90s

  jeudi 27 Juin   
20 H 10


Sélection officielle Compétition Festival Cannes

Costumes : Heidi BIVENS
Producteur : Ken KAO
Coproductrice : Amanda ADELSON
Producteur exécutif : Scott ROBERTSON,Alex Scott
Productrice : Lila Yacoub
Coproducteur : Mikey ALFRED,Josh ROSENBAUM
Musique originale : Trent REZNOR & Atticus ROSS
Productrice exécutive : Jennifer SEMLER
Scénario, réalisation : Jonah HILL
Casting : Allison JONES
Producteur : Eli Bush
Producteur : Scott Rudin,Jonah HILL
Monteur : Nick HOUY
Directeur de la photo : Christopher BLAUVELT
Distribution : Diaphana Distribution

Site officiel


 Avec 

» Sunny SULJIC - Stevie» Katherine WATERSON - Dabney» Lucas HEDGES - Ian
» Na-kel SMITH - Ray» Olan PRENATT - Fuckshit» Gio GALICIA - Ruben
» Alexia DEMIE - Estee» Fig Camila ABNER - Angela» Ryder McLAUGHLIN - Fourth Grade


 Synopsis 

Dans le Los Angeles des années 90, Stevie, 13 ans, a du mal à trouver sa place entre sa mère souvent absente et un grand frère caractériel. Quand une bande de skateurs le prend sous son aile, il se prépare à passer l'été de sa vie...


 Anecdotes 

les acteurs

Sunny Suljic

Sunny est un skateur professionnel et un acteur que l'on a vu dans le film Mise à mort du cerf sacré (de Yorgos Lanthimos), dans Don't Worry He Won't Get Far On Foot (de Gus Van Sant), The Unspoken (de Sheldon Wilson) et 1915 (de Garin Hovannisian et Alec Mouhibian). On l'a vu à la télévision dans Esprits criminels. Il joue également dans La Prophétie de l'horloge (de Eli Roth).

Lucas Hedges


Lucas est un jeune acteur que l'on a pu voir dans Lady Bird (de Greta Gerwig), 3 Billboards : les panneaux de la vengeance (de Martin McDonagh), et Manchester by the Sea (de Kenneth Lonergan). Pour ce film, il a été nommé dans la catégorie «Meilleur acteur dans un second rôle» aux Oscars.

On l'a également vu dans Moonrise Kingdom et The Grand Budapest Hotel (de Wes Anderson). On le verra également dans Boy Erased (de Joel Edgerton), Ben Is Back (de Peter Hedges) et sera sur les planches du Golden Theatre, à Broadway, dans The Waverly Gallery (mise en scène par Kenneth Lonergan).

Katherine Waterston


C'est son rôle dans Inherent Vice (de Paul Thomas Anderson) qui l'a révélée au public. On l'a également vue dans Les Animaux fantastiques et Les Animaux fantastiques : Les Crimes de Grindelwald (de David Yates), Steve Jobs (de Danny Boyle), Queen of Earth (de Alex Rose Perry), Alien: Covenant (de Ridley Scott).

Na-Kel Smith

C'est son oncle, Kareem Campbell, une légende du skate, qui lui a donné son premier skate. Il a fait partie de l'équipe de Fucking Awesome, Supreme, Adidas (marque pour laquelle il a dessiné des baskets). Il a fondé le groupe de rap Odd Future, avec Tyler, the Creator et Earl Sweatshirt. Mid90s est sont premier film.

Olan Prenatt

Olan a grandi à Venice Beach, en Californie, et a commencé très jeune à participer à des compétitions de skate. Il a parcouru les Etats-Unis, l'Europe et l'Australie dans l'équipe de Rogue Status (marque de vêtements) et d'Illegal Civilization (équipe de skate qui commercialise vêtements, baskets et planches de skate et tourne des vidéos).
Il a posé pour des campagnes de pub pour Sprite, Orange Mobile, Ray-Ban, Rag & Bone, All Saints, Hugo Boss, Gucci et Versace. Mid90s est son premier film.

Gio Galicia

Il est né et a grandi à North Hollywood, en Californie. Il a commencé à faire du skate à l'âge de 12 ans et s'est rapidement engagé dans l'association Illegal Civilization. Mid90s est son premier film.

Ryder MacLaughlin

Ryder a grandi à Moorpark, en Californie, et a commencé à faire du skate à l'âge de 6 ans, quand son frère ainé a apporté une planche à la maison. Il skate pour Illegal Civilization et a travaillé dans l'illustration, le design de skates et la vidéo. Mid90s est son premier film.
Alexa Demie


On a vu Alexa au cinéma dans Brigsby Bear (de Dave McCary) et à la télévision dans les séries Love et Ray Donovan. On la verra bientôt dans le film Waves (de Trey Edward Shults) et dans la série Euphoria (de Sam Levinson) sur HBO.
La production

Mid90s, qu'il a également écrit, est son premier film en tant que réalisateur.

