CAPHARNAUM

  mercredi 21 Novembre   
08 H 15


Caméra d'Or Festival de Cannes - Prix d'interprétation Un Certain Regard

Réalisation : Nadine Labaki
Scénario : Jihad Hojeily,Michelle Kesrouani
Montage : Konstantin Bock,Laure Gardette
Mixage : Emmanuel Crozet,Matthieu Tertois
Costumes : Zeina Saab Demelero
Image : Christopher Aoun
Son : Chadi Roukoz
Musique originale : Khaled Mouzanar
Coproduction : KNM Films,BOO Films
Production exécutive : Pierre Sarraf,Marianne Katra
Une production : Mooz Films
Avec la participation de : Khaled Mouzanar
Directeur artistique : Hussein Baydoun
Casting : Jennifer Haddad
En collaboration de: : Georges Khabbaz
Assistanat à la projection : Toufic Khreich
Distribution : Gaumont Distribution

Site officiel


 Avec 

» Zain al raffea - Zain» Yordanos Shiferaw - Rahil» Boluwatife Treasure Bankole - Yonas
» Kawthar Al Haddad - Souad» Fadi Kamel Youssef - Selim» Cedra Izam - Sahar
» Alaa Chouchnieh - Aspro» Nadine Labaki - Nadine


 Synopsis 

À l'intérieur d'un tribunal, ZAIN, un garçon de 12 ans, est présenté devant LE JUGE.

LE JUGE : « Pourquoi attaquez-vous vos parents en justice ? ».
ZAIN : « Pour m'avoir donné la vie »


 Anecdotes 

Biographie de Nadine Labaki

(2014) Rio, I Love You Segment “O Milagre”
(2011) Et maintenant on va où ?
(2007) Caramel

Nadine est née au Liban, grandit pendant la guerre civile et obtient son diplôme d'études en Audiovisuel en 1997, à l'université de Saint-Joseph à Beyrouth. Une fois diplômée, elle se tourne immédiatement vers la promotion télévisée et réalise des clips vidéo pour des artistes populaires de la région, pour lesquels elle récolte plusieurs récompenses.
En 2005, Nadine participe à la Résidence du Festival de Cannes pour écrire Caramel, son premier long-métrage tourné au Liban. Elle réalise et interprète un rôle majeur dans ce film qui fut projeté à la Quinzaine des réalisateurs en 2007 et qui a remporté le Prix du Jury des jeunes et le Prix du Public au Festival de San Sebastián. Caramel est sorti en salles dans plus de 60 pays.
En 2008, elle reçoit l'Insigne de Chevalier de l'Ordre des Arts et des Lettres par le Ministre Français de la Culture.
Le second film de Nadine, Et maintenant on va où ? (Where Do We Go Now ?) qu'elle a écrit, réalisé et interprété, a aussi été projeté à Cannes en 2011 dans la catégorie « Un Certain Regard ». Le film a remporté le Prix Spécial du Jury oecuménique. Il a ensuite remporté le Prix du Public Cadillac au Festival International du film de Toronto et le Prix du public au Festival de San Sebastián, avant d'être projeté à Sundance en 2012. Et maintenant on va où ? a été nominé pour le prix du meilleur film étranger par la « Los Angeles Film Critics Association Awards » et est le film arabe le plus rentable au Liban à ce jour.
En 2014, Nadine a réalisé Rio, I Love You, l'un des segments du film d'anthologie Cities of Love qu'elle a co-écrit et interprété, en face de Harvey Keitel.
En tant que comédienne, elle a joué dans Mea Culpa de Fred Cavayé, La Rançon de La Gloire de Xavier Beauvois, Stray Bullet pour le réalisateur libanais Georges Hachem et Rock the Casbah de la réalisatrice marocaine Laïla Marrakchi.


 Quelques mots 

ZAIN AL RAFEEA Dans le rôle de Zain

Daraa en Syrie, c'est le deuxième fils de ses parents Ali Al Rafeea et Nour Al Hoda Al Saleh. Zain a été privé de son droit à l'éducation depuis les conflits de Daraa en 2012. Cette même année, alors que la situation devenait insoutenable pour les parents et leurs quatre enfants (l'aîné a 8 ans à l'époque), la famille a déménagé au Liban.

À Beyrouth, Zain ne s'adapte pas au système éducatif et reçoit une éducation plutôt irrégulière à la maison. Depuis l'âge de 10 ans, il cumule les petits emplois comme livreur de supermarché. Sa vraie passion est l'élevage de pigeons et il rêve d'ouvrir un jour un magasin de pigeons.

En 2016, il est repéré par la directrice de casting parmi d'autres enfants de son quartier à Beyrouth, immédiatement séduit par son caractère complexe : ce mélange d'humour et de charisme déchirant, faisant de lui « la perle rare » que cherchait Nadine Labaki.

