Une affaire de famille

  jeudi 17 Janvier   
20 H 15


Palme d'Or Festival de Cannes 2018

Décors : Mitsumatsu Keiko
Image : KONDO Ryuto
Musique : HOSONO Haruomi
Production : Aoi Pro. Inc,Hype Film (Russia)
Producteur délégué : ISHIHARA Takashi,Tom Yoda,NAKAE Yasuhito
Producteur associé : Osawa Megumi,ODAKE Satomi
Lumière : FUJII Isamu
Produit par : YOSE Akihiko,Taguchi Hijiri
Produit par : MATSUZAKI Kaoru
Réalisation, scénario, montage : Kore-Eda Hirokazu , Kore-Eda Hirokazu
Distribution : Le Pacte

Site officiel


 Avec 

» Lily Franky - Shibata Osamu » Ando Sakura - Shibata Nobuyo » Matsuoka Mayu - Shibata Aki
» Shibata Hatsue - Kiki Kilin


 Synopsis 

Au retour d'une nouvelle expédition de vol à l'étalage, Osamu et son fils recueillent dans la rue une petite fille qui semble livrée à elle-même.
D'abord réticente à l'idée d'abriter l'enfant pour la nuit, la femme d'Osamu accepte de s'occuper d'elle lorsqu'elle comprend que ses parents la maltraitent.
En dépit de leur pauvreté, survivant de petites rapines qui complètent leurs maigres salaires, les membres de cette famille semblent vivre heureux jusqu'à ce qu'un incident révèle brutalement leurs plus terribles secrets...


 Anecdotes 

LES COMÉDIENS

Lily Franky (Shibata Osamu)
Né le 4 novembre 1963 à Fukuoka, Lily Franky est diplômé de l'université de Musashino et a travaillé dans plusieurs domaines, de la littérature à la photographie, et a aussi été parolier, comédien, illustrateur et graphiste. En 2006, il a obtenu le prix Honya Taisho pour son roman La Tour de Tokyo : Maman, moi et papa de temps en temps qui s'est vendu à plus de 2,3 millions d'exemplaires et a donné lieu à des adaptations pour le cinéma, la télévision et le théâtre.
Comédien, il a reçu le prix de la révélation aux Blue Ribbon Awards pour All Around Us (2008). En 2013, il a décroché le prix du meilleur second rôle pour Tel père, tel fils de Kore-eda, grand prix du jury au festival de Cannes, et le prix du meilleur second rôle masculin aux 37e Japan Academy Awards pour The Devil's Path de Kazuya Shiraishi.
Il s'est encore produit dans Fires on the Plain (2015) de Shinya Tsukamoto, Après la tempête (2016) de Kore-eda et Scoop! (2016) d'Ohne Hitoshi. Avec ce dernier film, il a aussi décroché les prix du meilleur second rôle de la 40e Japan Academy et des 59e Blue Ribbon Awards.

Ando Sakura (Shibata Nobuyo)

Née le 18 février 1986 à Tokyo, Ando Sakura a fait ses débuts au cinéma dans Out of the Wind (2007) de son père
Okuda Eiji. En 2008, elle s'illustre dans Love Exposure de Sono Sion, présenté au festival de Berlin, et remporte le
prix du meilleur second rôle féminin au festival de Yokohama et le prix de la révélation au festival de Takasaki.
A Crowd of Three (2009) d'Omori Tatsushi lui vaut une nomination aux Asian Film Awards. En 2012, elle est primée
pour Our Homeland et For Love's Sake et The Samurai That Night. En 2014, elle se produit dans 100 Yen Love de Take Masaharu qui représente le Japon pour l'Oscar du meilleur film étranger et lui vaux le prix d'interprétation féminine de la Japan Academy. On l'a encore vue dans 0.5 mm (2013), Asleep (2015) et Destiny: The Tale of Kamakura (2017). Cette année, on la retrouvera dans la série Manpuku. C'est la première fois qu'elle tourne avec Kore-eda.