Jonah a été nommé deux fois aux Oscars : en 2012, pour son rôle dans Le Stratège (de Bennett Miller), film qui lui a valu d'autres nominations aux BAFTA, SAG et aux Golden Globes. Et en 2014, pour sa performance dans Le Loup de Wall Street (de Martin Scorsese). Il a tourné récemment dans Don't Worry He Won't Get Far On Foot (de Gus Van Sant) face à Joaquin Phoenix, dans The Beach Bum (de Harmony Korine) et dans la série Maniac (de Cary Joji Fukunaga).

Il a également tourné dans Ave, Cesar ! (de Ethan et Joel Coen), 21 Jump Street et 22 Jump Street (de Christopher Miller), qu'il a également produits, Django Unchained (de Quentin Tarantino), Cyrus (de Mark Duplass), SuperGrave (de Greg Mottola), Funny People et 40 ans, toujours puceau (de Judd Apatow).


 Entretien 

Une conversation entre Jonah Hill et Rembert Browne (écrivain qui publie dans le New York Magazine et Grantland (site web consacré au sport et à la culture populaire). Il a interviewé des personnalités de tous horizons, de Barack Obama à Lin-Manuel Miranda, sans oublier Issa Rae et Donald Glover. Il collabore également au site web The Ringer et a écrit l'article du Time Magazine sur Spike Lee qui y figurait en couverture.)


Rembert : Attendez, je mets mon téléphone sur mode avion, pour que ma mère ne m'appelle pas.

Jonah : Pas bête.

Rembert : Dès les dix premières minutes du film, je me suis demandé s'il était autobiographique. Est-ce qu'il y a un peu de vous dans chaque personnage ? Est-ce que vous êtes un des personnages ou aucun ? Dans quelle mesure les personnages, le cadre, l'environnement, l'histoire sont inspirés de votre propre expérience ?

Jonah : C'est une excellente question. Tout d'abord, je suis scénariste et je raconte une histoire. Donc ce n'est pas autobiographique. Les sentiments que ressentent les ados en grandissant sont personnels. Peut-être que parmi mes amis, certains ont vécu certaines choses que je raconte.

Mais je voulais créer des personnages complexes dans une histoire que je tenais absolument à raconter.

Rembert : Je comprends. Au moment de l'écriture, avez-vous d'abord pensé à l'endroit où vous situeriez l'histoire, vouliez-vous mettre en avant la culture du skate ?
Jonah : J'ai grandi à Los Angeles, je faisais du skate tout le temps. Et je passais ma vie au tribunal, que l'on a recréé à l'identique dans le film, avec les graffitis et tout ce qui s'y trouvait à l'époque. Je n'étais pas très bon skateur, mais je cherchais avant tout à trouver une tribu, un groupe d'amis. Quand on est encore un jeune garçon, on fait tout ce qu'on peut pour appartenir au règne animal. Et quand on est ado, on regarde les petits chercher à s'intégrer dans ce monde. C'est essentiellement un film sur le règne animal : un petit se pointe et apprend à survivre et à se construire au milieu de la meute.

J'ai toujours apprécié le côté anti-éthique du skate. J'aurais tout donné pour réussir à faire les figures que les autres faisaient, mais surtout, cela m'a donné un point de vue, un goût et une perspective. Et surtout, une famille en dehors de chez moi. Alors même si le film ne raconte pas mon histoire, la toile de fond du tribunal et de LA est la même que celle dans laquelle j'ai grandi.

Rembert : Moi, j'étais non seulement le plus jeune, mais également le plus petit physiquement. J'étais entouré de géants qui avaient l'air d'avoir 20 ans de plus que moi alors qu'ils n'avaient que 3 ans de plus. J'étais le petit merdeux du groupe et aussi le gamin cool qui pensait : «c'est pas cool d'être un gamin médiocre.» En voyant votre film, je me suis retrouvé dans tous les personnages, ce qui est extraordinaire. Pour moi et pour beaucoup de gens, on s'identifie à chacun d'eux.

Jonah : C'est le meilleur compliment qu'on puisse me faire. Les films que j'aime montrent toujours des personnages complexes, mais dans lesquels on peut se retrouver. w l'époque, surtout dans la culture du skate ou du hip-hop, ou dans tout ce que faisaient les ados, c'était pas cool du tout d'être motivé. Etre motivé, il n'y avait pas plus nul.

Essayer, bosser dur, c'était franchement ringard. D'ailleurs, on en parle dans le film. Ceux qui avaient une motivation profonde m'impressionnaient. Je voulais qu'un des personnages reflète cette attitude. Quand j'ai rencontré Na-Kel Smith, j'ai tout de suite vu ça en lui. Il est hyper cool, hyper bon acteur et jamais ringard.

