ASAKO 1&2

  mercredi 07 Février   
20 H 15


Sélection officielle Compétition Festival Cannes

Scénario : Ryûsuke Hamaguchi,Sachiko Tanaka
Directeur de la photographie : Yasuyuki Sasaki
Musique : Dj Tofubeats
Montage son : Miki Nomura
Producteur exécutif : C&I Entertainment
Producteur délégué : Yuji Sadai,Teruhisa Yamamoto,Yasuhiko Hattori
Coproducteur : Masa Sawada
Réalisateur : Ryûsuke Hamaguchi
Assistant réalisation : Yu Koreyasu
Œuvre originale : Tomoka Shibasaki
Société de production : Nagoya Broadcasting,Network,Bitters End
Distribution : Arthouse-films.fr

Site officiel


 Avec 

» Masahiro HIGASHIDE - Baku/ Ryobei» Erika KARATA - Asako» Koji SETO - Kushikashi
»  Rio YAMASHITA - Maya» Sairi ITOH - Haujo» Daichi WATANABE - Okazaki
» Koji NAKAMOTO - Avec la participation de» Misako TANAKA - Avec la participation de


 Synopsis 

Lorsque son premier grand amour disparaît du jour au lendemain, Asako est abasourdie et quitte Osaka pour changer de vie.
Deux ans plus tard à Tokyo, elle tombe de nouveau amoureuse et s'apprête à se marier... à un homme qui ressemble trait pour trait à son premier amant évanoui.


 Anecdotes 

BIOGRAPHIE DE RYUSUKE HAMAGUCHI

Le réalisateur Ryusuke Hamaguchi est né en 1978. Après avoir obtenu son diplôme d'Art en mars 2003 à l'Université de Tokyo, il travaille en tant qu'assistant réalisateur pour le cinéma et la télévision pendant trois ans. Il étudie ensuite à la Graduate School of Film and New Media à la Tokyo University of Arts et obtient son master de cinéma en mars 2008. PASSION, son projet de fin d'études, est très bien reçu par ses professeurs, notamment par le réalisateur Kiyoshi Kurosawa, et est même acclamé au Festival International de San Sebastian, ainsi qu'au Tokyo FILMeX en 2008. Depuis, il ne cesse de travailler sur des films. Cela inclut tout d'abord le film THE DEPTHS (2010), puis trois documentaires co-réalisés avec Ko Sakai, SOUND OF THE WAVES, VOICES FROM THE WAVES et STORYTELLERS, dont les deux premiers donnent la parole à des victimes du grand tremblement de terre au Japon. Puis il signe un film de quatre heures INTIMACIES (2012) et TOUCHING THE SKIN OF EERINESS (2013) avec Shota Sometani. SENSES est son premier film de fiction en 3 ans.



 Quelques mots 

FILMOGRAPHIE
Ryûsuke Hamaguchi


Passion (2008) Sélection Officielle ― Festival de San Sebastian et Tokyo Filmex
I Love Thee for Good (2009) Sélection Officielle ― Festival International de Paris Cinéma
The Depths (2010) Sélection Officielle ― Tokyo Filmex
Sound of Waves* (2011) Sélection Officielle ― 65e Festival de Locarno
Intimacies (2012/255min.)
Voice of the Waves Shinchi Town* (2013) Sélection Officielle ― Festival International du documentaire de Yamagata
Voice of the Waves Kisenuma* (2013) Sélection Officielle ― Festival International du documentaire de Yamagata
Storytellers* (2013) Sélection Officielle ― Festival International du documentaire de Yamagata
Touching the Skin of Eeriness (2013)
Senses (2015) – Prix d'interprétations à chacune des actrices – Festival de Locarno
Prix du public – Festival des 3 continents
Soleil du meilleur film japonais - Kinotayo
*Sound of Waves, Voice of Waves et Storytellers ont été co-réalisés avec Ryusuke Hamaguchi et Ko Sakai.


FILMOGRAPHIE
Masahiro Higashide
Invasion de Kiyoshi Kurosawa (2018)
Avant que nous disparaissions de Kiyoshi Kurosawa (2018)
Creepy de Kiyoshi Kurosawa (2018)
Satoshi no seishun de Yoshitaka Mori (2016)
Death Note – Desu Nôto : Light up the new world de Shinsuke Sato (2016)
Ao Haru Ride (2014)
Kirishima, bukatsu yamerutteyo de Daihachi Yoshida (2012)



 Entretien 

QUESTIONS A RYUSUKE HAMAGUCHI
Réalisateur

Quel était votre rapport au roman dont le film est adapté ?