Matsuoka Mayu (Shibata Aki)

Née le 16 février 1995 à Tokyo, Matsuoka Mayu a été révélée grâce à The Kirishima Thing de Yoshida Daihachi, lauréat de la Japan Academy en 2012. Depuis, elle s'est illustrée dans de nombreux longs métrages et séries télé. En 2015, elle a reçu le prix du meilleur espoir féminin pour Cats Don't Come When You Call et Chihayafuru Shimonoku, décerné par le TAMA Film Award et le Fumiko Yamaji Movie Award. En 2016, on l'a vue dans la série Sanadamuru. Un an plus tard, elle décroche son premier grand rôle dans Tremble All You Want, présenté au festival de Tokyo, qui lui vaut un Tokyo Gemstone Award. On l'a retrouvée dans Little Forest Sequels, Strayer's Chronicle, Chihayafuru Shimonoku, et Chihayafuru Musubi. C'est la première fois qu'elle tourne sous la direction de Kore-eda.

Kiki Kilin (Shibata Hatsue)

Née le 15 janvier 1943 à Tokyo, Kiki Kilin a intégré le Bugakuza Actors Studio en 1961. Après s'être produite dans la série Shichinin No Mago, elle s'est rapidement imposée auprès du public.
En 1974, elle a été saluée pour son interprétation d'une mère dans la série familiale Terauchi Kantaro Ikka. Par la suite, elle s'est illustrée au cinéma et à la télévision et a été reconnue comme l'une des meilleures comédiennes du Japon. En 2007, elle a obtenu le prix d'interprétation de la Japan Academy pour La Tour de Tokyo : Maman, moi et papa de temps en temps. Avec Still Walking (2008), elle décroche le prix d'interprétation au festival des Trois Continents. On l'a encore vue dans Villain (2010), Chronicle of my Mother (2012) et Kakekomi (2015). En 2015, elle a campé une femme atteinte de la lèpre dans Les Délices de Tokyo de Naomi Kawase, présenté à Cannes, et a reçu le Asia Pacific Screen Award de la meilleure actrice. En 2016, elle a gagné le prix du meilleur second rôle aux 24e Chlotrudis Awards pour Après la tempête de Kore-eda.


FILMOGRAPHIE
RÉALISATEUR
1991 However... (Shikashi...) Documentaire télévisé
1991 Lessons from a Calf (Kougai ha Doko he Itta) Documentaire télévisé
1994 August Without Him (Kare no Inai Hachigatsu ga) Documentaire télévisé
1995 Maborosi (Maboroshi no Hikari)
1996 Without Memory (Kioku ga Ushinawareta Toki) Documentaire télévisé
1998 After Life (Wonderful Life)
2001 Distance (Distance)
2004 Nobody Knows (Dare mo Shiranai)
2006 Hana (Hana yorimo Naho)
2008 Still Walking (Aruitemo Aruitemo)
2008 Wishing You're Alright Journey Without an End by Cocco (Daijoubu de Aruyouni Cocco Owaranai Tabi)
2009 Air Doll (Kuuki Ningyo)
2010 The Days After (Nochi no Hi) TV
2011 I Wish Nos voeux secrets (Kiseki)
2012 Going Home (Going My Home) série TV
2013 Tel père, tel fils (Soshite Chichi ni Naru)
2015 Notre petite soeur (Umimachi Diary)
2016 Après la tempête (Umi yorimo Mada Fukaku)
2016 Carved in Stone (Ishibumi) Documentaire
2017 The Third Murder (Sandome no satsujin)
2018 Une affaire de famille (Manbiki Kazoku)
PRODUCTEUR
2003 Wild Berries (Hebi Ichigo) réalisé par Nishikawa Miwa
2003 Kakuto (Kakuto) réalisé par Iseya Yusuke
2009 Beautiful Islands réalisé par Kana Tomoko
2011 Ending Note réalisé par Sunada Mami
2012 That Day Living Fukushima (Anohi Fukushima ha Ikiteiru)
réalisé par Imanaka Kohei
2018 Ten Years Japan [film collectif], réalisé par Chie Hayakawa,
Yusuke Kinoshita, Megumi Tsuno, Akiyo Fujimura et Kei Ishikawa