Rembert : C'est un acteur incroyable


Jonah : Il peut jouer quelqu'un de motivé, mais pas ringard. Pour moi, le film repose là-dessus. Trouver ces jeunes, faire le film avec eux et les regarder évoluer de skateurs à acteurs a certainement été l'expérience la plus émouvante de ma vie.
Rembert : J'allais vous demander comment vous les aviez trouvés et comment vous aviez fait pour qu'ils soient un groupe aussi bien assorti et crédible.
Jonah : Quand on écrit un scénario, on crée des personnages et on a hâte de les voir prendre vie. Je connaissais des tas de gens dans le milieu du skate, ceux que j'avais côtoyés dans mon enfance et certains rencontrés plus récemment. J'ai donc commencé par chercher et j'ai rencontré pas mal de personnes. Mon ami et coproducteur Mikey Alfred m'a énormément aidé. Et puis, j'ai rencontré Sunny dans un skatepark. On n'avait pas encore commencé le casting. On a commencé à discuter et voilà. J'avais trouvé Stevie.

Je cherchais un gamin qui mesurait 90 centimètres, mais 3 mètres dans son esprit et son coeur. Je pense sincèrement que Sunny a beaucoup mieux compris son personnage à la fin du film, parce qu'il a acquis bravade et confiance. C'est pour ça qu'il est si crédible. En tant qu'acteur, je n'ai jamais eu de rôle où je devais me mouiller comme Sunny le fait. Il n'avait que 11 ans au moment du tournage, c'est l'âge le plus difficile et le plus tourmenté.

Rembert : Lorsqu'il se met à crier contre sa mère, son attitude à la fin du film, ça m'a bluffé.

Jonah : Il n'est pas du tout comme ça en vrai, mais il est confiant, et comme il fait du skate, il est entouré de personnes plus âgées que lui. Il a l'habitude d'être filmé, parce que les skateurs se filment constamment. On sait tous ce que c'est que d'avoir été timide dans une situation, ou d'avoir ressenti un sentiment de malaise, voire de culpabilité. C'était plus facile de faire des répétitions en situation plutôt que de choisir quelqu'un de nature timide et nerveuse.

Rembert : C'est le premier film que vous écrivez seul. Comment avez-vous procédé ? Comment vous êtes-vous préparé ? Vous êtes allé à LA ?

Jonah : Je me sentais prêt grâce aux différentes expériences que j'ai vécues. Depuis 15 ans, en tant qu'acteur, je fréquente une école de cinéma extraordinaire. J'ai toujours voulu écrire et réaliser un film. J'ai une carrière tellement remplie et enrichissante, c'est une vraie chance et un réel bonheur. J'ai tellement appris des personnages que j'ai interprétés. Souvent, j'ai remarqué que certains acteurs pouvaient être d'excellents scénaristes, mais n'étaient pas prêts à être réalisateurs.
Je savais qu'un jour, je réaliserais un film et que ça me prendrait plusieurs années. Il y a très longtemps, j'ai écrit une pièce avec Spike Jonze. On travaillait de façon très intéressante, on discutait de ce qu'on avait écrit chacun de notre côté. Chacun racontait une histoire du début à la fin, ce qui est un excellent travail d'écriture. Quand j'écrivais Mid90s, je lui ai raconté l'histoire, qui était totalement différente de ce qu'elle est au final.

Il y avait beaucoup de flashbacks sur l'époque où j'avais 12 ans et où je faisais du skate. Spike m'a dit : «Tu as franchement l'air de t'ennuyer quand tu me racontes l'histoire du film, mais tu t'illumines quand tu parles des flashbacks. Il faudrait que tu écrives CETTE histoire.»

Rembert : c'était quand ?

Jonah : Il y a 4 ans. Et c'est à ce moment-là que j'ai décidé d'écrire Mid90s. J'ai passé 4 ans de ma vie à travailler sur le film. Dès que j'étais seul ou que j'avais un surplus d'énergie, négative ou positive, je me plongeais dedans. C'était comme mon meilleur ami. Pendant ces 4 ans, j'allais au tribunal la nuit pour écrire. Je m'asseyais sur les marches sur lesquelles les jeunes s'assoient dans mon film, là où ils regardent les pros et leur parlent. Ensuite, je suis rapidement parti à New York où j'ai continué à travailler. J'adore écrire et j'adore travailler au montage.
Rembert : Le montage ? Je ne m'attendais pas du tout à ce que vous disiez ça. Racontez-moi.

Jonah : J'aime beaucoup tourner, mais le montage, c'est vraiment génial. Quand on tourne, il y a beaucoup d'argent en jeu et de pression. C'est de la créativité à haut risque. Ecrire et monter, c'est ce que j'appelle de la créativité à moindre risque. Une créativité tranquille, on est seul ou avec son monteur. Et quand on invente des choses un peu audacieuses, mais qu'on se trompe, personne ne le sait, à part soi-même et le monteur. Monter un film, c'est comme écrire avec des images. C'est la plus belle expérience que j'aie vécue dans ma vie. Je suis triste que ça soit fini.

Rembert : C'est comme une façon différente et intime de raconter une histoire ?