Je l'aime profondément, et le fait que l'on m'ait fait confiance pour le réaliser m'a excité mais rendu aussi très anxieux ! Je trouve passionnant dans cette histoire l'absurdité qui consiste à tomber amoureuse de deux hommes qui ont le même visage. Mais j'ai été aussi marqué par la fine description du quotidien.
Puis le développement du projet a mis tellement de temps que je me suis demandé si l'adaptation était vraiment possible.
C'est lorsque j'ai rencontré Masahiro Higashide (qui joue Baku/Ryohei) et Erika Karata (Asako) que je me suis mis à y croire.

Pourquoi votre choix s'est-il porté sur Masahiro Higashide?

Cela peut paraître un peu léger mais je trouve que son visage est « mystérieux », même lorsqu'il n'a aucune expression. Cela donne envie de savoir ce qu'il cache et ce à quoi il pense. J'ai eu l'intuition en le voyant qu'il avait cette « double personnalité » et qu'il saurait très bien incarner ces deux rôles difficiles.

Erika Karata a moins d'expérience. Vous a-t-il fallu vous adapter ?

Je n'ai rien changé à ma façon de faire. La lecture du scénario avec Masahiro Higashide a été un moment clé. Ils ont vite appris à se faire confiance durant ce processus et cela a créé entre eux une synergie. A aucun moment je n'ai eu l'impression de travailler avec une actrice inexpérimentée.
Quelle est la différence entre Asako I&II et vos films précédents comme Senses ?

La vraie différence c'était que le tournage était prévu en avance et bien préparé. De nombreuses fois je me suis surpris à constater que l'équipe s'était déjà occupée de choses que j'avais l'habitude de gérer. Sinon, rien n'a changé dans la façon de filmer et de diriger les acteurs.

Les producteurs ont-ils eu des requêtes ?

La vraie différence c'était que le tournage était prévu en avance et bien préparé. De nombreuses fois je me suis surpris à constater que l'équipe s'était déjà occupée de choses que j'avais l'habitude de gérer. Sinon, rien n'a changé dans la façon de filmer et de diriger les acteurs.

La lumière est étonnante dans Asako I&II, rappelant même parfois celle de votre ancien professeur Kiyoshi Kurosawa. Pourriez-vous la décrire ?

Il y avait trois techniciens pour la caméra et pour l'éclairage. Le directeur photo M. Sasaki aime manier un faible éclairage. Le travail de l'ombre me plaît car il y a quelque chose d'inquiétant dans cette histoire. C'est une histoire d'amour, mais elle contient des zones sombres et je veux les faire exister.

Quelle est la différence entre les deux rôles qu'incarne M. Higashide ?

Les personnages viennent de l'oeuvre originale. Baku est un esprit libre alors que Ryohei est plus conventionnel, plus proche de l'idée qu'on peut se faire de l'« homme Japonais ». Lorsque j'ai écrit leurs dialogues, j'ai d'abord pensé à les différencier par la langue. L'acteur reste le même mais, en utilisant des mots différents pour chacun des personnages, il change aussi sa manière de bouger. Ryohei parle le « kansai-ben » (dialecte de la région de Kansei) et Baku parle le « hyojun-go » (le japonais standard). Ainsi Ryohei est ouvert d'esprit et enthousiaste, alors que Baku garde les choses pour lui, il est plus mystérieux. Pour le « kansai-ben », un coach en langue est venu et a entraîné Higashide : je pense que l'illusion est parfaite !

Ryûsuke Hamaguchi ou l'instabilité des affects

Si l'on excepte ses apports essentiels dans le domaine de l'animation, les ambitions du cinéma nippon au cours des deux dernières décennies pourraient donner l'impression de se résumer à une liste resserrée de noms invariablement reconduites chaque année par les sélections des plus grands festivals. Le constat ne préjuge en rien de la qualité des oeuvres concernées. Il désigne tout au plus les conséquences d'un environnement souvent défavorable à l'émergence de nouveaux auteurs dans un des plus grands pays producteurs de cinéma et d'images du monde. Le Japon voit pourtant pointer sous la surface un courant plus artisanal, précaire mais opiniâtre auquel Ryûsuke Hamaguchi appartient avec Koji Fukada, Katsuya Tomita, Kazuhiro Soda ou encore Tetsuya Mariko, tous primés au Festival des 3 Continents au cours des dix dernières années. Par la sélection d'Asako I&II en compétition, à la suite d'Harmonium de Koji Fukada à Un certain regard en 2016, le Festival de Cannes rétablit la situation et éclaire désormais la convergence en direction l'une de l'autre de deux lignes de force du cinéma japonais contemporain. Elles le doivent moins au fait que les cinéastes du premier groupe aient dans certains cas enseignés aux seconds (à la Tokyo Film School notamment) mais à l'intensité des répercussions de la catastrophe récente et mémorable de Fukushima lisible sous une forme ou une autre dans bon nombre de leurs films.

