GIRL

  mercredi 14 Novembre   
20 H 15


Caméra d'Or Festival de Cannes - Prix d'interprétation Un Certain Regard

Montage : Alain Dessauvage
Costumes : Cathérine Van Bree
Maquillage : Michelle Beeckman
Musique : Valentin Hadjadj
Coproductrice : Cassandre Warnauts,Laurette Schillings
Chef opérateur : Frank van den Eeden
Coproducteur : Jean-Yves Roubin,Arnold Heslenfeld
Son : Yanna Soentjens
Direction artistique : Philippe Bertin
Chorégraphie : Sidi Larbi Cherkaoui
Scénario, réalisation : Lukas Dhont
Postproduction : Filmmore & WarnierPosta
Coproducteur délégué : Frans Van Gestel
Distribution : Diaphana Distribution

Site officiel


 Avec 

» Victor Polster - Lara» Arieh Worthalter - Mathias» Olivier Bodart - Milo
» Tijmen Govaerts - Lewis» Katelijne Damen - Le médecin» Valentijn Dhaenens - Le psychiatre
» Magali Elali - Christine» Alice de Broqueville - Loïs» Alain Honorez - Alain
» Chris Thys - Hannah» Angelo Tijssens - Hendricks» Marie Louise Wilderijck - Marie-Louise
» Virginia Hendricksen - L’assistant d’Alain


 Synopsis 

Lara, 15 ans, rêve de devenir danseuse étoile.

Avec le soutien de son père, elle se lance à corps perdu dans cette quête d'absolu.
Mais ce corps ne se plie pas si facilement à la discipline que lui impose Lara, car celle-ci est née garçon.


 Anecdotes 

Lukas Dhont (scénariste, réalisateur)

Lukas Dhont est né à Gand, Belgique, où il fait des études en Arts Audiovisuels. Ses courts métrages CORPS PERDU et L'INFINI ont obtenu de nombreuses récompenses. L'INFINI a aussi obtenu une nomination à l'Oscar en 2015.

En 2016, il participe à la Cinéfondation de Cannes avec le scénario de son premier long métrage, GIRL. On y retrouve les sujets de prédilection du réalisateur comme la danse, la transformation et l'identité. Lukas Dhont collabore aussi régulièrement avec le chorégraphe et danseur Jan Martens, avec lequel il a co-signé un spectacle intitulé « The Common People ».
2018 GIRL
2014 L'INFINI (court métrage)
2012 CORPS PERDU (court métrage)
2012 SKIN OF GLASS (court métrage documentaire)

Victor Polster (Lara)
Victor Polster est né à Bruxelles en 2002. Après avoir suivi des cours de théâtre dès son plus jeune âge, il décide de poursuivre un cursus de danseur professionnel en s'inscrivant à l'École Royale de Ballet d'Anvers. Suite à sa participation à un clip du groupe Vegas, Victor reçoit de nombreuses propositions dont des productions de Ballet Vlaanderen, un shooting pour Dior, ainsi que diverses compétitions de danse et des prix.

En 2018, Victor fera ses premiers pas au cinéma dans GIRL de Lukas Dhont, dont il interprète le rôle principal de Lara.


Arieh Worthalter (Mathias)
Après des études à l'INSAS, Arieh Worthalter a immédiatement débuté sur les planches. On a pu le voir notamment dans des mises en scènes de Paul Camus et Claude Schmitz. En 2006, Worthalter a suivi les cours de la New York Film Academy avant de jouer dans BASTILLE DAY de James Watkins, LE PASSÉ DEVANT NOUS de Nathalie Teirlinck, ÉTERNITÉ de Tran Anh Hung et RAZZIA de Nabil Ayouch. On pourra également le voir prochainement aux côtés de Veerle Baetens et Anne Coesens dans DUELLES de Olivier Masset-Depasse. Il a également tourné SYMPATHY FOR THE DEVIL de Guillaume de Fontenay.
Dans GIRL, le premier long métrage de Lukas Dhont, Arieh Worthaler interprète le rôle du père de Lara.