Jonah : Au moment du montage, il n'y a que moi, les gamins et Nick Houy, mon monteur. Il est extraordinaire, je l'adore. J'aurais pu continuer pendant encore 10 ans. Honnêtement, j'ai envie d'écrire et de réaliser un autre film rien que pour le plaisir de le monter.
Quelqu'un m'a dit un jour : «Le tournage, c'est la récompense reçue pour avoir écrit le scénario. Le montage, c'est la récompense reçue pour avoir tourné.» Mais je ne suis pas d'accord, parce que j'adore écrire. Pour moi, le film en est le résultat. Pour que les acteurs comprennent ce qu'ils faisaient, il fallait qu'ils comprennent qui étaient leurs personnages. Ma récompense, c'est de leur avoir offert ces personnages auxquels ils ont pu s'identifier à 100 %.

Rembert : Les voir devenir les personnages a dû être émouvant et exaltant.

Jonah : Parmi toute la bande, il n'y a que Sunny qui avait déjà tourné. Les autres étaient super angoissés à l'idée de jouer. Et parce qu'ils étaient extrêmement motivés, ils ont incarné leurs personnages à merveille.
Rembert : Racontez-nous les souvenirs que vous gardez du tournage.

Jonah : Je vais commencer par vous raconter une histoire.
Olan, qui interprète Fuckshit, est un garçon terriblement charismatique. Quand il est entré dans la pièce, j'ai oublié de lui faire passer le casting. Scott Rudin m'a dit : «On ne l'a pas auditionné.» Et je lui ai répondu : «Ah oui, pardon. Il est incroyable. Bien entendu; il a le rôle. C'est une star.» Et effectivement, il explose à l'écran.

Rembert : Il est simplement skateur, c'est ça ?

Jonah : Oui. Olan est un garçon incroyablement drôle, il est explosif et déborde d'énergie. Un jour, il était assis dans un coin, hyper calme et je me suis inquiété. Mais en l'observant de plus près, j'ai vu qu'il avait caché son scénario sous la table et qu'il était en train de répéter.
Au début, j'avais du mal à le faire arriver à l'heure, mais vers la fin du tournage, il était là quand il fallait, comme un vrai pro. Tous avaient envie d'apprendre, c'était génial et émouvant. Ça a été le plus bel été de ma vie.
Quand je regarde les photos, j'y repense avec nostalgie et ça me manque.

Rembert : Un été difficile, mais drôle.

Jonah : Oui, c'est ça. C'est pas évident de travailler avec des ados. Il faut leur expliquer les choses plusieurs fois. C'est là qu'intervient mon expérience d'acteur. Parce que je comprends pourquoi ils font certains choix de jeu. Ou alors j'essaie de les détendre, je les encourage à rester eux-mêmes, je les félicite.

Rembert : C'est plus une question de confiance que des leçons de jeu ?

Jonah : Je dois les amener à croire en eux. Certains m'ont dit quelque chose de très émouvant : même s'ils sont devenus très forts en skate, ils sont trop souvent considérés comme des marginaux, des losers. Et ils n'ont jamais été poussés dans le domaine artistique, aucun adulte ne leur a jamais donné cette chance. Ils ont adoré être choisis, reconnus. Ça les a véritablement boostés.

Rembert : Vous avez dit tout à l'heure que quand vous étiez un jeune acteur, vous aviez appris de vos héros. Qui vous a marqué ?

Jonah : Tous ceux avec qui j'ai travaillé. Si on veut être réalisateur et qu'on est acteur, on est au premier rang. J'ai joué dans une soixantaine de films. Je suis plus vieux que ce que vous pensez.
Rembert : On a le même âge, et tout d'un coup, je me sens plus vieux, mais bon, continuez...

Jonah : (il rit) J'ai 34 ans et j'ai joué dans 60 films. J'ai donc ma place au premier rang, qu'elle soit bonne ou mauvaise. Pour moi, tout a commencé avec Super Grave. J'ai observé Seth Rogen et Evan Goldberg (les scénaristes), deux personnes que j'admire et adore, faire un film qui résonnait en eux. J'étais très jeune et ça a planté la graine en moi, j'ai vu que c'était possible. Comme j'ai joué dans leur film, les gens ont cru que j'allais faire une version ressemblante, mais ces types sont des génies, c'était leur voix à eux, ils m'ont énormément inspiré. Ensuite, j'ai travaillé avec Bennett Miller. Et avec lui, j'étais aux premières loges, j'ai vu son immense
talent de réalisateur dramatique. Je l'appelle régulièrement, souvent pour l'embêter.
Ensuite, bien sûr, il y a Tarantino, Scorsese, les frères Coen, Gus Van Sant et Harmony Korine...

Rembert : Vous êtes comme un homme de 80 ans qui serait encore élève dans une école de cinéma.

Jonah : Je veux pas que ça s'arrête.

Rembert : Dans ce cas, ne passez jamais votre diplôme.

Jonah : Pour moi, la récompense, c'est le savoir. Quand je me suis lancé dans mon premier film en tant que réalisateur, je me sentais prêt, angoissé, excité, mais je pense que j'avais fait mes devoirs avant, j'avais passé 3 ans à écrire le film. Très souvent, je remarque que quand le scénario est écrit à la va-vite, le film est fait à la va-vite. Je ne sais pas du tout ce que le public pensera de mon film, mais je sais au moins que j'ai bien planché dessus.