 Quelques mots 

KORE-EDA HIROKAZU
Scénariste, réalisateur, monteur
Kore-eda Hirokazu est né le 6 juin 1962 à Tokyo. Diplômé de l'université Waseda en 1987, il intègre la société TV Man Union où il réalise plusieurs programmes documentaires primés. En 2014, il lance sa société de production Bun-Buku. En 1995, son premier long métrage Maborosi, adapté du roman de Teru Miyamoto, remporte l'Osella d'or de la 52e Mostra de Venise. After Life (1998), sorti dans plus de trente pays, apporte à Kore-eda une renommée internationale. En 2001, Distance est sélectionné en compétition officielle au Festival de Cannes. Nobody Knows (2004), quatrième long métrage du réalisateur, vaut à Yûya Yagira, son acteur principal, de devenir le plus jeune lauréat du prix d'interprétation masculine du Festival de Cannes.
En 2006, Hana, film centré autour du thème de la vengeance, marque sa première incursion dans le registre du film historique. En 2008, il signe le drame familial Still Walking, qui reflète son expérience personnelle, et est encensé dans le monde entier.
En 2009, Air Doll est projeté en première mondiale dans la section Un certain regard du 62e Festival de Cannes, où il est salué pour l'originalité de son traitement d'une fantaisie érotique. En 2011, I Wish Nos voeux secrets remporte le prix du meilleur scénario au 59e Festival International du film de San Sebastián. En 2012, Kore-eda s'essaie à la fiction télé avec la série Going Home. Tel père, tel fils (2013), prix du jury au Festival de Cannes, reçoit le prix du public aux festivals internationaux de San Sebastián, Vancouver et São Paulo et bat le record d'entrées de ses précédents films dans de nombreux territoires. En 2015, Notre petite soeur, projeté en compétition au Festival de Cannes, récolte quatre Japan Academy Prize, dont ceux du meilleur film et du meilleur réalisateur, ainsi que le prix du public au Festival de San Sebastián.
En 2016, Après la tempête est présenté en première mondiale dans la section Un certain regard du 69e Festival de Cannes. En 2017, il réalise The Third Murder, présenté en compétition au 74e Festival de Venise, et fait l'ouverture du Festival du film policier de Beaune. Le film remporte six Japan Academy Prize dont ceux de meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur scénario et meilleur montage. En 2018, son nouveau film Une affaire de famille remporte la Palme d'or au 71e Festival de Cannes.
Kore-eda produit également les films de jeunes cinéastes japonais : Kakuto, de Yûsuke Iseya, présenté au Festival international du film de Rotterdam en 2003 ; Wild Berries (2003), écrit et réalisé par Miwa Nishikawa, dont le deuxième long métrage, Sway, est présenté à la Quinzaine des réalisateurs 2006 ; Ending Note: Death of a Japanese Salesman (2011), de Mami Sunada, qui bouleverse les spectateurs du monde entier.


 Entretien 

ENTRETIEN AVEC
KORE-EDA HIROKAZU
Réalisateur

Vous vous êtes lancé dans ce projet parce que vous avez entendu parler de familles touchant illégalement la pension de retraite de leurs parents qui étaient morts depuis longtemps.
Souhaitiez-vous brosser le portrait d'une famille sous un angle différent de vos précédents films ?

La première chose qui me soit venue en tête a été cette phrase : « Seul le crime nous a réunis ». Au Japon, les fraudes à l'assurance-retraite et les parents qui obligent leurs enfants à voler sont sévèrement fustigés. Bien entendu, il est légitime de vilipender les auteurs de tels actes, mais je me demande pourquoi on se met en colère pour des délits aussi insignifiants alors qu'il y a des milliers de criminels qui commettent des actes beaucoup plus graves en toute impunité. Depuis le tremblement de terre de 2011, je m'interroge sur ceux qui répètent sans cesse que les liens familiaux sont importants. Et j'ai donc eu envie d'explorer la nature de ces rapports en m'intéressant à une famille liée par des délits.

Comment l'histoire s'est-elle construite ?

Certains enjeux de l'intrigue étaient en place dès le départ et d'autres se sont développés après le casting. Du coup, le film est ponctué de réflexions qui me traversent l'esprit depuis dix ans. C'est l'histoire d'une famille, l'histoire d'un homme qui tente d'assumer son rôle de père et, plus encore, le récit initiatique d'un jeune garçon.

La famille très modeste du film rappelle celle de Nobody Knows. Y a-t-il une parenté entre ces deux films ?

Oui, dans la mesure où ce film s'attache de près à une famille qui a fait la Une des journaux. Je ne souhaitais pas parler d'une famille pauvre, se situant en bas de l'échelle sociale. Je crois plutôt que les membres de la famille se réfugient dans cette maison pour ne pas s'effondrer. Je voulais donc jeter un éclairage différent sur une famille dysfonctionnelle.
Vers la fin, on est bouleversé par l'explosion de la famille. On n'avait pas vu une telle colère à l'égard de la société dans vos derniers films...