 Quelques mots 

C'est comme ça que GIRL a commencé.
Par la nécessité de parler de notre perception du genre, de ce qui est féminin et ce qui est masculin. Mais surtout pour pouvoir montrer la lutte intérieure d'une jeune héroïne, capable de mettre son corps en danger pour pouvoir devenir la personne qu'elle veut être. Une fille qui doit faire le choix d'être elle-même à seulement 15 ans, quand pour certains ça prend toute la vie.
Lukas Dhont
(scénariste, réalisateur de GIRL)


 Entretien 

Quand j'étais petit mon père voulait que je sois boy-scout.
Il nous emmenait, mon frère et moi, tous les 15 jours jouer avec d'autres enfants dans la boue ou faire du camping.
Tous les deux on détestait ça.
On préférait de loin le théâtre, la danse et le chant, où nous pouvions nous exprimer.
Vous pouvez imaginer la confusion quand on a appris que c'était vu comme des activités, « pour les filles ».
J'étais un garçon, comment pouvais-je aimer ça ?
J'ai donc fini par arrêter tout ça parce que je ne voulais pas qu'on se moque de moi.




 L'avis de la presse 

Première - Thomas Baurez
Portrait d'une ado transgenre, Girl, le premier long métrage de Lukas Dhont, un film bouleversant.
Lara a 15 ans, de beaux cheveux blonds et des yeux bleus pénétrants. Elle aspire à devenir danseuse et se bat pour être à la hauteur et faire virevolter un corps dont on sent bien vite qu'il souffre. À partir d'un tel sujet, le film pourrait glisser tranquillement sur les rails d'un récit adolescent comme il en existe des kyrielles. Sauf que le corps même du film semble, lui aussi, résister. La caméra colle l'héroïne de près, accompagne ses gestes et forcément dévoile un détail qui n'en est pas un. Lara a le corps d'un garçon et elle entend bien corriger cela. Avant que les hormones n'agissent, il faut faire avec et mettre du sparadrap pour cacher ce sexe d'homme qui ne lui correspond pas. Mais Girl n'est pas non plus le récit d'une jeune fille différente bientôt brimée par la communauté. Au contraire, le monde qui entoure Lara (père, petit frère, copines de classe, médecins...) a non seulement accepté cette « différence » mais fait avec.
Certains soutiennent, d'autres restent à distance. Ce qui importe au cinéaste flamand Lukas Dhont, dont c'est le premier long métrage à seulement 25 ans, ce n'est pas tant de savoir ce qu'en pensent les autres que la façon dont Lara vit sa lente métamorphose, sa réappropriation physique. Le spectateur regarde cette jeune femme courageuse qui intériorise tout jusqu'à perdre haleine. Girl est un film fort et puissant porté par un jeune acteur (Victor Polster) d'une force et d'une présence inouïes. Ce qu'on appelle un choc


Libération - Ève Beauvallet
Récit de la transition d'une ado dans l'univers codé de la danse classique, le premier film du jeune Belge Lukas Dhont, Caméra d'or à Cannes, échappe au mélo plaintif. Mais pas aux habituelles mortifications du corps.

Est-il enfin possible d'inventer un héros trans sans que le film se focalise sur la douleur ? En 2018, c'est-à dire pas en 1968 à l'époque où toute transition de genre était un chemin de croix inouï, est-il possible et souhaitable d'écrire sur la transition de genre ou de sexe de manière dépolitisée ?

Parce qu'il répond d'abord par l'affirmative, parce qu'il ambitionne de prendre un virage, celui qui nous mènera dans un XXIe siècle où l'enjeu ultime des fictions ne serait plus de lutter contre la transphobie, parce qu'il semble en premier lieu militer pour le droit des trans à jouir de multiples genres narratifs (et plus seulement celui du mélo poignant et souffreteux) le premier long métrage du jeune cinéaste belge Lukas Dhont, 27 ans, a subjugué les spectateurs du Festival de Cannes, au point de repartir avec la Queer Palm, la Caméra d'or et le prix d'interprétation «Un certain regard» pour le jeune et magnifique acteur/danseur Victor Polster (lire ci-dessous). Et en effet, Girl prend illico ses distances avec les attendus du drame social misérabiliste. Il se déploie comme un portrait introspectif distingué, cadré serré sur «Lara», née «Victor», une adolescente de 15 ans qui rêve non seulement d'être une fille, mais aussi un certain type de fille.

