessibilité aux aéroports existants.
Ce qu'ils disent
«Sans aéroport, Nantes connaîtrait le même phénomène économique que La Flèche»**




Et la réalité...
Nantes a déjà un aéroport international. Installé depuis longtemps sur un site dédié à l'aéronautique, c'est un équipement performant, qui répond bien aux besoins de mobilité. Il est proche de Nantes et de ses infrastructures stratégiques : périphérique, Île de Nantes, EuroNantes, Cité des Congrès, gare...contrairement au projet de nouvel aéroport.
De Nantes, on peut partir, entre autres, vers la Turquie, la Réunion, le Canada, a Guadeloupe, la Martinique, la République Dominicaine, l'Égypte, le Maroc, e Sénégal, la Tunisie, l'Autriche, la Bulgarie, la Hongrie, l'Irlande, a Norvège, la Pologne, la République Tchèque, Chypre, la Croatie, 'Espagne, la Grèce, l'Italie, Malte, le Portugal, la Jordanie.

* sources : dossier enquête publique, réunion d'information et d'échanges sur le projet d'aéroport du Grand Ouest Notre-Dame-des-Landes du 29.01.08 à la préfecture de Loire-Atlantique. Magazine «Nouvel Ouest» No146, avril 2008.

**La Flèche, deuxième ville de la Sarthe avec 17083 habitants, en 2007 (Wikipedia).

Rencontre avec Louise Hentgen
Productrice Bobi Lux

Comment vous est venue l'envie de produire Les Pieds sur terre, long métrage documentaire de Batiste Combret et Bertrand-Batiste Hagenmüller ?

J'ai rencontré Batiste Combret et Bertrand Hagenmüller dès mon arrivée à Bordeaux en tant que productrice chez Bobi Lux. Ils avaient déjà commencé des repérages filmés et j'étais intéressée par leur manière d'envisager cet évènement très médiatisé qu'est Notre Dame des Landes. Ils se sont attachés à quelques personnages qui vivent la lutte au quotidien, et ont choisi de laisser hors champ les affrontements. Leur longue immersion et les liens qu'ils ont tissés avec leurs personnages leur ont permis de recueillir une parole sincère.
Ainsi j'ai eu envie de les accompagner dans l'écriture de leur film qui s'est faite en amont du tournage, mais beaucoup aussi pendant le montage qui a été très long.

Qu'est-ce qui a guidé votre travail de production, sur ce film ?

Il fallait donner les moyens au film d'être le plus abouti possible, car le choix d'en faire un long-métrage, destiné aux salles de cinéma, nécessitait une post-production de qualité.

Dans quelle mesure le soutien financier de la Région Nouvelle-Aquitaine favorise-t-il votre activité de producteur ?

La Région Nouvelle-Aquitaine est la seule à nous avoir soutenu financièrement pour la production de ce film, c'est grâce à ce soutien que nous avons pu financer la post-production du film.

Comment va être accompagnée la diffusion du film ?

Nous avons la chance d'avoir trouvé un distributeur, Les films des deux rives, qui va porter la distribution du film dès sa sortie en salle le 3 mai 2017.
Avant cela le film avait été diffusé dans une quinzaine de cinémas et quelques médiathèques en région Nouvelle-Aquitaine, à l'occasion du mois du film documentaire en novembre 2016. Cette tournée, accompagnée des deux réalisateurs avait été coordonnée par l'ACPA et l'agence Écla. Des projections avec Cinéréseaux et la Bibliothèque Mériadeck ont également été programmées dans le cadre de l'accompagnement d'Écla.


 Entretien 

Rencontre avec Batiste Combret et Bertrand Hagenmüller, réalisateurs

Qu'est-ce qui a déclancher l'envie de faire un film sur Notre-Dame-des-Landes (NDDL) ?

Bertrand: Nous voulions témoigner du mouvement auquel nous assistions, « la lutte contre l'aéroport et son monde », dont l'enjeu était de proposer un autre modèle de société ne reposant plus sur l'idéologie de la croissance et de la consommation. Cette ZAD, qui vue de l'extérieur semblait uniforme, nous apparaissait alors beaucoup plus mixte et loin d'être une communauté utopique, la force de ce mouvement semblait provenir précisément de cette diversité. Ici on ne parlait pas politique on en faisait. C'est finalement la rencontre avec le village du Liminbout qui nous a décidé à faire ce film.