YORDANOS SHIFERAW Dans le rôle de Rahil

Elle est née entre la fin des années 80 et le début des années 90 à Asmara, la capitale d'Érythrée. Enfant, elle se retrouve seule dans un camp de réfugiés à Debre Zeyit en Éthiopie alors que sa mère décède. Elle vit brièvement avec son père avant que ce dernier ne meure d'une ancienne blessure de guerre.

Pendant les années qui suivent, elle est séparée de ses 4 soeurs et constamment déplacée de camp en camp. Elle ne reçoit aucune éducation et se voit donc forcée à devenir adulte prématurément, elle travaille en tant que cireuse de chaussures et contrôle les tickets de stationnement de parking tout en étant sans domicile fixe.

À l'âge de 20 ans environ, elle retrouve deux de ses soeurs qui travaillent comme aides domestiques à Beyrouth.
Elle devient femme de chambre également, jusqu'à ce qu'elle fuie son employeur et continue alors à vivre et travailler illégalement dans le pays.

En 2016, elle rencontre la directrice de casting de Capharnaüm et lui raconte sa lutte et l'espoir qui l'anime : pouvoir offrir aux enfants orphelins un avenir meilleur.

Comme son personnage dans le film, Yordanos est sans-papiers et se fait arrêter pendant le tournage. Elle est emprisonnée puis relâchée ensuite, grâce à l'aide de Nadine Labaki.

BOLUWATIFE TREASURE BANKOLE Dans le rôle de Yonas

Au Liban en 2014, le père de Treasure, Oluyemi Damilola Bankole, né au Niger (Ikeji-Arakeji), rencontre Rosemary Karanjo, née au Kenya (Komarock). Treasure est née le 21 Novembre 2015, à l'hôpital d'Abou Jaoude, à Jall Ed Dib, au Mount-Liban.
Ses deux parents travaillent au Liban comme agents d'entretien, mais son père a fini par devenir DJ pour la scène underground africaine tandis que sa mère restait à la maison pour s'occuper de leur fille. La famille a déménagé constamment, fuyant le racisme qu'ils ont rencontré partout.
En 2015, ils s'installent à Nabba, à Beyrouth, et c'est là-bas que Treasure est repérée par l'équipe de casting, un an plus tard.

À la fin de cette même année, alors que Capharnaüm était encore en tournage, les parents de Treasure ont été arrêtés. L'équipe de tournage s'est battue, se rapprochant de la sécurité publique pour les libérer et leur permettre de quitter le pays en toute sécurité.

La famille a finalement été expulsée le 6 mars 2018.

Treasure et sa mère sont retournées au Kenya, et restent séparées du père qui est, quant à lui retourné au Nigéria. Ils vivent aujourd'hui dans l'espoir d'être un jour réunis lorsque les circonstances le permettront.

KAWTHARAL HADDAD Dans le rôle de Souad

Née en 1973 à Wadi Khaled à Tripoli, au
Liban, elle déménage avec ses parents et ses six frères et soeurs au Koweït, où son père décède en 1975.
La famille revient à Beyrouth en 1990 lors de l'invasion du Koweït. Kawthar détient des papiers d'identité de deuxième classe et est traitée donc comme une citoyenne de deuxième ordre.
La vraie passion de Kawthar était d'étudier dans l'espoir de devenir médecin.
Malheureusement, elle quitte l'école afin d'aider sa mère à la maison.

En 1999, elle se marie avec Yasser Issa, qui ne possède pas non plus l'entièreté de ses papiers d'identité. Depuis, Kawthar lutte pour déclarer légalement ses deux fils Hussein et Mohamad afin de leur garantir l'accès à l'éducation, le système de santé, et l'immunisation. Kawthar a travaillé comme aide domestique et a exercé divers autres emplois peu rémunérés pour subvenir aux besoins de sa famille. En 2016, la directrice de casting de Capharnaüm la repère alors qu'elle était en train de s'occuper des orphelins de son frère à Wata el Msaytbeh à Beyrouth.

FADI KAMEL YOUSEF Dans le rôle de Selim

Il est né le 21 mars 1971 à Tareeq El Jdide, à Beyrouth au Liban.
Le divorce de ses parents le laisse marqué et désorienté pendant son adolescence. Il quitte l'école d'Al Makassed en CM2.
En 1994, il se blesse à la jambe lors d'un accident en motocyclette et tente de se suicider après avoir reçu la facture de l'hôpital, qu'il ne pourrait jamais payer.
Depuis l'âge de 11 ans, Fadi a cumulé les emplois, comme chauffeur de taxi pendant 12 ans. Il ouvre ensuite son propre café à Tareeq El Jdide où il habite.
« Je suis un ambassadeur des pauvres. Souvent je dormais sur les toits et les rochers à Ramlet El Bayda » se souvient Fadi lors de son entretien de casting.
Pendant la guerre de 2006, Fadi se marie avec Hayat. En 2014 ils ont leur premier enfant, Habiba.
Pendant l'été 2017, à la fin du tournage, Fadi décide de changer son mode de vie et rentre alors au centre de désintoxication Oum El Nour.