Décontraction

Elle condense dans ses traits botticelliens, dans la réserve émotionnelle de ses paroles, dans l'élégante introversion de ses regards, une idée de la féminité telle qu'on la valorisait dans la comtesse de Ségur ou la campagne Vuitton pour son parfum «Attrape-Rêves». Ainsi, elle épouse parfaitement la principale qualité du métier auquel elle se destine : intuitivement gracieuse, elle sera une grande danseuse classique. Tout, autour d'elle, semble l'accompagner dans ce projet, de la manière la plus molletonnée qui soit. En dépit de la violence de certaines camarades - laquelle n'est pas niée mais reste en second plan - Lara est presque une enfant gâtée sur le chemin de la transition de genre : un père exemplaire en tout point, enveloppant sans surjouer la décontraction (interprété par l'excellent Arieh Worthalter), une prestigieuse école de danse qui accepte de la former dans la classe des filles et non celle des garçons, un corps médical dénué de tout jugement moral ou de tentative d'infantilisation. En somme, un entourage tout à fait convaincu, contrairement à elle-même, que Lara est déjà bien une jeune fille, même si son opération n'a pas encore eu lieu.

Cette façon d'évacuer la violence extérieure des plans centraux, en multipliant les contre-pieds, fait naître un espoir un peu fou. Celui de voir la caméra se concentrer sur autre chose, débarrassée qu'elle est du souci de dénoncer, de compatir et de militer. Par exemple, se concentrer sur tout ce qui, dans la métamorphose, n'est pas médical et tient de l'artisanat, sur la mystérieuse fabrication du féminin et du masculin, sur les manières d'incorporer d'autres gestes et de se voir les acquérir. Sur ce terrain, Lukas Dhont a choisi l'environnement parfait. Le milieu de la danse classique, en effet, parle de lui-même, non seulement de la manière de «genrer» les mouvements, mais aussi des façons de plier ses membres à un idéal de beauté, de transformer un corps naturel en un corps artificiel.

Zigouillage

Aussi, le réalisateur n'a pas non plus choisi n'importe quelle tranche d'âge. Si bien que Girl est l'histoire d'une triple transition : celle qui transformera tout à fait Lara en fille, celle de l'adolescence, et celle de l'apprentissage de la danse. Trinité rêvée : même pas besoin d'en faire des tonnes sur la première transition, les deux autres en parlent déjà de manière métaphorique ! Oui mais en fait non. C'est du moins la très belle piste que prend la première partie du film, lorsqu'on suit les épaules un peu trop carrées de Lara chercher leur place dans l'unisson des danseuses, par exemple. Durant ce laps de temps, franchement brillant, seule une petite overdose de bon goût (une perfection un peu fayotte, bien peignée à coup de lumières saumonées, de blondeur évanescente, et de découpage irréprochable, patient, pas bavard) nous empêche de crier tout à fait au génie.

Disons qu'on s'est souvent ému, aussi parce que les relations père/fille sont admirablement mises en scène, jusqu'à ce que le film renonce finalement à son projet. Mais peut-être l'avions-nous mal compris ? Lara a tout pour vivre sa transition de la moins pénible des manières et pourtant elle souffre le martyre. Soit. Mais elle souffre jusqu'à ce que le mal-être s'installe finalement, donc inéluctablement, comme sujet central du film pour nous servir alors les incontournables scènes de mortification des chairs, de zigouillage de bite à coup de ciseaux, le tout magnifié par le philtre rose poudré instagrammisant de la photo. Lukas Dhont est suffisamment raffiné pour ne pas sombrer dans le dolorisme, mais son beau film aboutit tout de même au constat suivant : que la punition ne vienne pas des autres, mais de soi-même, c'est toujours elle dont il est question.


Télérama - Louis Guichard
Une jeune trans rêve de devenir danseuse étoile. Un premier film saisissant et maîtrisé.

Sujet à la fois dans l'air du temps et mal connu, voire incompris : l'héroïne de Girl est transgenre. Si plusieurs films et séries ont abordé la question depuis quelques années, il y a autant de fictions possibles qu'il y de personnages trans.
Lara est d'emblée singulière par son extrême jeunesse (15 ans), sa beauté angélique et son rêve de devenir danseuse étoile.
Mais aussi par son impatience, sa détermination, la discipline qu'elle impose à son corps. Et par le soutien sans faille de sa famille monoparentale : son père se conduit en véritable ange gardien. Il fait tout pour que son enfant, née garçon, devienne effectivement, un jour, la jeune fille qu'elle se sait être.