Batiste: Nous ne sommes pas arrivés sur la zad de Notre-Dame avec l'intention d'y tourner un film. De nombreux journalistes étaient sur place, plusieurs documentaires sur la lutte essayaient de voir le jour. Mais différentes rencontrent sur place nous ont emmenées au Liminbout, hameau situé sur la zad mais à l'écart de l'agitation, des caméras, des affrontements. Nous y avons rencontré Claude qui bricolait devant son illustre maison. Il nous a parlé de lui, de sa famille, de la lutte contre l'aéroport et surtout de la vie au Liminbout avec les deux femmes voisines et le collectif de squatteurs. En fait, Claude est un personnage fracassant et ce qu'il nous raconte de la vie au Liminbout était tellement improbable qu'au bout de quelques minutes, sans même en parler, simplement d'un regard, on a compris l'un et l'autre qu'on avait envie de filmer, de rencontrer les autres habitants du Liminbout et de s'immerger dans la vie de ce hameau.


Vous êtes deux réalisateurs du film, comment avez-vous travaillé ensemble ?

Bertrand: Nous avions déjà collaboré sur d'autres projets mais cette expérience de co-réalisation était une première. Nous avons assuré ensemble le tournage et le montage... On dit parfois que c'est trop compliqué de réaliser un film à deux, qu'il faut quelqu'un qui décide. J'ai l'impression au contraire que sans cette coopération, ces ajustements, ces longues discussions, ce film n'aurait tout simplement jamais été possible.

Batiste: J'ai du mal à concevoir de réaliser un film tout seul. Ce qui me plait le plus dans cette activité,ce n'est pas la finalité, c'est tout ce qui se passe pendant l'écriture, les tournages, le montage. Et si je n'ai personne avec qui partager ce terrain au quotidien, en parler, en débattre, je trouve ça plus pauvre et égocentrique. On n'a pas vraiment discuté de l'idée de faire un film ensemble ou de comment si prendre, les choses se sont misent en place simplement parce qu'on se connaissait bien et qu'on se connaissait bien et qu'on avait conscience de nos convergences que de nos complémentarités.


Vous ne montrer pas les confrontations parfois violentes de ce conflit. Pourquoi ce parti pris ?

Bertrand: Nous ne voulions ni faire un film journalistique, donnant la parole au « pour » et au « contre » l'aéroport, ni un film militant relayant des discours qui ne convainquent que ceux qui le sont déjà. C'est en fait la rencontre avec le village du Liminbout qui nous a donné les clés de la réalisation du film : une immersion dans le village où les habitants apprennent, parfois non sans tension, à vivre et lutter ensemble avec leurs différences.
Pour nous cette démarche se justifiait de plusieurs manières. D'abord parce que c'était l'occasion de suivre des personnages dans leur évolution, s'intéresser à leur histoire individuelle et collective, comprendre ce qui motivait les uns et les autres, sortir des trop nombreuses caricatures présentant les habitants de la zone comme des extrémistes irresponsables. Ensuite parce qu'il nous semblait que c'était précisément dans ce quotidien que la lutte se jouait. Cette manière d'engager sa vie, de la lier à ses idées, de faire de la politique au jour le jour sans nécessairement tenir de grand discours, de composer avec les tensions liées à des perceptions et des modes de vies différents...ici se déroulait pour nous l'essence même du combat de notre dame des landes. Le Liminbout n'était pas les coulisses de la lutte, il en était la scène principale. Loin d'être une communauté de doux rêveurs ou de dangereux marginaux, le Liminbout, à l'instar de la ZAD dans son entier, montre des gens qui ont les pieds sur terre, qui dans une société en crise estiment raisonnable de penser et mettre en œuvre un autre monde plutôt que de courir derrière celui qui s'écroule. Le Liminbout montre des gens qui ont les pieds sur terre parce qu'ils cherchent à donner du sens à leur vie en se reconnectant au monde. Connexion à la terre, cultivant l'autonomie alimentaire, connexion à la planète, cultivant des réseaux alternatifs mondiaux qui petit à petit dessinent un monde nouveau.


Comment avez-vous connu et choisi les différents protagonistes ?