Rembert : Vous ne vous direz pas : «Oh, merde, j'avais pas pensé à ça» ?

Jonah : Non. Je comprends que quand dans les films que j'aime ou ceux dans lesquels j'ai joués et qui sont bons, il y a toujours eu du temps, des efforts, une obsession et du coeur. Beaucoup de films n'ont pas ces composantes. Bien entendu, on ne sait jamais comment un film sera reçu par les spectateurs, mais quand on a fait son film avec son coeur et qu'on a beaucoup travaillé, on peut être fier du résultat et on peut le défendre.
Rembert : C'est marrant, mais avant même d'avoir vu le film, je savais que la musique serait géniale.

Jonah : (il rit) Parce qu'elle est composée par Trent et Atticus ?

Rembert : Non, parce que je sais à quel point la musique compte pour vous.

Jonah : On a écrit certaines scènes pour coller avec la musique.

Rembert : Ça ne m'étonne pas. Je savais que la musique aurait un véritable sens.

Jonah : Joli compliment. Merci.

Rembert : Il y a même un moment, vers la fin du film, où la musique sert de narratrice. Vous voyez ?

Jonah : Oui. Les paroles sont : «C'est la nuit où tout a changé.»

Jonah : C'est le premier titre de l'album «Liquid Swords» du groupe GZA. C'est pour ça qu'à la fin du deuxième acte, pour passer au troisième acte, j'ai utilisé le titre qui a le plus marqué mon enfance. On l'a entendu des millions de fois, mais on n'était pas sûrs de l'intégrer dans le film. Est-ce que les producteurs comprendraient ? Mon agent ne comprenait pas ce que ça voulait dire, certains n'aimaient pas GZA. J'aurais pu ne pas le mettre, mais ça faisait tellement partie de mon ADN que je devais l'intégrer.

J'ai eu la chance de travailler avec des producteurs formidables : Scott Rudin, Ken Kao, et Eli Bush, qui a mon âge. On est amis, il comprenait mon sentiment et il se battait avec moi. Si on avait travaillé pour les studios Universal, ils nous auraient dit : «Enlevez ce narrateur bizarre à la Kung Fu qui dit que c'est la nuit où tout a changé.»
On a montré le film à Raekwon (rappeur, membre du groupe Wu-Tang Clan, qui parle sur la chanson de GZA), et il a pleuré à la fin.
Le film rend les gens très sensibles, ça réveille leurs émotions. Et montrer ses émotions, c'est tellement contraire à l'éthique dans le hip-hop, en particulier dans les années 90. Donc Raekwon a vu le film et il a pleuré. Je pense qu'il ne s'attendait pas à être aussi touché.

Rembert : Est-ce qu'il y a des choses que vous avez cherché à éviter en faisant le film ?

Jonah : Nos deux règles étaient : pas d'excès de nostalgie et pas d'excès de skate. Oui, bien sûr, les ados portent des tee-shirts avec l'inscription «Street Fighter», mais on n'en fait pas des caisses, c'est juste une façon de s'habiller. Ce n'est pas un film totalement années 90. Ni un film totalement skate. Le skate est présent dans le film, oui, bien sûr, comme un fil conducteur.

Rembert : Ce sont principalement les personnages qui sont mis en avant.

Jonah : Je suis tellement heureux quand après avoir vu le film, les gens viennent me raconter leur histoire. Na-kel est la star que j'ai toujours rêvé d'avoir. La scène entre lui et Sunny est une des premières scènes que j'ai écrite et elle est restée telle que je l'avais écrite. Lorsque Na-kel dit à Sunny : «Tu n'échangerais pas ta vie contre la leur.» C'est la scène préférée de tant de gens, ça les touche, mais il ne fallait pas qu'elle paraisse bidon ni ringarde. Il fallait que je trouve l'acteur qui serait capable de dire ce genre de phrase sans avoir l'air ridicule. En plus, Na-kel est un skateur pro extrêmement doué. Il est considéré comme le maître dans ce milieu. Donc forcément Sunny était plus impressionné et attiré par lui que par moi.

Rembert : J'ai une autre question concernant la musique.

Jonah : J'ai deviné. C'est le titre de Morrissey.
C'est le premier titre qu'on a eu. J'ai écrit des lettres à tout le monde (on n'avait pas un budget musique énorme). Morrissey m'a répondu et nous a donné cette chanson.

Rembert : Avez-vous montré aux jeunes certaines pièces de la culture pop de cette époque ?

Jonah : On ne leur a donné ni gadgets ni jeux vidéo, on ne leur a pas montré des épisodes de Beavis and Butthead. Pour moi, l'époque n'a pas d'importance. Cette histoire est intemporelle. C'est vrai que les deux frères jouent ensemble à «Twisted métal». C'est un jeu auquel je jouais avec mes copains, mais cette scène est avant tout une scène entre deux frères. Je leur ai quand même donné des iPods avec une playlist des années 90. C'est Scorsese qui m'a donné cette idée. Quand j'ai joué dans Le Loup de Wall Street, il m'avait fait une playlist de la musique de l'époque, c'était super intéressant et ça m'a beaucoup aidé.

