Un jour de pluie à New York

  jeudi 10 Octobre   
20 H 30


Film d'ouverture Deauville Festival du cinéma Américain

Montage : Laurence Briaud,Alisa LEPSELTER ACE
Décors : Santo LOQUASTO
Costumes : Suzy BENZINGER
Image : Vittorio STORARO AIC. ASC
Coproductrice : Helen ROBIN
Producteur exécutif : Adam B. STERN,: Howard FISHER,Ronald I.CHEZ
Casting : Patricia DiCERTO
Producteur : Letty ARONSON. p.g.a,Erika ARONSON. p.g.a
Ecrit et réaliser par: : Woody ALLEN
Distribution : Mars Films

Site officiel


 Avec 

» Timothée CHALAMET - Gatsby» Elle FANNING - Ashleigh» Selena GOMEZ - Chan
» Jude LAW - Ted DAVIDOFF» Diego LUNA - Francisco VEGA» Liev SCHREIBER - Romain POLLARD
» Annaleigh ASHFORD - Lily» Rebecca HALL - Connie» Cherry JONES - La mère de Gatsby
» Will ROGERS - Hunter» Kelly ROHRBACH - Terry


 Synopsis 

Deux étudiants, Gatsby et Ashleigh, envisagent de passer un week-end en amoureux à New York.
Mais leur projet tourne court, aussi vite que la pluie succède au beau temps...
Bientôt séparés, chacun des deux tourtereaux enchaîne les rencontres fortuites et les situations insolites.


 Anecdotes 

NOTE DE PRODUCTION

UN JOUR DE PLUIE À NEW YORK s'attache à un jeune couple, Gatsby (Timothée Chalamet) et Ashleigh (Elle Fanning), dont l'espoir de passer un week-end en amoureux à Manhattan vire à la farce.

Lorsque Ashleigh doit aller interviewer son cinéaste préféré, Roland Pollard (Liev Schreiber), à Manhattan, pour le journal de son université, le couple en profite pour concrétiser son projet. En New-yorkais amoureux de sa ville, le jeune homme est ravi de faire découvrir ses lieux de prédilection à sa petite amie, originaire de l'Arizona.

Malheureusement, l'interview d'Ashleigh tombe le jour où la mère de Gatsby organise une fête où celui-ci compte bien ne pas aller. En effet, il est brouillé avec ses riches parents – et particulièrement avec sa mère (Cherry Jones) – qui ont toujours nourri de grandes ambitions pour lui. Tandis qu'ils considèrent l'argent comme un symbole indépassable de réussite sociale, Gatsby le dilapide au jeu avec désinvolture. « Ce n'est pas tant l'argent qui l'intéresse, précise Woody Allen. Il a un instinct naturel pour ça et c'est devenu à la fois séduisant et addictif. Chez lui, l'argent va et vient facilement, si bien qu'il n'a aucune importance à ses yeux. »

Comme son homonyme dans le roman de F. Scott Fitzgerald, Gatsby appartient à une époque révolue. Il préfère le cinéma classique hollywoodien aux films contemporains et les grands standards de Gershwin à la musique actuelle. « Il est farouchement indépendant et il ne s'intéresse qu'à ses propres passions, ajoute le cinéaste. Il est attaché à ses vieux disques, à ses vieilles affaires, et personne n'arrivera à l'en détourner. » Même son penchant pour le jeu reflète son décalage avec son époque : « Pour lui, le jeu a un côté nostalgique et romantique, reprend Allen. À ses yeux, il évoque le New York des années 30 et 40 où les parieurs et les joueurs de courses de chevaux se pressaient à Broadway. Car Gatsby a une conception très romantique de l'existence. »
Tout comme Gatsby, Ashleigh est issue d'une famille fortunée, mais comme elle a grandi dans le sud-ouest des États-Unis, elle est beaucoup plus sereine et insouciante. Elle n'est pas aussi torturée que Gatsby et elle est déterminée à devenir journaliste. Pour autant, contrairement à Ashleigh qui a passé son enfance en Arizona, il est davantage rompu aux usages du monde. « Ashleigh est une charmante provinciale, note le réalisateur. Elle a appris à monter à cheval, à pêcher et à jouer au golf. C'est une fille bien et intelligente, mais elle n'a pas les codes de la vie citadine. »