Entre 2011 et 2013, Ryûsuke Hamaguchi co-réalisa justement avec Ko Sakai trois documentaires (The Sound of the waves, Voices from the waves et Storytellers) s'affrontant à la nécessité de constituer un recueil de paroles des victimes du tremblement de terre de mars 2011 dans la région de Tohoku, située au Nord-Est de Fukushima. En 2018, Asako I&II ramène par deux fois la jeune femme du titre dans la ville de Sendai et dans cette même région sinistrée. Appliquée elle-même à reconstruire une existence aux fondations affectives fragiles et à faire le deuil d'un amour disparu, elle viendra une première fois à Sendai passer quelques jours avec Ryohei, le sosie de l'amant évaporé, aux côtés duquel elle pense retrouver la confiance nécessaire à la possibilité d'aimer à nouveau. La seconde fois, Asako viendra presqu'errante supplier un pêcheur de lui prêter la somme dont elle a besoin pour sauter dans le premier bus et rebrousser chemin. Chez Hamaguchi, l'oscillation des affects semble toujours sous-tendue par une menace latente, ineffable. Tout comme il avait découvert à travers ses documentaires que la vie continuait, et parfois même avec une légèreté reconquise, les personnages de fiction confrontés à la nécessité de reconstruire une part de leur vie (divorce, réconciliation difficile, disparition ou deuil constituant souvent l'épreuve à surmonter) font l'expérience d'imprévus qui viennent révéler des consolations furtives et des afflictions profondes. Comment réparer ? N'y a-t-il pas des dangers, invisibles, qui rendent vaines toutes ces tentatives ?

On sait depuis Intimacies (2012) l'intérêt de Ryûsuke Hamaguchi pour le travail avec les acteurs et ce que les ateliers d'improvisation qu'il a conduits à Kobe ont apporté d'essentiel à l'extraordinaire réussite de Senses (2015). Il y a indubitablement de l'émotion à voir les acteurs investir si pleinement des personnages mitoyens de leur propre vie. L'expérience du théâtre et de la répétition impliquent une dimension réflexive de l'oeuvre dont Asako redéploie la logique. Jouer, répéter, c'est se donner l'opportunité de regarder autrement les choses, de les reprendre, de les recommencer, de ne pas les réduire à un accomplissement programmé, inéluctable. Si le plaisir récurrent du jeu opère comme une particularité irréductible du cinéma d'Hamaguchi, c'est parce qu'il est une expression même de la vitalité de ceux qu'ils filment, une manifestation active de leur présence au monde. La scène d'atelier dans Senses relève absolument de ce pouvoir de suspendre les intensités de la vie dans ce flottement entre deux mondes : le réel et sa représentation. Dans Asako, le débat entre amis sur le jeu de l'une d'entre elles en est aussi un écho. Et lorsqu'une représentation théâtrale sur le point de débuter doit être annulée pour cause de secousses sismiques, les spectateurs sont plongés dans l'obscurité. À la sortie du théâtre, déambulant dans des rues où la population cède à la panique, Ryohei retrouve Asako. Quant à eux, ils s'étreignent.

Des ondulations souvent imprévisibles d'Hamaguchi imprègnent ses récits et les ouvrent à une grande variété de tonalités. Cela confère à ses films une facture réaliste singulière qui semble flirter sans y céder avec certains attributs du conte ou de la fable. Déjà, ses documentaires ouvraient sur des histoires imaginaires de la région du Nord-Est et les paroles des victimes étaient ainsi adossées comme un legs à ceux d'une tradition japonaise perdurant à travers les âges. Senses, le moyen-métrage Heaven is still far away et Asako I&II sans pour autant relever du fantastique sont souvent proches de le laisser affleurer, entrouvrant à la possibilité d'une équivoque entre réel et irréel. Akari, Fumi et Sakurako s'étonnent de voir disparaître aussi subitement leur amie Jun dans Senses. La réapparition de Baku posant pour une publicité sur les murs d'enseignes de Tokyo est à son tour stupéfiante. Nous pourrions multiplier les exemples de présences étranges, quasi-spectrales au détour d'un plan, à l'entrée ou à la sortie d'une scène. On est surtout tenté de repérer dans ces choix la recherche chez Hamaguchi d'un point d'équilibre où la moindre oscillation des intensités de la vie change la perception de ceux qu'elle traverse. Ils sont ainsi rendus au passage fugace du bonheur qu'ils recherchent et à tout moment, au risque de voir leur existence vaciller sans prévenir. Bref, une vie sur la brèche.
Jérôme Baron
Directeur artistique du Festival des 3 continents