On leur a également montré pas mal de vidéos de skate de l'époque, ainsi que le film This Is England. Mid90s n'a rien à voir avec ce film, mais je voulais leur montrer que les personnages sont hyper jeunes, mais ne se sentent pas si jeunes, pour qu'ils comprennent mon intention.

Rembert : j'adore l'effet «Fisheye».

Jonah : Alors ça, ça a été super compliqué, parce que ces caméras se cassent très facilement. On peut en commander, mais elles datent de 1995. On a tourné avec les caméras de l'époque. On n'a pas utilisé de filtre. On a fait ça dans les règles et c'était génial. C'est Fourth Grade qui a filmé.

On a tourné en Super 16 et en format 4:3. Mon directeur de la photo, Chris Blauvelt, avait l'habitude de cette technique.

J'aimerais ajouter une anecdote. J'ai vu Whiplash, avec Bennett Miller. En sortant, on a parlé de Damien Chazelle et Bennett m'a dit : «Ce mec est plus jeune que toi. Tu ferais bien de te mettre au boulot. Donc, je suis rentré chez moi et je me suis mis à écrire. J'ai accéléré la cadence.

Oh, et j'aimerais ajouter quelque chose qui vous plaira.
J'ai cherché à montrer que le hip-hop a été une forme d'art très importante pendant notre enfance. Ce que les Beatles étaient pour mes parents, pour moi c'étaient Tribe et Mobb Deep. C'est avec eux que j'ai grandi. Je trouve que très souvent le hip-hop est mal utilisé dans les films et je voulais montrer l'importance capitale de ce mouvement qui nous a accompagnés dans notre adolescence.

Cette expérience m'a tellement apporté. J'y ai consacré quatre ans de ma vie, mais ça en valait la peine. Mon rêve s'est réalisé, j'ai accompli quelque chose. J'y ai vraiment cru quand j'ai vu l'affiche, la bande-annonce et puis le film a été sélectionné au festival de Toronto, il est sorti, des gens l'ont vu. C'est formidable. Je n'ai jamais été aussi fier.


 L'avis de la presse 

Première - Frédéric Foubert
Le premier film réalisé par Jonah HILL capte avec une perfection démente la veille de l'adolescence. Mais aussi c'est aussi un vrai film de skate de la génération MTV.
Soyez prévenu, 90's s'ouvre sur une scène d'une simplicité inouïe. Un gamin de 13 ans (l'épatant Sunny Suljic) pénètre dans la chambre de son grand frère malgré l'interdiction formelle de celui-ci. Il admire les casquettes, les baskets, les posters de stars du rap, et surtout l'impressionnante collection de CD... Nous sommes à Los Angeles dans les années 90, et pourtant, jamais son réalisateur – Jonah Hill, décidément imprévisible - ne sacrifie à la vogue rétro ou à la régression nostalgique. Il y a des housses de couette Tortues Ninja, on y joue à Street Fighter ll sur Super Nintendo, on entend Kiss from a Rose DE Seal à la radio ; mais Hill n'appuie jamais sur ces marqueurs, pour obtenir l'approbation de son public. Il reste sur l'impression de cette première scène, au réalisme parfaitement saisi : l'admiration béate du petit frère pour le grand, de l'enfant pour l'adulte, ce sentiment, ce sentiment qui anime son petit héros et qu'on pourrait presque qualifier d'universel si l'on n'avait pas peur d'affirmer des généralités. Tant pis pour la banalité, car 90's ne balance rien de cliché malgré son look de récit d'initiation adolescente : un gamin brutalisé par son grand frère adoré, élevé par une mère seule mais pas trop débordée (Katherine Waterson), devient la mascote d'une bande de skateurs gentiment cool mais glandeurs glandeurs, menée par un leader inspirant (Na-Kel Smith, vraie révélation).

Qestion de Rythme.
Tout en fournissant de vraies scènes de skate, profitant des capacités naturelles de son casting, Hill parvient à condenser tout un été crucial, un été qui passe ni trop vite ni trop lentement, où chaque évènement prend sa juste place ; la fascinante préparation d'une planche de skate prend l'allure de la forge de l'épée d'un héros, tandis qu'une teuf où l'on découvre à la fois l'alcool et le sexe semble passer en un éclair. 90's parvient à raconter tout cela avec le bon rythme. La bonne durée. Tenez-vous bien ; ce film dure moins de 1h30. Soit rien du tout à l'échelle des « boursoufleries » mélo mal produites de Hollywood. Mais à la hauteur d'un gamin au seuil de l'adolescence, ça peut contenir une vie entière.


Télérama - Jacques Morice
Un préado apprend le skate auprès d'une bande de jeunes qu'il adule. Un premier film magnifique, aux accents autobiographiques.