Les pieds sur terre c'est avant tout des personnages qui échappent à toutes les caricatures, qui ne ressemblent ni à l'idée qu'on peut se faire des squatteurs, ni des agriculteurs engagés dans cette lutte. Au départ du projet une certaine réserve était palpable. Il faut dire que la présence des médias avait été particulièrement mal vécue sur la zone. On leur reprochait de « caricaturer » les propos et de se centrer principalement sur l'aspect spectaculaire de la lutte. Mais au fur et à mesure de nos échanges, le projet les a séduits. Ils mesuraient l'opportunité pour eux de témoigner de la vie quotidienne dans la zad mais aussi d'avoir un espace d'expression sur la durée... Ils se sont alors pris au jeu et, passé les premières hésitations, nous ont offert leur précieuse confiance. Avant d'être diffusé plus largement nous avons projeté le film dans le village. Le principal compliment qu'on nous a fait nous a un peu surpris : « Merci pour votre film... Enfin un documentaire qui n'est pas militant ! ». Et c'était vrai, nous n'avions pas cherché à convaincre que leurs idées étaient bonnes mais à témoigner de l'émergence d'un mode de vie dont le but n'est pas tant de faire la leçon que de donner l'idée qu'autre monde est possible.

Macron, lui aussi, affirme n'être pas très favorable à ce projet, « très mal emmanché » et (« Aujourd'hui, on ne lancerait pas un projet du type de Notre-Dame-des-Landes »), mais, comme « le peuple s'est exprimé », il se contentera de « nommer un médiateur, pour six mois maximum, pour faire baisser la pression », et les matraques seront en caoutchouc ?
En attendant, allons voir « Les pieds sur terre », un film tourné chez les zadistes. Ses auteurs ont focalisé leur regard sur Le Liminbout, un hameau au cœur de la ZAD, et écouté la poignée d'agriculteur « historiques » qui y vivent, en compagnie de quelques zadistes, dont un couple issu du milieu du squat, avec leur bébé né ici. De l'autre côté de la route, une jeune voisine qui appartient au monde « normal » regarde avec curiosité, et une pointe d'envie, l'expérience qui se déroule sous ses yeux.
Rien d'inédit dans ce documentaire, juste un rappel essentiel : ici vivent et s'installent des gens qui ont pris acte que la fuite en avant technologique et consumériste menait à l'impasse. Au lieu d'attendre l'improbable « développement durable » venu des hauteurs onusiennes et censé répandre ses bienfaits sur le bas peuple (le fameux top dxn), ils se sont engagés dans la transition, démarche d'origine citoyenne (bottom up) : « Là où le développement durable cherchait à prévenir des difficultés lointaines, la transition se veut une adaptation dans l'urgence à la décrue énergétique et au changement climatiques en cours et/ou imminents » (2). Mais pas que.
Evoquant sa fille qui cherche en vain du boulot pour l'été, Marcel, éleveur de vaches au Liminbout, note que, « dans toutes les familles, c'est comme ça ». Et remarque que, par contraste, les zadistes « ne se laissent pas détruire par le chômage et par la crise, ils construisent et cherchent d'autres façon de vivre ». Et font la preuve que « tu peux construire quelque chose que ce que la société essaie de te faire construire »
On peut cogner, chef ?
(1) Lire sur « acipa-ndl.fr » le dossier montrant en quoi le pseudo-référendum du 26 juin 2016, avec son périmètre de consultation taillé sur mesure, n'avait que les apparences de la démocratie.
(2) « L'âge de la transition », par Dominique Bourg ? Alain Kaufman et Dominique Méda, Les Petits Matins, 240p, 23€


 L'avis de la presse 

Le Canard Enchaîné - Jean-Luc Porquet
Une immersion tranquille, contemplative et bienveillante dans la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, signée Batiste Combret et Bertrand Hagenmüller. Utile, à l'heure où Bruxelles vient de classer sans suite la procédure ouverte contre la France.