HAITA(AKA CEDRA) IZAM Dans le rôle de Sahar

Née aux alentours de l'année 2004, selon les souvenirs de son père, dans le quartier d'Al-Ashrafia à Alep en Syrie, elle s'installe au Liban en 2012, à Ouzai Beyrouth avec ses parents et ses 4 frères et soeurs.
En 2014, sa soeur aînée Sossi se noie dans la mer. En 2016, sa mère donne naissance à une petite fille, que les parents nomment à nouveau Sossi.
Cedra, qui allait à l'école en Syrie, trouve un nouveau destin à Beyrouth. En 2014, son père, immigrant illégal dans le pays, lui demande de l'aide pour subvenir aux besoins de la famille. Elle devient marchande de chewing-gum dans les rues de Beyrouth.
En 2016, elle est repérée par la directrice de casting.

ALAA CHOUCHNIEH Dans le rôle d'Aspro

Né le 17 septembre 1979 à Abou Dhabi aux Émirats Arabes Unis, il grandit au Yémen jusqu'à ce qu'il déménage à Beyrouth durant la guerre yéménite de 1990. Il a la double nationalité palestinienne et libanaise.
Au Liban, il fréquente l'école de l'OSTNU (UNRWA) jusqu'à ce que ses parents l'en retirent au CM1 à cause de leur situation
économique limitée.
Il travaillait pour la sécurité au sein d'un parti politique, avant d'être trahi par ses commandants, arrêté et emprisonné pendant 5 ans.
« J'ai plus de mandats d'arrestations qu'un arbre n'a de feuilles » dit-il à la directrice de casting pour le tournage de Capharnaüm quand ils se rencontrent en 2016.
En 2018, Alaa ouvre un kiosque de nourriture et boissons à Ard Jalloul dans Beyrouth au Liban.


 Entretien 

ENTRETIEN AVEC NADINE LABAKI – Réalisatrice

Pourquoi avoir choisi d'appeler votre film « Capharnaüm » ?

Ce titre s'est imposé sans que je ne m'en rende compte.
Lorsque j'ai commencé à réfléchir au film, mon mari Khaled m'a proposé d'inscrire sur un tableau blanc posé au milieu de notre salon tous les thèmes dont je voulais parler, mes obsessions du moment – car c'est ainsi que je procède -, les idées sur lesquelles je souhaitais plancher.
En prenant un peu de recul par rapport à ce tableau, je lui ai dit : en fait, tous ces sujets forment un tel
capharnaüm ! Ce film sera (un) capharnaüm.

Quels étaient justement, au départ, les thèmes notés sur ce tableau ?

Je ressens toujours un besoin, à travers mes films, de m'interroger sur le système préétabli, son incohérence, et même d'imaginer des systèmes alternatifs.
Au départ de Capharnaüm, il y a eu tous ces thèmes : les immigrés clandestins, l'enfance maltraitée, les travailleurs immigrés, la notion de frontières, leur absurdité, la nécessité d'avoir un papier pour prouver notre existence, laquelle serait invalide le cas échéant, le racisme, la peur de l'autre, l'impassibilité de la convention des droits des enfants...

Vous avez toutefois choisi d'axer le film sur le thème de l'enfance...

L'idée de construire Capharnaüm autour de la question de l'enfance maltraitée est née parallèlement à ce travail de brainstorming, à la suite d'un moment bouleversant, surtout de par sa coïncidence avec la réflexion que j'avais entamée.
En rentrant d'une soirée, il devait être 1h du matin, je m'arrête au feu rouge et je vois là, sous ma fenêtre, un enfant assoupi dans les bras de sa mère qui mendiait à même le bitume. Le plus frappant, c'est que ce petit qui avait 2 ans ne pleurait pas, il ne demandait rien et ne semblait rien vouloir d'autre que dormir. Cette image de ses yeux qui se fermaient ne m'a plus quittée, si bien qu'en arrivant chez moi, je me suis trouvée prise d'une nécessité : en faire quelque chose. Je me suis mise alors à dessiner le visage d'un enfant qui crie à la face des adultes, comme s'il leur en voulait de lui avoir donné naissance dans un monde qui le prive de tous ses droits.
C'est par la suite que l'idée de Capharnaüm s'est mise à germer, en prenant l'enfance comme point de départ parce que, de toute évidence, c'est cette période qui détermine le reste de la vie.

Quel est donc le sujet de votre film ?

Capharnaüm raconte le périple de Zain, 12 ans, qui décide d'intenter un procès à ses parents pour l'avoir mis au monde alors qu'ils n'étaient pas capables de l'élever convenablement, ne serait-ce qu'en lui donnant de l'amour. Le combat de cet enfant maltraité, dont les parents n'ont pas été à la hauteur de leur rôle, résonne en quelque sorte comme le cri de tous les négligés par notre système, une plainte universelle à travers des yeux candides...

Quel levier d'action représente Capharnaüm et votre cinéma dans l'absolu ?