C'est vrai, sans doute pas depuis Nobody Knows. Je crois que c'est la colère qui, pour ce film, a été le sentiment moteur. Depuis Still Walking, j'ai adopté un regard plus intime, et quand j'ai terminé Après la tempête, j'ai cherché, au contraire, à m'intéresser de nouveau à un point de vue plus large sur la société et à moins m'inscrire dans une forme d'approche intimiste. On pourrait dire, en un sens, que je reviens à mes débuts.

Pourquoi avez-vous collaboré avec le directeur de la photo Kondo Ryuto et avec le compositeur Hosono Haruomi ?
Je voulais travailler avec Kondo depuis très longtemps car c'est l'un des meilleurs chefs-opérateurs japonais. Grâce à son point de vue, très riche, sur la mise en scène, il propose de nombreuses interprétations de l'histoire et des personnages. Du coup, j'ai pu me concentrer davantage sur la direction d'acteur, sans avoir à me soucier de la lumière. Avant le tournage, je me disais que ce film était une fable et je me demandais comment insuffler de la poésie au coeur de la réalité qu'il décrit. Car même si le film est réaliste, je voulais évoquer la poésie des êtres humains qu'on y rencontre, et la photo comme la musique faisaient partie des outils que je souhaitais utiliser pour y parvenir.
Concernant la musique, j'adore les bandes-originales de Hosono, si bien que j'ai toujours rêvé de travailler avec lui. Dans le film, sa musique s'accorde à merveille à la dimension fantasmatique du récit.


 L'avis de la presse 

Première - Éric Vernay
L'une des plus belles surprises du dernier Festival de Cannes. Un rayon de soleil étonnamment doux et léger pour un film russe, jamais empesé, narrant l'épopée de Jules et Jim new wave dans le Leningrad des années 80, bien décidés à coloriser en riffs le noir et blanc de l'ère Brejnev. Irrésistible.

Télérama - Jacques Morice
Ce n'est pas la gloire mais son avant-goût, aussi exaltant sinon plus. Nous sommes en Union soviétique, dans les années 80. Viktor Tsoï, Eurasien à la gueule d'ange ténébreux, n'est pas encore le chanteur du groupe new wave Kino, dont le tube Changement ! a servi d'hymne à la perestroïka. Si, en France, Tsoï est un quasi-inconnu, en Russie il est aujourd'hui une légende. Mais Kirill Serebrennikov (Le Disciple), cinéaste tout sauf conformiste, assigné à résidence par les autorités russes (lire encadré), est trop intelligent pour céder aux pièges du biopic. De Viktor Tsoï il sera bien question dans Leto, mais c'est un autre chanteur, plus méconnu encore, qu'il fait passer au premier plan. Un héros de l'ombre, à la fois protecteur et catalyseur.

Il s'appelle Mike Naumenko. Lui aussi a du charisme, avec ses Ray-Ban Aviator toujours sur le nez. Il est plus mûr que Viktor, il est le père d'un bébé et le compagnon d'une muse renversante, Natasha. Il est enfin le leader du groupe Zoopark, très imprégné de T. Rex, qui marche fort sur la scène underground de Leningrad.
On le voit chanter dans un concert qui nous met d'emblée dans l'ambiance du pays. Le public, jeune, est sommé de rester assis sans bouger et ne doit aucunement crier, sous peine d'être rapidement rappelé à l'ordre par une cohorte d'apparatchiks qui veillent au grain. On se croirait au mieux dans un spectacle encadré de fin d'école, au pire en prison. Le pessimisme n'est pourtant pas de mise. Non sans malice, Kirill Serebrennikov préfère survoler les pieds qui battent la mesure en cachette, les trémoussements irrépressibles. Il privilégie surtout la joie qui illumine tous les visages.




Association IRIS Saison 2018-2019
www.cine-iris.com - contact@cine-iris.com
Programmation et animation des films du jeudi soir (projections en V.O)
Festival 'Faites des courts'- ciné goûter/pizza pour les enfants
Un projet « Autour de l'animation » - Partenariat avec d'autres associations
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