Vent du Nord

  jeudi 12 Avril   
20 H 30



Réalisation : Walid Mattar
Scénario : Leyla Bouzid,Claude Le Pape,Walid Mattar
Directeur de la photographie : Martin Rit
Ingénieur du son : Nassim El Mounnabih
Montage : Lilian Corbeille
Production : Barney Production
Producteur délégué : Saïd Hamich
Directeur de casting : Pierre-François Créancier
Directeur de production : Pierre Delaunay
Assistant réalisation : Victor Baussonnie
Costumière : Catherine Cosme,Hélène Honhon
Décoratrice : Marion Burger
Scripte : Elsa Melquioni
Compositeur de la musique originale : Malek Saied
Distribution : KMBO

Site officiel


 Avec 

» Philippe REBBOT - Hervé Lepoutre» Kacey MOTTET KLEIN - Vincent Lepoutre» Khaled BRAHMI - Chiheb
» Abir BENNANI ZAROUNI - Karima» Corinne MASIERO - Véronique Lepoutre» Thierry HANCISSE - Bernard
» Mohamed AMINE HAMZAOUI - Foued Ben Slimane


 Synopsis 

Nord de la France. L'usine d'Hervé est délocalisée. Il est le seul ouvrier à s'y résigner car il poursuit un autre destin : devenir pêcheur et transmettre cette passion à son fils.

Banlieue de Tunis. L'usine est relocalisée. Foued, au chômage, pense y trouver le moyen de soigner sa mère, et surtout de séduire la fille qu'il aime.

Les trajectoires de Hervé et Foued se ressemblent et se répondent.


 Anecdotes 

WALID MATTAR
RÉALISATEUR

Walid Mattar est né à Tunis en 1980. Après avoir fait des études en Tunisie, il obtient un Master 2 en Productique à Paris et commence à étudier le cinéma. Membre de la Fédération Tunisienne des Cinéastes Amateurs depuis l'âge de 13 ans, il a été chef opérateur sur plusieurs courts-métrages et a réalisé son premier, LE CUIRASSÉE ABDELKARIM, en 2003 (1er Prix National du Festival du Film Amateur de Kélibia et Médaille de Bronze du Concours Mondial de Films Non Professionnels, Unica).

En 2005, Walid Mattar cadre pour le documentaire POUSSIÈRES D'ÉTOILES, de Hichem Ben Ammar. En 2006, il co-réalise avec Leyla Bouzid le courtmétrage SBEH EL KHIR dans le cadre du projet « 10 Courts, 10 Regards de jeunes cinéastes Tunisiens », pour le Festival de Cannes.

En 2010, il réalise un nouveau court-métrage, TENDID, qui a remporté plusieurs prix, notamment à Tanger et à Montpellier.

En 2012, BABA NOËL, sixième et dernier court-métrage en date de Walid Mattar, remporte un franc succès et de nombreux prix en festivals.

VENT DU NORD est son premier long-métrage, écrit en collaboration avec Claude Le Pape et Leyla Bouzid
FILMOGRAPHIE

2017 : VENT DU NORD (long-métrage)
2011 : BABA NOËL (court-métrage)
2010 : OFFRANDE (court-métrage)
CONDAMNATIONS (court-métrage)
2006 : DA GEORGIO (court-métrage documentaire)
SBEH EL KHIR (court-métrage) – Co-réalisé avec Leyla Bouzid
FILS DE TORTUE (court-métrage documentaire)
2003 : LE CUIRASSÉ ABDELKRIM (court-métrage)



 Quelques mots 

QUELQUES MOTS DU RÉALISATEUR WALID MATTAR
DE L'USINE AU CINÉMA

J'ai grandi à Hammam-Lif, une banlieue ouvrière de Tunis située en bord de mer. La vie animée des quartiers populaires est marquée par la difficulté pour les familles de joindre les deux bouts. Au rythme des marées, les hommes assent leurs journées au café, les femmes aux fourneaux, et les rendez-vous amoureux ont lieu en cachette, à la plage. Les perspectives sont réduites, les rêves simples. Et la seule solution semble être l'argent.