La jeunesse, le skate, le soleil californien, on a déjà vu ça. Qu'est-ce qui fait le prix de cette pure merveille, qui défile comme un rêve ? La raison immédiate tient sans doute à la bouille poignante de Sunny Suljic, qui incarne Stevie, 13 ans. Entre lionceau et ange chiffonné, ce môme crève l'écran dès qu'il apparaît. Ses yeux effilés par le rire ou l'affront, son air dégourdi et sauvage à la fois, tout porte en lui la vulnérabilité d'un enfant qui veut jouer les hommes. Son grand frère, bloc de maniaque¬rie et d'in¬¬hibition, le cogne parfois. Stevie, pour¬tant, ne le craint pas. En son absence, et malgré son interdiction formelle, il n'hésite pas à pénétrer dans sa cham¬bre, sorte de temple sacré, avec ses cas¬quettes, ses maillots de sport et ses CD parfaitement rangés. Stevie les con¬temple et les touche com¬me des icônes.

Mais son culte à lui, il va le trouver ailleurs, dans la rue. Un jour qu'il traîne à vélo, il remarque un groupe de skateurs, devant une boutique. Leur dégaine, leur insolence décontractée, leur virtuosité agissent com¬me un aimant. Il ne tarde pas à rejoin¬dre cette tribu, composée de quatre garçons plus grands, plus âgés que lui. Quatre personnages, différents à bien des égards (y compris socialement), mais qu'une obsession commune fédère intensément.


Libération - Camille Nevers
Charmant bien qu'un peu sage, le premier film réalisé par l'acteur Jonah Hill suit un ado qui intègre une bande de skateurs le temps d'un été initiatique.
Harmony Korine sort de la chambre en remontant sa braguette. Du film, c'est ce que l'on verra de plus trivial ou inconvenant. 90's, réalisé par l'acteur Jonah Hill, marque plutôt par une forme de délicatesse accusée, un style volontaire d'esquive des moments ingrats et plus brutaux - les coups de poing du grand frère, surjoués au bruitage, éludés à l'écran, les défonces au crack du dénommé «Fuckshit», le skateur métis aux longs cheveux blonds, les hurlements étouffés entre la mère et Ian le fils aîné, ou la première expérience sexuelle avec une fille plus âgée à l'initiative.

Pulsion

Plus généralement Jonah Hill, passé derrière la caméra après avoir été notamment le gros acteur poupon et sérieux aux yeux bleus chez Judd Apatow et consorts, ne s'appesantit pas sur la violence sociale en toile de fond de sa chronique teen, violence en famille, violence des rues, ou de l'enfance livrée à elle-même. La grâce dépenaillée de son premier film dévie vers une mignonnerie assumée dans la dernière partie. Korine est donc de ce seul plan invité, amant d'un jour de la mère, et voici la référence à Kids (1995, écrit par Korine, filmé par Larry Clark) entérinée, affaire réglée - ainsi que, par la même occasion, les mœurs dissolues de cette maman jeune et jolie, exemplaire mais quand même fille-mère. Ça lui vaudra, dans la seule scène d'hystérie du film, de se faire brailler dessus par le gamin exceptionnellement sorti de ses gonds, qui lui renvoie toute la bile haineuse rentrée de gentil garçon.

Ce qu'il y a de plus personnel et remarquable dans 90's, c'est la douleur, son masochisme. Stevie, le gamin qui se prend des coups et qui, pour apprivoiser la douleur et même s'en délecter, décide d'aller au-devant du danger et des coups : trompe-la-mort, Trompe le monde, comme le titre d'un album de 1991 des Pixies (dont le film reprend, issu de Doolittle, Wave of Mutilation, ton sur ton doloriste). Stevie apprend à surclasser la douleur, sa manière de la maîtriser est de la rendre désirable. Le plaisir de la raclée, de la chute de skate répétitive, sur le sol en béton ou du haut d'un toit, au risque de se tuer. Aux fins aussi d'un apprentissage à la dure, profitable et triomphal. Stevie parvient ainsi à se faire accepter, adopter par les «grands», les autres skateurs trop stylés qui deviendront, à force de bleus et de blessures graves, ses potes.

C'est ce qui fait du film autre chose que la bluette hypée, le bon devoir de premier essai : cet acharnement à se faire mal, à y aller (vers la douleur) dans le risque et le défi relevé jusqu'à l'inconscience, dans un pur élan, une pulsion encore plus absolue que le désir même de s'intégrer à la bande des grands. Car il y a chez Stevie la pulsion catégorique de rouler, de glisser, de parvenir à une certaine vitesse, laquelle, bien lancée, lui procurera le kif parfait, le bonheur suprêmement léger : glisser sur les choses et au-dessus d'elles. Dominer son sujet. Voler. Stevie, c'est le mythe d'Icare miniature, il se casse la gueule, se fait mal, se punit (avec cette brosse dure dont il se frotte au sang la cuisse après avoir volé sa mère). Est puni par le grand frère Ian dont il admire tout, les goûts musicaux, l'âge et les fringues, et jusqu'à la douleur qu'il lui inflige, dont il tâte la réalité au reflet du miroir... Cette admiration est aussi une envie dévorante. La stature de Ian s'effrite peu à peu, il s'humilie, perd sa superbe, s'écrase, et l'envie se transforme bientôt en mépris que le petit retourne contre le grand, seule condition pour gagner son estime, enfin. Drôle d'apprentissage et vraie étude d'un masochisme enfantin. Le comédien, au sourire radieux de fille, est la mascotte-star de 90's : Jonah Hill a pris soin de bien choisir les gueules de son casting.
Zone
Problème, le film se referme sur son scénario, dont il préfère la portée conventionnelle mais harmonieuse - l'unisson final autour du multimiraculé - à la libération virulente et à l'issue fatale, sans doute. Il ne serait que temps de revoir De bruit et de fureur de Jean-Claude Brisseau, film assez proche, pour saisir ce qui ne se passe pas ici, reste sage et réconfortant au lieu de déborder vers l'injustifiable que nul ne peut enrayer. On peut comparer 90's avec le récent Wildlife de Paul Dano, aussi. Deux comédiens cinéastes, deux premiers films, deux portraits d'enfance, deux solitudes nez en l'air se tiennent là.