J'envisage le cinéma d'abord comme une manière d'interroger - et de m'interroger - sur le système actuel, en proposant mon point de vue sur le monde dans lequel j'évolue. Même si à travers mes films, Capharnaüm en particulier, je dépeins une réalité crue et dérangeante, je suis profondément idéaliste dans la mesure où je crois au pouvoir du cinéma. Je suis convaincue que le cinéma peut sinon changer les choses, au moins ouvrir un débat ou inviter à la réflexion.
Avec Capharnaüm, au lieu d'aller déplorer le sort de cet enfant croisé dans la rue et de me sentir davantage impuissante, j'ai préféré employer mon métier comme une arme en espérant réussir à avoir un impact sur la vie de cet enfant, ne serait-ce qu'en invitant les gens à une prise de conscience.
Au déclenchement, il y a eu ce besoin de braquer des projecteurs presque crus sur l'envers du décor de Beyrouth, et de toutes les grandes villes, de s'infiltrer dans le quotidien de ceux dont la misère est presque comme une fatalité dont ils ne peuvent se défaire.

Tous les acteurs sont des gens dont la vie réelle ressemble à celle du film, pourquoi ce choix ?

Oui, la vraie vie de Zain est similaire (à quelques détails près) à celle de son personnage, pareil pour Rahil qui était sans papiers. Pour le personnage de la maman de Zain, je me suis inspirée d'une femme que j'ai rencontrée, qui a 16 enfants qui vivent dans les mêmes conditions que celles de Capharnaüm. Six de ses enfants sont décédés et d'autres sont dans des orphelinats à défaut de pouvoir s'en occuper. Celle qui joue le rôle de Kawthar a, elle, réellement nourri ses enfants au sucre et aux glaçons.
À ce casting où, même le juge est un juge, j'étais la seule « fausse-note » au milieu des acteurs. C'est la raison pour laquelle mon intervention en tant qu'actrice, au coeur de la vérité des autres, a été minime. Le terme « jouer » m'a toujours posé problème, et précisément dans le cas de Capharnaüm où le propos requiert une sincérité absolue.
Je devais ça à tous ceux pour qui ce film servira d'étendard pour leur cause. Il fallait donc absolument que les acteurs soient des gens qui connaissent les conditions dont il est question, afin d'avoir une légitimité quant à parler de leur cause.
De toute façon, il aurait été impossible, à mon avis, que des acteurs incarnent ces gens aux bagages si pesants, qui vivent un enfer. En fait, j'ai voulu que le film rentre dans la peau de mes personnages plutôt que l'inverse.
Le casting sauvage s'est imposé, dans la rue, et comme par magie, car je suis convaincue qu'une force veillait sur ce film, tout s'est mis en place. À mesure que j'écrivais mes personnages sur papier, ils surgissaient dans la rue et la directrice de casting les retrouvait. Ensuite, je n'ai eu qu'à leur demander d'être eux-mêmes car leur vérité suffisait, et que j'étais fascinée, quasiment amoureuse de qui ils sont, de la manière dont ils parlent, réagissent, bougent. Je suis heureuse car c'était aussi et surtout une manière de leur offrir ce film comme champ d'expression, un espace où eux-mêmes ont exposé leurs souffrances.

Par-delà la plainte de Zain qui constitue l'élément moteur du récit, Capharnaüm retrace le voyage initiatique d'un garçon sans papiers...

Zain n'a pas de papiers, il n'existe donc pas, au sens légal du terme. Son cas est symptomatique d'un problème qui se pose à travers le film, celui de la légitimité d'un être humain. J'ai été confrontée, au cours de mes recherches, à tellement de situations similaires où des enfants naissent sans papiers d'identité, parce que les parents n'ont pas les moyens d'inscrire leur naissance, et qui finissent par être des invisibles aux yeux de la loi et de la société.
À partir du moment où ils n'ont pas leurs papiers, grand nombre de ces enfants finissent par mourir, souvent pour cause de négligence, malnutrition ou simplement parce qu'ils n'ont pas accès aux hôpitaux.
Ils meurent sans que personne ne s'en rende compte car ils sont inexistants. Ils le disent tous, unanimement, et mes recherches sont là pour l'appuyer, qu'ils ne sont pas heureux d'être nés.

Vous veniez d'accoucher de votre deuxième enfant au moment du tournage...

La naissance de ma fille Mayroon, dont l'âge est proche de celui de Yonas, mes montées de lait qui coïncidaient avec celles de Rahil dans le film, cette expérience double, vécue sur le tournage et dans ma vie privée entre lesquelles je devais jongler a certainement exacerbé tout mon rapport avec ce film et cette aventure bouleversante.
Même si je rentrais chez moi entre deux prises pour allaiter ma fille, même si je ne dormais pratiquement pas, une force inexplicable m'a habitée tout au long du tournage... C'était incroyable.

Rahil est éthiopienne, est-ce un choix délibéré ?