Dès que Gatsby et Ashleigh arrivent à New York, le jeune homme la dépose à un hôtel de Soho pour son interview de Roland Pollard. Avant même qu'elle ait pu lui poser la moindre question, le cinéaste lui annonce un scoop : il a perdu confiance en lui et il est prêt à renoncer à son nouveau projet. « Pollard est un perfectionniste qui ne cesse de se remettre en question et considère systématiquement que ses films ne sont pas très bons, signale Allen. Les artistes comme lui sont les critiques les plus intraitables à leur égard et sont même plus sévères vis-à-vis de leurs films que le public. » Admiratrice sincère de l'oeuvre de Pollard, Ashleigh l'encourage à ne pas baisser les bras et lui affirme que ses plus grands films restent à venir. Touché par la confiance qu'elle place en lui, Pollard l'invite à la projection d'un premier montage de son nouveau film. Flattée que le cinéaste attache autant d'importance à son opinion et consciente d'être tombée sur un vrai sujet, Ashleigh explique à Gatsby qu'elle doit annuler leur déjeuner.
Gatsby est à la fois déçu et se méfie de la proximité soudaine que sa petite amie a nouée avec le réalisateur en si peu de temps.

À partir du moment où Ashleigh annule leur déjeuner, le projet du couple de week-end en amoureux à New York tombe à l'eau. Dès lors, chacun des deux jeunes gens passe le reste de la journée de son côté. Ashleigh rencontre ensuite Ted Davidoff (Jude Law), scénariste en souffrance de Pollard, puis le séduisant acteur latino Francisco Vega (Diego Luna).

Alors qu'il rend visite à un ami de l'université qui tourne un film à Greenwich Village, Gatsby se laisse convaincre d'y jouer un petit rôle. Il découvre, avec surprise, qu'il est ainsi censé embrasser une jeune femme... et que celle-ci n'est autre que Chan (Selena Gomez), la petite soeur de son ex-fiancée Amy. Chan, qui est du genre effronté et entreprenant, pousse Gatsby à l'embrasser fougueusement et râle lorsqu'il insiste pour le faire la bouche fermée. D'ailleurs, Chan ne cesse de le taquiner. « Chan est passée maître dans l'art de la critique, note Allen. Elle est incisive et c'est une formidable observatrice. Quand elle met quelqu'un en boîte, c'est aussi une manière de le draguer. »

Gatsby et Chan passent la journée ensemble. Ils vont d'abord chez elle, puis au Metropolitan Museum of Art. Chez elle, Gatsby s'installe au piano qui trône ans l'appartement et entonne un standard des années 40, « Everything Happens o Me », qui parle du type le plus malchanceux du monde. Un choix qui ne semble pas des plus judicieux concernant le jeune homme, né dans un milieu très favorisé, mais qui montre qu'il n'est pas heureux. « C'est un solitaire, reprend e cinéaste. Il a passé son enfance à écouter des disques dans sa chambre et n'a pas fréquenté les jeunes de son âge. Il n'a pas fait la carrière que sa mère avait en tête pour lui parce qu'il n'adhère pas à ses valeurs. C'est incontestablement un jeune homme mélancolique. » Chan est séduite par l'interprétation que donne Gatsby de la chanson et ils évoquent leur passion commune pour les grands films romantiques hollywoodiens.