Pour des raisons familiales, je suis parti vivre en France et j'ai découvert le Nord-Pas-de-Calais, plus exactement Wimereux, une petite ville côtière proche de Boulogne-sur-Mer. J'ai été frappé par le mode de vie si semblable à celui de ma ville natale. Tout me semblait familier : le rapport à la mer, l'horizon limité, l'importance du café ou du bar du coin et les difficultés liées au travail.

De cette proximité ressentie, j'ai pris conscience que les gens se réunissaient davantage en fonction de leur classe sociale que de leur origine géographique. C'est l'un des paris du film : montrer la proximité qui existe entre deux mondes qui sont supposés être si loin l'un de l'autre.

J'ai fait des études supérieures en Tunisie, en génie industriel, puis j'ai eu un poste dans une usine de câblage électrique.

J'étais ambitieux et je voulais changer les choses, appliquer ce que j'avais appris. Seulement, en Tunisie, la gestion de la production ne prend en compte aucune gestion du personnel. L'entreprise signe un contrat avec l'ouvrier via un sous-traitant : elle garde ainsi la liberté de le licencier à tout moment, sans la moindre indemnité. Le chômage aidant, le turn-over est de règle. En tant que cadre dans cette usine, on attendait de moi que je fasse « le dur »... mais je n'y arrivais pas. J'ai fini par quitter ce travail. De mes expériences est née l'envie de faire ce film.
DEUX DESTINS LIÉS

J'ai voulu raconter le parcours de deux ouvriers, Hervé et Foued, l'un en France, l'autre en Tunisie. À travers l'histoire de la délocalisation d'une usine, nous découvrons le tissage de deux sociétés qui finissent presque par se confondre dans les mêmes espoirs brisés.

Sans thèse formulée a priori, le film donne à voir les ressemblances entre deux populations de pays pourtant très différents politiquement. Dans les deux cas, l'administration n'est pas adaptée aux besoins des gens.

D'un côté, Hervé est bloqué par les diverses normes et régularisations qu'il ne maîtrise pas et qui l'empêchent de se débrouiller par ses propres moyens, de se reconvertir et de suivre une formation adéquate. De l'autre, Foued est confronté à un État totalement démissionnaire, inexistant. Trop de règles d'un côté, pas assez de l'autre : avec ces logiques bureaucratiques floues, absurdes, rien ne permet à nos deux héros de faire face aux difficultés et de trouver leur place.

Quelles sont dès lors les libertés qui s'offrent à Hervé et à Foued ?

CHASSÉS-CROISÉS

Le film traite de l'échange et de la circulation des personnes, des choses et des valeurs. La structure du film est née de la volonté de raconter cette circulation, qui régit le monde dans lequel nous vivons. Nous suivons le mouvement de délocalisation de l'usine, nous revenons avec les chaussures, nous faisons un aller-retour via les vacances bradées du couple, nous repartons avec Vincent dans la marine, puis revenons avec Foued qui immigre illégalement. Cette circulation trame l'histoire, unit les destins de Hervé et Foued dans des trajectoires en miroir, qui révèlent finalement tout l'absurde de la situation.

Cette structure est le défi formel du film, qui est tout sauf un montage en parallèle mais l'histoire de deux personnages unis sans se connaître. Bien que séparés géographiquement, leurs expériences sont intimement liées. Un lien d'espoirs, d'émotions et de désirs.

On ne voit souvent qu'une image réduite des délocalisations, le côté factuel qui banalise les choses. Il manque des morceaux de vie. La structure de VENT DU NORD agrandit, j'espère, le champ de vision, en témoignant du quotidien des gens avant et après l'usine. Walid Mattar


Leyla BOUZID
SCÉNARISTE

Leyla Bouzid grandit à Tunis avant de venir s'installer à Paris pour étudier la littérature. Elle y fait la rencontre de Walid Mattar, avec qui elle réalise un premier court-métrage, SBAH EL KHIR, et décide par la suite de compléter ses études à La Fémis en Section Réalisation.