Inconsciemment je voulais faire de cette femme de couleur une héroïne de ce film. Au Liban, tant de filles comme Rahil quittent leur famille d'origine, leurs propres enfants, pour venir travailler chez des familles où elles deviennent des femmes invisibles qui sont contraintes à se soustraire à leurs émotions, au droit d'aimer. Souvent, elles sont victimes de propos racistes ou maltraitées par leurs patrons qui ne les considèrent pas comme le reste de leurs employés pour la simple raison qu'elles sont des femmes de couleur., Elles n'ont pas le droit d'aimer et donc d'avoir des enfants...

Là encore, la scène chez le notaire (où Harout doit faire semblant de se séparer de Rahil au profit d'une employée philippine car celle-ci apporte plus de « prestige » à la famille) matérialise l'incongruité d'un système qui fait que ces femmes sont non seulement regardées comme un bien mais catégorisées. J'avais donc le désir de les célébrer comme elles le méritent.

Quelles similitudes y a t-il eu entre le film et la réalité ?

Un tas de résonnances ont rendu toute cette aventure magique. D'abord avec Rahil, qui, au lendemain du tournage de la scène d'arrestation dans le cybercafé, se fait réellement arrêter puisqu'elle ne possède pas de papiers légaux. On avait du mal à y croire. Lorsqu'elle se met à pleurer au moment de son emprisonnement dans le film, ses larmes ne sont pas feintes, pour avoir réellement expérimenté ce moment.
Même sort pour Yonas dont les vrais parents se sont fait arrêter en plein tournage. La petite qui l'incarne (Treasure de son vrai nom, une petite fille) a dû vivre pendant trois semaines chez la directrice de casting.
Tous ces moments, où la fiction et la réalité se télescopaient, ont sans aucun doute contribué à la sincérité du film.

La question des migrants est également posée dans le film. Cela était important ?

Dans le film, ce sujet est abordé par le biais du personnage de Mayssoun. Il était important pour moi de parler de cela à travers le filtre des enfants qui, d'une certaine manière, fantasment ces voyages dont ils ne connaissent rien. Ces enfants qu'on catapulte, contre leur gré, dans une vie d'adulte, dure et impitoyable.

Considérez-vous ce film comme un documentaire ?

Capharnaüm est une fiction dont tous les éléments sont des choses que j'ai vues et vécues au cours de mes recherches sur le terrain. Rien n'y est fantasmé ou imaginé, au contraire, tout ce qu'on y voit est le fruit de mes visites dans des quartiers défavorisés, des centres de détention et des prisons pour mineurs, où je me rendais seule, dissimulée sous ma casquette et mes lunettes. Ce film a nécessité 3 années de recherches car il fallait que je maîtrise mon sujet, que je l'observe à l'oeil nu, à défaut de l'avoir vécu. J'ai compris, en même temps que je m'attaquais à une cause si complexe et sensible à la fois, qui me touche autant qu'elle m'était étrangère, qu'il fallait que j'aille me fondre dans la réalité de ces êtres humains, de m'imbiber de leurs histoires, leur colère, leur frustration afin de la relayer au mieux dans le film. Il fallait que je commence à croire en mon histoire avant de la raconter. Ensuite, le tournage s'est fait dans des quartiers défavorisés, entre des murs qui ont témoigné de drames identiques, avec une intervention minimale sur le décor, et des acteurs à qui il a été simplement demandé d'être eux-mêmes. Leur vécu a été dirigé de manière à servir la fonction. C'est aussi la raison pour laquelle le tournage a duré 6 mois avec plus de 520 heures de rushes au compteur.

Par contre, l'idée qu'un enfant puisse intenter un procès à ses parents ne semble pas réelle...

La plainte de Zain contre ses parents représente un geste symbolique au nom de tous les enfants qui, n'ayant pas choisi de naître, devraient pouvoir réclamer à leurs parents un minimum de droits, au moins celui de l'amour. J'ai tout de même tenu à ce que le procès soit crédible, à travers l'intervention des télés et des médias qui permettent à Zain d'arriver à ce tribunal.
C'est dans ce tribunal que tous les personnages du film se retrouvent.

L'idée de ce tribunal a été nécessaire pour donner une légitimité au plaidoyer de toute une communauté de gens. Cette audience permet à leur voix, opprimée et ignorée, de se faire enfin entendre. D'ailleurs, lorsque Souad, la mère de Zain, se défend face au juge, je lui ai demandé de le faire comme si elle devait défendre sa cause, celle de sa vie -réelle- face à une avocate. Elle s'est exprimée en tant que Kawthar, sortant tout ce qui lui a été interdit de dire tout au long de sa vie. Le tribunal est là aussi, pour nous mettre face à notre échec et notre incapacité à agir face à la misère dans laquelle le monde bascule.

N'est-ce pas aussi une manière de nous obliger à juger ?