Pendant ce temps-là, Ashleigh assiste au premier montage du film de Roland Pollard et la projection ne se déroule pas bien. Le cinéaste est si découragé u'il quitte la salle, expliquant qu'il a besoin d'être seul et de réfléchir. La jeune femme, qui aime ce qu'elle a vu du film jusque-là, décide d'assister à la fin de la projection en compagnie de Davidoff. En sortant de la salle, le scénariste l'emmène n voiture pour retrouver Pollard. Mais Ted découvre au même moment que sa femme Connie (Rebecca Hall) le trompe. Souhaitant poursuivre sa discussion avec Connie en privé, il dépose Ashleigh dans un taxi à qui il demande de la conduire à un studio de tournage où elle devrait retrouver Pollard et la projection ne se déroule pas bien. Le cinéaste est si découragé qu'il quitte la salle, expliquant qu'il a besoin d'être seul et de réfléchir. La jeune femme, qui aime ce qu'elle a vu du film jusque-là, décide d'assister à la fin de la projection en compagnie de Davidoff. En sortant de la salle, le scénariste l'emmène en voiture pour retrouver Pollard. Mais Ted découvre au même moment que sa femme Connie (Rebecca Hall) le trompe. Souhaitant poursuivre sa discussion avec Connie en privé, il dépose Ashleigh dans un taxi à qui il demande de la conduire à un studio de tournage où elle devrait retrouver Pollard.

En admiratrice sincère de Pollard, de Davidoff et de leur travail, Ashleigh offre un vrai réconfort aux deux hommes pendant leurs moments de doute. « Ashleigh est préservée du cynisme, des mensonges et elle est de leur côté, ajoute Allen. À sa manière, candide, elle est une source d'inspiration pour eux. Elle connaît leur travail qu'elle respecte énormément. Il n'y a rien de retors chez elle. Son regard bienveillant sur leur film est sincère et ils ont besoin de sa franchise à ce moment de leur vie car cela leur fait du bien. »
En admiratrice sincère de Pollard, de Davidoff et de leur travail, Ashleigh offre un vrai réconfort aux deux hommes pendant leurs moments de doute. « Ashleigh est préservée du cynisme, des mensonges et elle est de leur côté, ajoute Allen. À sa manière, candide, elle est une source d'inspiration pour eux. Elle connaît leur travail qu'elle respecte énormément. Il n'y a rien de retors chez elle. Son regard bienveillant sur leur film est sincère et ils ont besoin de sa franchise à ce moment de leur vie car cela leur fait du bien. »

Au musée, Chan apprend à Gatsby qu'elle a toujours eu un faible pour lui et qu'elle est contrariée qu'il n'ait jamais semblé la remarquer quand il venait chez elle pour voir sa soeur. Et ce qu'Amy considérait un peu étrange chez Gatsby charmait totalement Chan – comme la fois où le jeune homme a emmené Amy à Central Park sous la pluie. « Chan trouvait cela romantique parce qu'elle a cette tendance en elle, signale le réalisateur. Les gens les plus romantiques se donnent toujours énormément de mal pour masquer leur pente naturelle et se comporter avec cynisme, mais on se rend compte que ce sont de grands tendres quand on va au-delà des apparences. »

Tout en cherchant Pollard au studio de cinéma, Ashleigh tombe sur Francisco Vega (Diego Luna), comédien dragueur invétéré qui, touché par sa douceur, a envie de la séduire. « Aux yeux de Vega, Ashleigh n'est qu'une jolie blonde, ajoute Allen. C'est le genre de type qui tente de draguer toutes les filles qui s'approchent de lui. » Flattée d'être l'objet des attentions d'un acteur aussi célèbre et séduisant, Ashleigh est troublée et hésite à évoquer l'existence de son petit ami Gatsby. « Elle est soumise à une étrange pression sociale, remarque Allen. Elle cherche, tant bien que mal, à ne pas rabaisser Gatsby, et elle se contente de dire “oui, on peut dire que c'est mon petit copain, et c'est un très gentil garçon, mais il est un peu jeunot”. Elle marche sur des oeufs avec Vega parce qu'elle se sent inférieure à lui. »

Alors qu'il visite une exposition sur un tombeau égyptien, Gatsby croise sa tante et son oncle : il comprend qu'il devra finalement venir à la fête organisée par ses parents. Après avoir aperçu Ashleigh sur un téléviseur de l'hôtel en compagnie de Vega, il est convaincu qu'elle l'a quitté et doit donc inventer un prétexte pour expliquer son absence à la fête. Mais son argument est mal reçu par ses parents et il n'a d'autre choix que d'engager une discussion à coeur ouvert avec sa mère.