Lukas Dhont, réalisateur flamand de 27 ans, s'inspire d'une jeune ballerine à laquelle il voulait consacrer un documentaire, mais qui a préféré se raconter sans se laisser filmer. Tous les détails de cette vie-là alimentent donc le portrait de Lara, entre la chambre, lieu du face-à-face avec le miroir, la cuisine, espace des discussions familiales, et l'école de danse bruxelloise. Il y a aussi le cabinet médical, où se décident les traitements hormonaux et où l'on discute d'une éventuelle intervention chirurgicale, mais plus tard, insiste le médecin, beaucoup plus tard...

Derrière la chronique harmonieuse (pas de conflit majeur), réaliste, tout un écheveau d'inquiétudes et de souffrances affleure subtilement, au détour d'un plan. Et le plus douloureux n'est peut-être pas la cruauté incidente des condisciples de Lara, désireuses de voir son sexe de garçon caché sous du ruban adhésif. Mais plutôt la prison d'un corps subi, violemment combattu, et dont la métamorphose semble toujours différée. La maîtrise étonnante du cinéaste débutant (Caméra d'or à Cannes) ne tolère aucune scène trop longue, aucun dialogue trop explicite. D'où beaucoup de questions laissées en suspens, qui font, aussi, la beauté du film. Qu'en est-il de la mère ? Quel rôle cette absence joue-t-elle dans la trajectoire de sa fille ? Et si Lara se blesse autant à l'entraînement, la formation à la danse n'est-elle pas un substitut de la transformation tant espérée ?

Girl défend une vision très physique de l'identité sexuelle — qui n'est pas celle de tous les trans. Pour Lara l'impérieuse, tout passe par l'école de la chair. Voilà pourquoi la performance exceptionnelle de Victor Polster, danseur qui a l'âge du rôle, est si décisive. Tout le temps à l'image, aussi exposé que laconique, il offre son corps au film. Mais aussi un visage qui a tout d'une page blanche. Lara tente de faire bonne figure, en famille comme à l'extérieur. Pourtant, par ses silences, elle demeure opaque, mystérieuse, un peu comme ces héroïnes de Luis Buñuel qui fascinent, d'abord, par leur réserve et se révèlent, finalement, capables de tout.


La Croix - Céline Rouden
Le cinéaste belge Lukas Dhont réalise un film intelligent et délicat sur le combat que mène une adolescente née garçon pour devenir danseuse étoile.

Ce fut la révélation du dernier Festival de Cannes. À peine âgé de 27 ans, le cinéaste belge Lukas Dhont, trop vite étiqueté comme le nouveau Xavier Dolan, a fait sensation sur la Croisette avec un premier film très réussi, couronné par la Caméra d'or.Le sujet est dans l'air du temps puisqu'il aborde la question du genre à travers le portrait d'une adolescente de 15 ans, Lara, qui rêve de devenir une danseuse étoile mais doit se battre contre son corps, puisqu'elle est née garçon


Studio magazine - Pierre Vavasseur
Tordant le cou aux idées reçues, le scénario de Lukas Dhont interpelle par son étonnante maturité. Brillamment mis en scène, le film n'est pas qu'une histoire sur un personnage transgenre. C'est une étude sur cette période de confusion -l'adolescence- que le cinéaste regarde en anthropologue, avec une précision presque scientifique.

Le Parisien - Pierre Vavasseur
Lara, adolescente, est née garçon, tout en se sentant toujours fille. En Belgique, où elle vit, elle avance, avec l'aide de médecins et le soutien indéfectible d'un père aimant, dans sa transformation. Sauf que Lara veut aussi devenir danseuse étoile : son corps va petit à petit lui donner des signes d'une impossibilité à devenir femme et danseuse à la fois. Voilà Lara confrontée à un choix cornélien entre son identité en formation et sa passion...

« Girl », s'il ne fait pas l'impasse sur les souffrances que va endurer sa jeune héroïne, met brillamment en lumière les préoccupations majeures des adolescents : l'identité sexuelle, l'identité tout court, la passion, la relation complexe au corps. Le film, tout public, n'est pas particulièrement destiné à une niche LGBT, bien au contraire. Fine, émouvante, intelligente, cette pépite a été récompensée à Cannes par la Caméra d'Or et le premier Prix d'interprétation « non genré » de l'histoire du festival saluant la magnifique incarnation de Lara par le jeune danseur-comédien Victor Polster.




Association IRIS – Saison 2018-2019
www.cine-iris.com - contact@cine-iris.com
Programmation et animation des films du jeudi soir (projections en V.O)
Festival 'Faites des courts'- ciné goûter/pizza pour les enfants
Un projet « Autour de l'animation » - Partenariat avec d'autres associations
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