Au contraire. Ce tribunal existe pour nous tirailler entre des points de vues, et donc des opinions différentes. On en veut aux parents, puis on leur pardonne. Cela vient de ma propre expérience.
En rencontrant ces mères qui négligent les droits de leurs enfants, je me suis vue en train de les juger. Puis, en les écoutant raconter l'enfer dans lequel elles sont, les maladresses et l'ignorance qui les incitent à commettre parfois des injustices énormes envers la chair de leur chair, j'ai reçu une claque. L'idée est qu'on se dise, comme je l'ai ressenti, « Comment me suis-je autorisée à haïr ou juger ces gens dont je ne sais rien du vécu, du quotidien ? »

Considérez-vous Capharnaüm comme un film libanais ?

Dans sa production et son cadre, certainement. L'histoire, toutefois, est celle de tous ceux qui n'ont pas accès à leurs droits élémentaires, l'éducation, la santé, l'amour aussi. Ce monde obscur dans lequel les personnages évoluent, est symptomatique d'une époque et en l'occurrence du destin de toutes les autres grandes villes du monde.

On a l'impression que ce film représente un virage dans votre carrière, et s'éloigne des précédents où il flottait une sorte d'optimisme...

Zain réussit tout de même à avoir ses papiers à la fin du film, Rahil renoue avec son fils... À tous les deux, dans la réalité aussi, nous avons légalisé la situation au Liban. Pour une fois, j'ai eu envie que le happy ending ne se limite pas à l'écran et j'espère qu'il se produira dans la réalité à travers le débat que ce film peut ouvrir.
Capharnaüm a permis aux acteurs d'avoir un défouloir, un espace où il leur est permis de crier leurs souffrances et de se faire écouter. Rien que cela, c'est une victoire.

Idéalement, quelles ambitions souhaitez-vous pour Capharnaüm ?

L'ultime rêve serait de pousser les responsables à instaurer un projet de lois qui établiraient les bases d'une véritable structure pour accueillir les enfants maltraités et négligés.
Redonner une certaine sacralité aux enfants qui ne sont, pour un nombre de gens, rien que le fruit d'un besoin sexuel satisfait ou celui de la volonté de Dieu.




ENTRETIEN AVEC KHALED MOUZAMAR Producteur

C'est la première fois que vous produisez un long- métrage avec Nadine ?

Quand j'ai commencé à comprendre la direction vers laquelle Nadine se dirigeait avec Capharnaüm, son obsession de vérité et son désir de pousser le réalisme à son apogée en posant un problème social et humain, j'ai compris qu'une production classique ne fonctionnerait pas dans ce cas. C'est ainsi que je suis intervenu sur la production, dans un souci de liberté totale. L'idée étant de créer un film purement libanais, presque sans contraintes créatives ou de temps, à travers lequel Nadine pourrait s'exprimer comme elle le désire, à la croisée du documentaire et de la fiction. Capharnaüm est aussi la preuve que nous formons une équipe et que nous pouvons tout faire ensemble.

Vous parlez d'une « conception maison », comment l'avez-vous vécue ?

Nos vies privée et professionnelle se sont imbriquées pendant toute cette période, Capharnaüm est presque devenue une épopée familiale, surtout que son thème résonnait avec la naissance de notre fille, peu de temps avant que nous ne commencions le tournage.
Ce film, nous l'avons vécu à deux comme une véritable naissance, avec toutes les étapes que cela suppose : du stade embryonnaire de l'idée jusqu'à l'apparition des images à l'écran, et même à certains moments une certaine forme de «baby blues». Nous sommes charnellement liés à Capharnaüm car nous l'avons entièrement pensé puis fabriqué, librement. Tout a démarré entre notre salon et mon studio, avant qu'on installe un bureau juste en-dessous de chez nous. Les acteurs, dont la vie hors caméra ressemble à celle du film, ont même fait partie de notre quotidien. C'est un film quasiment sauvage, qui sort de nos tripes et où est gravé notre ADN.

Cette production s'est faite de manière hors normes.

À cause de cette extrême liberté que nous nous sommes octroyés, Capharnaüm a été un casse-tête d'organisation à tous les niveaux.
C'est une production qui rompt avec les codes habituels. De la lecture du scénario, à la post-production, la musique et le mixage, tout s'est fait chez nous et par nous.
Le financement, de la même façon, n'a pas été recueilli conventionnellement. Au début, je me suis lancé dans cette aventure presque sans un sou, et autour de moi, personne à part moi n'y croyait vraiment. On me disait que c'était une partie de poker folle.
Les risques étaient colossaux mais j'y croyais profondément. Capharnaüm a été un projet casse-cou, où j'ai traversé des difficultés financières, que je me suis interdit de partager avec Nadine par peur de la fragiliser au moment du tour¬nage, avant que l'argent ne soit injecté, à travers un mon¬tage financier totalement exceptionnel, à la fois grâce au secteur privé et à la Banque Centrale Libanaise.

De quelle manière se manifeste le virage opéré par Nadine (en allant vers un film plus documentaire) au niveau de la musique que vous avez également composée ?