Ses années à La Fémis lui permettent de réaliser un nouveau court-métrage, SOUBRESAUTS, qu'elle tourne en Tunisie. Projeté en Compétition du Festival International du Court-métrage de Clermont-Ferrand en 2012, le film reçoit un bon accueil. Il remporte également le Prix du Jury au Festival Premiers Plans d'Angers.

Elle réalise ensuite en 2013 ZAKARIA, court-métrage qui recevra l'Etalon de bronze et le Prix Thomas-Sankara au Fespaco 2015. La même année, en 2015, elle sort son premier long-métrage, A PEINE J'OUVRE LES YEUX. Ce film est sélectionné dans plusieurs festivals et est notamment primé à la Mostra de Venise.

FILMOGRAPHIE

Réalisatrice et scénariste

2015 : Á PEINE J'OUVRE LES YEUX (long-métrage)
2013 : ZAKARIA (court-métrage)
2011 : SOUBRESAUTS (MKHOBBI FI KOBBA) (court-métrage)

Scénariste

2017 : VENT DU NORD (long métrage de Walid Mattar)
2010 : OFFRANDE (court-métrage de Walid Mattar)
2009 : CONDAMNATION (court-métrage de Walid Mattar)

Claude LE PAPE
SCENARISTE

Née en 1985, Claude Le Pape a grandi en Normandie, avant d'intégrer La Fémis, en Scénario, en 2007.
Elle y a rencontré ses futurs proches, avec qui elle travaille aujourd'hui : les réalisateurs Thomas Cailley (son court PARIS-SHANGHAÏ, puis LES COMBATTANTS) et Hubert Charuel (les courts-métrages DIAGONALE DU VIDE et K-NADA, et PETIT PAYSAN long-métrage sorti en 2017), ou les producteurs Saïd Hamich (Barney Production pour VENT DU NORD), Pierre-Louis Garnon (les Films Velvet) et Lucie Bouilleret (Douk-douk Productions), tous de la même promotion, pour des longs-métrages ou des courts d'animation.

FILMOGRAPHIE
2017 : CAJOU (court-métrage)
PETIT PAYSAN (long-métrage de Hubert Charuel)
2016 : LES FILLES DE REIMS (long-métrage de Julien Hallard)
LE CRAYON DE DIEU – en développement
LA FINE EQUIPE (long-métrage de Magaly Richard Serrano)
2014 : LES COMBATTANTS (long-métrage de Thomas Cailley)
K-NADA (court-métrage de Hubert Charuel)
DIAGONALE DU VIDE (court-métrage de Hubert Charuel)
PARIS SHANGHAI (court-métrage)

Cinémed - 2017 39e Festival du cinéma méditerranéen de Montpellier (20-28 OCTOBRE 2017)

Deux films auraient dû retenir plus d'attentions tournés dans les faubourgs de Montpellier
Luna et vent du nord

Vent du Nord de Wallid Mattar repose sur un agencement ingénieux et éloquent d'allers et retours entre la Tunisie et le Pas de- Calais délocalisation, importation, tourisme, immigration sont soigneusement motives et minutieusement mis en œuvre ; les gens de peu échangent ainsi leurs malheurs, se croisant sans se connaître, dans une immense métaphore mondialisée, leu d'équivalences dont la rigueur n'a jamais rien de raide et où les notations amusantes ne manquent pas Quoiqu'il démontre avec une vaine surabondance la méchanceté des puissants et des riches, le marocain Volubilis bénéficie de trouvailles audacieuses, d'observations fines et de moments de cinéma très impérieusement conçus, dans une galerie marchande ou devant la façade de verre d'une villa. L'agilité de son héros n'a d'égale que la beauté de son héroïne Le film serbe de Bojan Vuletic, Requiem pour Madame J. est sans doute trop monocorde mais obéit à des partis pris plastiques intéressants : les couleurs éteintes et l'insistance des lignes verticales concourent à la peinture d'une mélancolie qui est un état du pays plutôt qu'une simple donnée psychique
La sélection semblait confirmer la fécondité des cinéastes arabes et surtout maghrébins, l'Egypte et la Turquie en étaient absentes
Alain Masson