 L'avis de la presse 

Première - Thomas Baurez
L'année dernière, le film Senses (et sa durée XXL, plus de 5h !) avait été un choc et le nom du Japonais Ryûsuke Hamaguchi s'est vite retrouvé sur toutes les lèvres. La présence de cet Asako I & II, en compétition à Cannes, est venue valider la reconnaissance de ce disciple de Kiyoshi Kurosawa. Comme chez son aîné, le fantastique vient contaminer un réel et perturber la vie d'êtres à fleur de peau. Ici, une jeune fille voit son amant disparaître du jour au lendemain avant de revenir sous une autre identité, à moins qu'il ne s'agisse d'un sosie. Le scénario ne fait pas de cette étrange ressemblance un suspense censé démasquer un éventuel usurpateur, mais va ausculter les mystères de l'amour et du hasard. La mise en scène aussi gracile que précise donne à ce drame amoureux des allures de rêve éveillé. Il est temps d'ouvrir tous ses sens.

Libération - Olivier Lamm
Sous ses faux airs de comédie romantique autour des passions successives mais étrangement semblables d'une jeune Japonaise, le film de Ryusuke Hamaguchi, plébiscité à Cannes, dissimule un brillant portrait de femme, d'une profonde humanité.
Certains films cachent leur cœur derrière des rideaux de fumée, d'autres au centre de labyrinthes enchevêtrés. Asako, première incursion de Ryusuke Hamaguchi en terrain «commercial» - le film ne dure que deux heures et suit à la lettre un scénario resserré - abrite son secret dans un jus de sirop très épais. Au point de faire croire d'ailleurs jusqu'à sa dernière partie que le réalisateur de Senses, monumentale fresque à hauteur d'atome sur les vies de quatre femmes à Kobe dont l'acuité des dialogues et des représentations confinait au cosmique, a laissé glisser son art dans le drame à l'eau de rose taillé pour la télévision. Mais si Hamaguchi assume le désir de réaliser un film de romance classique - «convenu», ainsi qu'il le qualifiait à Libération à Cannes en mai -, une profonde étrangeté irise jusqu'à ses scènes les plus réalistes, telles ces virées dans le Tohoku en reconstruction post-tsunami, inspirées de documentaires tournés par Hamaguchi dans la région. Aussi, un feu nourri s'agite en secret sous son corps qui épaissit les émotions jusqu'à l'heure d'une révélation qui, quand elle survient, invite non seulement à revisiter le moindre de ses gestes, mots ou choix de cadre à sa lumière vacillante mais impose le choix de son titre international comme une évidence : Asako est un portrait de femme d'une rare intensité.
Passade
Le titre japonais de son côté, qui signifie «Même si je dors, même si je suis éveillée», en révélerait presque trop sur les intentions derrière le synopsis, trouble à la limite du fantastique. Asako Izumiya (la débutante Erika Karata), jeune femme discrète, y tombe amoureuse deux fois : d'abord, à Osaka, du buissonnier Baku (Masahiro Higashide), rencontré comme dans un rêve de rom com pétaradante à la sortie d'une expo photo ; puis, quelque temps après la disparition brutale de ce dernier, à Tokyo, du plus terre à terre Ryohei, salaryman dans une entreprise de saké qui se trouve ressembler comme deux gouttes d'eau à Baku. Comment les deux parties de l'histoire d'Asako vont-elles converser ? Sa vie de couple rangée, en apparence, comme la vitrine d'un magasin Muji, est-elle vraiment l'envers adulte et atone de sa passade tourbillonnante de jeunesse ? Jusqu'à quel point la deuxième est-elle influencée par la première ? Quid du propre regard d'Asako sur son entêtement à se laisser hanter par son passé ?


Positif - Elise Domenach




Association IRIS – Saison 2018-2019
www.cine-iris.com - contact@cine-iris.com
Programmation et animation des films du jeudi soir (projections en V.O)
Festival 'Faites des courts'- ciné goûter/pizza pour les enfants
Un projet « Autour de l'animation » - Partenariat avec d'autres associations
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