Je me demandais sans cesse quelle musique pourrait bien coller avec tout ce que ces personnages vivent et ont à dire ? Quel son accoler aux odeurs des égouts, à la misère et toute la crudité du propos ? Le parti pris a été donc celui d'une bande-son moins mélodique que ce que je fais d'habitude. L'idée était d'accentuer le côté Mad Max, presque mythologique (en dépit de toute sa réalité) duquel est emprunt le paysage du film que je conçois comme une allégorie du futur de toutes les grandes villes.
Cela s'est fait à travers des mélodies aux choeurs dissonants qui s'enfuient sans qu'on ne puisse les saisir, aussi grâce à l'apport de sonorités électroniques par le biais de synthés.
D'ailleurs, l'un des morceaux, intitulé L'oeil de Dieu, accompagne un plan de cette ville, quasi maudite, qui semble être vouée à cette punition, cette misère sans issue. En fait, je ne voulais surtout pas souligner ou surligner des émotions dont l'intensité se suffit à elle-même, mais au contraire dépouiller les scènes et installer une ambiance gênante pour le spectateur, d'une certaine manière mis face à sa culpabilité d'être là et de n'avoir rien fait. Le propos du film est de bousculer et émouvoir.

Quelques mots à propos de l'aventure vécue en solo et en tandem ?

L'aventure Capharnaüm s'est vécue en deux pans.
D'abord, en solitaire, de part mon rôle de compositeur certainement, et surtout de producteur, sans cesse confronté à des difficultés, majoritairement d'ordre financier.
Ensuite, à deux, il y a certainement le fantasme de ce film puis le combat pour lui donner vie, dans un souci de réalité qui nous a contraints à tout filmer sans pellicule.
Cela nous a permis de capter plus de 520 heures de rushes et autant de moments de vérité qui rapprochent davantage Capharnaüm des histoires qu'il raconte. Même les personnages faisaient partie de notre quotidien et on a dû empoigner leurs problèmes comme si c'était les nôtres, les prendre en charge parfois, faire les papiers de Zain et de Rahil en est un exemple.
Humainement parlant, en plus de la fabuleuse communauté qui s'est créée autour du film, c'était une aventure dont on aura du mal à se remettre.



 L'avis de la presse 

La Croix - Jean-Claude Raspiengeas
« Capharnaüm », au nom de l'enfance maltraitée et invisible

Couronné trois fois au 71e Festival de Cannes, prix du jury, prix du jury œcuménique et prix de la citoyenneté, ce film bouleversant dénonce la tragédie des enfants de la rue à Beyrouth.
Capharnaüm de Nadine LabakiFilm libanais, 2 h 03On ne les voit plus. Ils sont là, devant nous, mais notre regard ne s'arrête pas sur eux. Les enfants des rues sont notre mauvaise conscience. On préfère ne pas imaginer leur vie réelle, ce qui les a amenés à s'échouer ainsi, chiens perdus sans collier, dans les recoins obscurs des cités, ni connaître la somme de drames qui les écrase. Une nuit, rentrant d'une soirée, l'actrice et cinéaste libanaise Nadine Labaki les apercevant dans son champ de vision a eu soudain conscience d'une réalité envahissante qu'elle avait évacuée. Rentrée chez elle, cette pensée ne l'a plus quittée. « J'ai eu envie d'aller voir, de comprendre, de changer les choses »

Par une mise en scène au plus près de ses acteurs qui jouent leur propre rôle, la réalisatrice libanaise Nadine Labaki signe l'une des plus belles œuvres sur l'enfance mal aimée.


L'Express - Christophe Carrière
prenant, haletant même, un poil surligné par la musique, mais cela reste du cinéma fort, concernant et romanesque.

Le Parisien - La Rédaction
«Capharnaüm» : réaliste
Il manie le surin comme un caïd, parle comme un charretier, en veut à la terre entière et particulièrement à ses parents. Zaïn, 8 ans, allaité aux turpitudes d'une condition humaine en lambeaux, une cour des miracles à ciel ouvert dans les bidonvilles de Beyrouth, se retrouve condamné à 5 ans de prison pour meurtre. Dans son box, il passe de la défense à l'attaque et annonce qu'il envisage de faire un procès à ses parents, par ailleurs maltraitants, pour l'avoir mis au monde.
Prix du Jury au festival de Cannes, le film de Nadine Labaki (« Caramel »), avec des acteurs choisis dans la rue, y compris ces enfants non reconnus qui ne connaissent même pas leur âge, erre caméra à l'épaule, dans ce capharnaüm sans cesse recommencé. Choquée par cette plongée en apnée dans l'insupportable vérité, une grosse partie de la critique a cherché la petite bête à la réalisatrice en lui reprochant quelques coquetteries esthétiques qu'elle a gommées dans une version resserrée de 10 minutes.