 L'avis de la presse 

Télérama - Frédéric Strauss
Dans une ville face à la Manche, un ouvrier perd son emploi après la délocalisation de son usine. Dans une ville face à la Méditerranée, une usine s'installe et un jeune Tunisien trouve du travail. Ancré dans une réalité sociale difficile, ce film à la tendresse inattendue parle... du bonheur. L'ouvrier tunisien croit l'avoir trouvé : en jouant le joli cœur avec une collègue, il bâtit déjà son avenir, en pensée. En France, le chômeur rebondit et s'achète un bateau pour monter un petit business de pêcheur avec son fils et sa femme. Ce n'est pas le Pérou, mais les rêves modestes ont des chances de réussir... Interprétés par des comédiens qui jouent le réalisme avec style, les personnages sont des funambules sur une corde raide. Dans un monde qui les chahute, ils suivent leur ligne de chance. En trouvant le ton juste pour cette comédie tout en retenue, le réalisateur célèbre la quête d'une vie heureuse, contre vents et marées. Et parle avec finesse des désillusions du présent comme de l'utopie jamais vaincue.

Première - Damien Leblanc
Vent du Nord débute comme un film social classique dans lequel Hervé, ouvrier et père de famille vivant dans le Nord-Pas-de-Calais, accepte sans broncher la délocalisation de son usine et songe à sa reconversion... avant que la narration ne prenne un tour inattendu en dévoilant quelques mois plus tard l'existence de Foued, jeune célibataire de la banlieue de Tunis qui a trouvé du travail dans l'usine relocalisée. Par cet élargissement du regard qui alterne les récits entre France et Tunisie, la chronique se transforme en passionnante fresque socio-économique, pleine de rebondissements, qui dresse des ponts entre les destins de ces deux travailleurs : même dépendance à l'argent, mêmes frustrations face à une administration inadaptée à leurs envies de carrière, même horizon bouché par le turn-over de la mondialisation. Loin de l'objet théorique et figé, cette fable contemporaine fait au contraire la part belle aux changements de tonalités : plus facétieuse dans sa partie française (où brille Philippe Rebbot en pêcheur exalté) et plus axée sur le désir amoureux dans sa partie tunisienne, cette œuvre polyphonique porte haut la lutte quotidienne pour la dignité et l'affranchissement. Et si le mur brutal du réel se dresse dans les deux cas sur la route des personnages comme pour les pousser à l'action, l'effet miroir que dessine ce premier film tenace et engagé contient jusque dans le dernier plan une force lucide et salvatrice.

Marianne - Olivier de Bruyn
Le film slalome avec élégance entre le nord de l'Hexagone et la banlieue de Tunis, et décrit, avec une lucidité qui n'exclut jamais l'humour, les souffrances sociales de notre époque.

Positif - Fabien Baumann
Ce premier long métrage de Walid Mattar, réalisateur né en Tunisie en 1980, rafraîchit notre regard chauvin sur les délocalisations.

Le Figaroscope - Nathalie Simon
Face au nouveau Spielberg, le premier long-métrage Vent du nord, du Tunisien Walid Mattar, a peu de chances de se distinguer. D'autant qu'il traite du monde du travail et d'un homme qui perd le sien. Un film dans la lignée d'œuvres passées un peu inaperçues comme Prendre le large de Gaël Morel - Sandrine Bonnaire acceptait un poste au Maroc après la délocalisation de son usine - et L'Usine de rien, du réalisateur portugais Pedro ...



Association IRIS – Saison 2018-2019
www.cine-iris.com - contact@cine-iris.com
Programmation et animation des films du jeudi soir (projections en V.O)
Festival 'Faites des courts'- ciné goûter/pizza pour les enfants
Un projet « Autour de l'animation » - Partenariat avec d'autres associations
Merci à tous pour votre soutien.
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