90's commence idéalement dans l'élan ivre de possibles de son petit héros, seulement s'essouffle vers le milieu à trop vouloir remplir toutes les cases d'un scénario, ne déplaire à personne. Wildlife, sorti il y a quatre mois, débutait sans relief particulier pour gagner en puissance sûre, de plus en plus déconcertant, s'autorisant des embardées et des sorties de clous avec un ton résolu, caractéristique. Quitte à déplaire. Dans 90's, ce sont les scènes de groupe les meilleures, entre skateurs, leurs dialogues débiles et leur virtuosité de glisse, et les descentes de police, tout ce qui a lieu dans la zone, inframondes entremêlés, clodos, drogués, skateurs, petites meufs, oisifs, flics compris. La bonne bande originale nineties rap et rock est bien balancée. Mais ça, c'était le minimum.


L'Humanité - Vincent Ostria
Le film aurait pu être encore plus cru et plus brut (on n'est jamais content), mais Jonah Hill ne tombe jamais dans les panneaux attendus. Un montage audacieux étaie l'appropriation du médium par le cinéaste en herbe, qui en fait son nouveau terrain de jeu.

Les Inrockuptibles - Jacky Goldberg
La façon dont Jonah Hill, dès le début de son premier long métrage, pose son décor, son intrigue (somme toute très simples), mais aussi son regard, un authentique regard de cinéaste, est remarquable. Chaque plan résulte là d'une nécessité vitale, chaque scène semble comme arrachée au sirop mémoriel qui irrigue fatalement un film nommé 90's (Mid90s, en VO), pour être restituée dans toute l'amertume et la violence de son présent. Fortement autobiographique, 90's raconte la découverte, par un kid de L.A. nommé Stevie, du skateboard et de sa culture. C'est un film qui entend se replonger dans une époque bénie –pour celui qui le réalise autant que pour l'auteur de ces lignes–, et célébrer la candeur des derniers feux d'un monde sans internet. Mais c'est surtout un film qui ne se contentera pas d'aligner, pour seul programme, les signes extérieurs de coolitude.
Retour à l'Est. Une jeune trentenaire née en Bulgarie et élevée en France part à la recherche de ses origines. Elle tente notamment de faire la lumière sur certaines zones d'ombre du passé, en cherchant à savoir si certains membres de sa famille ont appartenu à la police secrète qui espionnait ses compatriotes. Une enquête échevelée et fantasque oscillant en permanence entre le psychodrame et la farce, où l'on découvre, au-delà du sujet et des personnages, tout un pan enfoui de la vie sociale dans le monde communiste. Une œuvre personnelle, subjective et superbement bricolée, dont la dimension intime et le contexte rappellent un documentaire récent sur l'ex-¬Yougoslavie: l'Envers d'une histoire.

Sur les planches. Un gamin de Los Angeles fait l'apprentissage de la vie avec une bande de skateurs post-ados qui l'initient aux plaisirs de la ¬transgression et de la glisse. Pulsé et chahuteur, le premier film autobiographique réalisé par l'acteur Jonah Hill est une (bonne) surprise. Au lieu de la comédie trash attendue, c'est une chronique des rues à la Martin Scorsese, un Mean Streets contemporain. Le film aurait pu être encore plus cru et plus brut (on n'est jamais content), mais Jonah Hill ne tombe jamais dans les panneaux attendus. Un montage audacieux étaie l'appropriation du médium par le cinéaste en herbe, qui en fait son nouveau terrain de jeu.

Affreux, sales et pas très méchants. D'une certaine manière, ce film confirme que la comédie à l'italienne n'est pas morte. En montant en épingle l'inactivité et la bêtise des habitants d'un village des Pouilles, adéquatement nommé Disperata (désespérée), Winspeare retrouve un peu de la saine vulgarité et de la violence des Risi et Scola d'antan. Mais si au départ quelques accents pasoliniens affleurent, et si un jeu intéressant sur la vacuité permet au film de ne pas sombrer illico dans la gnangnantise, ça se gâte vite. La bêtise burlesque des deux héros pieds nickelés (deux frères délinquants ratés) se transmue inexorablement en gentillesse crasse. La fin est un naufrage.




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