Télérama - Guillemette Odicino
Plongée dans l'extrême pauvreté d'enfants des rues au Liban. Bouleversant pour les uns, misérabiliste pour les autres.
C'est l'histoire d'un enfant qui regrette d'être venu au monde, puisque le sien n'est que violence et misère. Ce gosse en veut tellement à ses parents de l'avoir fait naître dans ce chaos qu'il les ¬atta¬que en justice. Dans les scènes du procès, la réalisatrice Nadine Labaki (Et main¬tenant on va où ?, 2011) incarne elle-même le rôle de l'avocate. Ce faisant, elle annonce son ambition :

Capharnaüm sera une vibrante plaidoirie pour l'enfance laissée-pour-compte, et tous les coups — précision documentaire ou élan romanesque — seront permis. Zain a une douzaine d'années. Il ne connaît pas son âge exact puisqu'il n'a même pas été déclaré à la naissance dans ce quartier de Beyrouth où tout n'est que bruit, gravats et poussière, et où les plus misérables sont exploités par d'au¬tres, à peine moins pauvres. Il vit avec sa ¬famille dans un taudis payé à son p¬ropriétaire par le travail des ¬enfants. Il en sort pour trafiquer des médicaments pour sa mère ou mendier en compagnie de sa petite sœur, sur laquelle il est le seul à veiller.
Quand la fillette de 11 ans est donnée en mariage, ou plutôt vendue, par leurs parents à un homme de 30 ans, Zain, écœuré, fuit.

Il détale en hurlant sa rage, et la scène clôt un premier chapitre haletant dans son rythme et sa brutalité. Reste à survivre. Il rencontre Rahil, une immigrée éthiopienne qui a accouché en secret pour ne pas être ¬expulsée, et devient baby-sitter d'infortune... Commence alors l'itinéraire de deux enfants pas gâtés qui pourrait être sous-titré « Le kid et le nourrisson », car Chaplin n'est pas loin. Le bébé est une fille, interprétée par Boluwatife Treasure Bankole, et la cinéaste a réussi à diriger cette petite fille d'origine ¬nigériane et kényane, qui devient ainsi un vrai personnage. Les deux gosses sont livrés à eux-mêmes, le grand portant à bout de bras la petite, encore plus démunie, plus fragile, la traînant ou lui dégottant de la nourriture dans la ville grouillante de dangers, tel un ogre prêt à dévorer ses enfants.

Cette partie de Capharnaüm est d'une tendresse bouleversante. Chaque geste est mû par la survie. Chaque petite victoire- voler un biberon, faire dormir le bébé dans un coin sûr — devient d'autant plus lumineuse. Nadine Labaki n'invente rien. Zain se prénomme bien ainsi et c'est dans les rues de Beyrouth qu'elle a repéré ce gamin qui n'avait que 7 ans lorsque sa famille a fui le sud de la Syrie pour trouver refuge au Liban. Aujourd'hui, grâce au film, le gamin et sa famille s'apprêtent à s'installer en Norvège, et il va pouvoir aller à l'école. Cet enfant au jeu si puissant a gagné son procès contre l'injustice du monde.


Ecran large - Alexandre Janowiak
Acclamé par le public cannois, Capharnaüm a créé la sensation dans les derniers instants du Festival de Cannes et est rapidement devenu le grand favori de la compétition. Au final, le long-métrage libanais de la réalisatrice Nadine Labaki (Caramel, Et maintenant on va où ?) a été récompensé du Prix du jury.


ZAIN LE KID

Zain vit de rien, des petites choses, de ce qu'il réussit à mendier ou de ce qu'il récupère en vendant des babioles ou des boissons rafraîchissantes aux touristes en quête de typicité culturelle. Un argent récolté dont Zain ne profite jamais. Il lui permet uniquement de nourrir sa famille et notamment sa petite soeur de 11 ans, Sahar, qu'il s'est juré de toujours protéger.

Mais le jour où le pire arrive à Sahar et que ses parents en sont les principaux responsables, Zain décide de les poursuivre devant la justice. C'est ainsi que s'ouvre Capharnaüm, au tribunal, à l'aube de la confrontation judiciaire de Zain avec ses géniteurs. Mais au lieu de nous livrer un film de procès, le récit décide de nous plonger au coeur d'un long flash-back (qui durera l'intégralité du film) pour divulguer toutes les raisons qui ont mené le jeune bambin de 12 ans à poursuivre ses parents.
Nadine Labaki s'était révélé au yeux du monde en 2007 avec Caramel, passé lui aussi par la Croisette à la Quinzaine des réalisateurs. Avec son nouveau long-métrage, la réalisatrice libanaise continue à critiquer la société patriarcale de son pays,

les conséquences qui en découlent pour les femmes tout en photographiant le quotidien des plus démunis. Ainsi, elle suit les aventures de ce jeune Zain et ses multiples pérégrinations dans les rues grouillantes de Beyrouth. De ses nuits difficiles esseulé dans un parc d'attraction à sa rencontre avec une jeune immigrée clandestine éthiopienne ou son apprentissage pickpocket, la réalisatrice ne quitte jamais son héros des yeux. Avec l'aide d'une caméra portée, un style brut et un naturalisme assez saisissant (décors naturels, acteurs amateurs), elle essaye par tous les moyens de capter au plus près la misère ambiante.




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