Libération - Luc Chessel
L'histoire des films a ceci de commun avec celle des luttes politiques qu'elle est constituée en séries de précédents, qui n'ont pas besoin de recevoir les noms d'«influences» ou d'«héritages» pour opérer dans le temps : l'une et l'autre s'écrivent comme un défi à la généalogie. Au moment de parler d'un documentaire retraçant un épisode toujours en cours sur le territoire de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique), on pourra se souvenir que les grands films «contre l'aéroport et son monde» ont été faits au Japon, quatre ou cinq décennies plus tôt, par un collectif réuni autour du cinéaste Shinsuke Ogawa.
Les Pieds sur terre, de Batiste Combret et Bertrand Hagenmüller s'inscrit, certes, dans un autre style que celui de l'objectivité radicale et lyrique d'Ogawa Productions, dans la série de ce précédent japonais en filmant les habitants du Liminbout, un hameau à la lisière de la ZAD où des fermiers ont décidé de rester et de produire en ignorant l'injonction à céder leurs terres à l'entreprise Vinci, et de maintenir un bon voisinage - des alliances, quand ce ne sont pas des amitiés - avec ces «zadistes» que certaines représentations font voir comme des occupants indésirables et illégitimes. En choisissant de prendre les choses par la douceur et l'empathie documentaires les plus limpides («ici des êtres vivent et parlent...») et par le bon sens le plus indiscutable («...et de surcroît, écoutons-les, n'ont-ils pas raison ?»), la réalité composite et quotidienne du film l'emporte immédiatement, chez le spectateur, sur toute forme d'interprétation, précisément en la rendant possible à nouveau - en l'invitant à en savoir plus. Où le documentaire devient la base de toute réflexion : partir de ce qu'il se passe, c'est mieux voir tout ce qu'on peut faire. Film de réinformation bienvenu, les Pieds sur terre est aussi un traité de composition, sur la simple question de comment faire ensemble ce que chacun a toutes les raisons de désirer.


Télérama - Jérémie Couston
Ni CRS vindicatifs, ni zadistes cagoulés dans ce documentaire tourné au coeur du bocage de Notre-Dame-des-Landes. Mais une aimable galerie de portraits d'éleveurs de moutons, de paysans syndicalistes et de squatters pacifiques, qui luttent ensemble contre cet aberrant projet d'aéroport.

La Croix - Marine Lamoureux
Loin du documentaire militant, ce documentaire s'intéresse à la vie en suspens du Liminbout, un hameau situé au cœur de la ZAD. Ses habitants, opposés au projet d'aéroport pour différentes raisons, apprennent à vivre ensemble.
Le nom de ce hameau d'une dizaine d'habitants ne vous dira peut-être rien. Et pourtant, il se joue au Liminbout, comme ailleurs autour de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique), « un événement politique symboliquement majeur ». C'est en tout cas la conviction de Batiste Combret et Bertrand Hangenmüller, les auteurs du documentaire Les pieds sur terre, qui ont posé leurs caméras durant plusieurs mois dans ce coin de bocage à quelques kilomètres au nord de Nantes, suspendu au devenir du projet d'aéroport « Grand Ouest ».
Ici, on lutte, on espère, et surtout... on vit. Loin du documentaire militant, le film s'attache au quotidien des habitants, agriculteurs, locataires ou jeunes militants. Il montre les éleveurs au travail, comme Marcel et Sylvie, plutôt que des manifestations de tracteurs ; ou la vie de Sarah, une mère « squatteuse » – comme elle se définit elle-même – plutôt que des militants enfiévrés, banderoles et poings levés. La jeune femme s'est installée dans une yourte au Liminbout avec son enfant né sur la Zad (zone d'aménagement différée, rebaptisée « zone à défendre »). Les auteurs laissent ainsi s'écouler le fil des jours et des saisons, ménagent une place au silence, au chant des oiseaux, aux vaches plantées dans la brume et aux moutons fraîchement tondus, scènes banales lorsque les tensions autour du projet d'aéroport s'apaisent pour un temps.


Les Fiches du Cinéma - Michel Berjon
La ZAD de Notre-Dame-des-Landes est-elle un p'tit bout de paradis ? Comme le dit Sylvie sur son blog “Paroles de campagne” : “Des humains qui acceptent leurs différences pour se côtoyer avec bienveillance, n'est-ce pas un bon sujet par les temps qui courent ?

Le Journal du Dimanche -
Malgré un manque de repères, le film révèle de beaux personnages pour aborder son sujet sous l'angle d'une question de société débarrassée des clichés habituellement dévolus aux « zadistes ».

Ouest France - Christophe Jaunet
L'esprit de "résistance" traverse ce documentaire, davantage subjectif que militant. On peut le voir par curiosité.



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