Dans UN JOUR DE PLUIE À NEW YORK, les personnages ont tous des problèmes liés à leur identité. Gatsby est celui qui souffre du plus grand complexe puisqu'il n'a pas encore tout à fait cerné qui il était. Sa mère (Cherry Jones), quant à elle, se révèle une tout autre personne qu'il s'imaginait. À plusieurs reprises, on comprend qu'Ashleigh se cherche encore : quand elle rencontre Vega, elle est tellement troublée par sa notoriété qu'elle ne se souvient même plus de son nom et elle sort deux fois son permis de conduire pour s'identifier. Davidoff, de son côté, vit dans l'ombre de Pollard. Quant à ce dernier, il n'est plus l'artiste qu'il était. Enfin, Vega souffre, en tant qu'acteur, d'être systématiquement catalogué dans le même registre de rôles.

Outre la problématique de l'identité, les personnages aspirent tous à être reconnus. Gatsby voudrait que sa mère l'accepte tel qu'il est. Chan a été blessée que Gatsby ne l'ait jamais remarquée quand il fréquentait sa soeur. Quand on découvre Vega, il porte un masque et Ashleigh ne le reconnaît pas avant qu'il le retire. Et la mère de Gatsby considère que le moment est venu pour révéler son vrai visage à son fils. « Ces personnages ont tous besoin que les autres ne s'arrêtent pas à leur apparence physique pour pouvoir les percer à jour, indique le cinéaste. C'est assez répandu dans la vie. Par exemple, vous pouvez tomber amoureux de quelqu'un qui ne vous voit pas. Bien entendu, cette personne vous voit, au sens physique du terme, mais vous êtes transparent à ses yeux. »

Tout comme les personnages aimeraient être reconnus pour ce qu'ils sont, le style visuel y fait écho. C'est ainsi que leur visage est souvent masqué ou filmé dans l'ombre. On pense notamment à la scène où Gatsby et Chan, sur le tournage, sont dans une voiture : au lieu d'apercevoir les deux personnages, on distingue, reflété dans la vitre de la voiture, ce qui se passe à l'extérieur du véhicule. « Dans un film, il ne s'agit pas de tout montrer nettement en permanence, précise le chef-opérateur Vittorio Storaro qui a éclairé CAFÉ SOCIETY et WONDER WHEEL de Woody Allen. La plupart du temps, il est préférable que les personnages soient filmés derrière un décor ou ne soient que partiellement visibles. Il faut varier le style visuel pour que le spectateur reste attentif. »

Le directeur de la photo a eu recours à divers types d'éclairages et de mouvements d'appareil pour mettre en exergue les différences de personnalité entre Gatsby et Ashleigh. « Gatsby adore New York lorsque le ciel est nuageux ou, mieux encore, quand il pleut un peu, note Storaro. Ashleigh est solaire et passionnée et j'ai donc utilisé des tons plus chauds la concernant. » Même lorsque le couple est réuni, Storaro a réussi à trouver des variations. « Il ne pleut pas toute la journée et le temps change, reprend-il. Parfois, le vent chasse les nuages et le soleil fait son apparition puis, par la suite, le soleil se cache à nouveau. J'ai cherché à tirer parti de ces alternances de pluie et de beau temps qu'on ne peut pas prévoir. Lorsque Gatsby, sous les nuages qu'il aime tant, appelle Ashleigh, j'ai utilisé une source de lumière chaude pour la jeune fille. » Storaro a également privilégié le Steadicam pour les déplacements d'Ashleigh et une caméra en pied pour Gatsby. « Nous nous sommes servi d'un Steadicam pour souligner la liberté de mouvement dont Ashleigh a besoin, dit-il. C'est une jeune fille libre et ouverte aux nouvelles expériences, alors que Gatsby est davantage attaché à la stabilité. »

Tout comme New York, la pluie est un personnage à part entière. « On voulait que la pluie soit un symbole du romantisme et de l'amour, affirme Allen. New York est toujours magnifique sous la pluie, dans la brume ou par temps gris. Il y a quelque chose que j'aime dans cette lumière douce et dans ces rues lavées par la pluie. » La pluie suggère aussi les différents regards de Gatsby et d'Ashleigh sur la vie. « Alors que pour Ashleigh, la pluie est lugubre, elle est romantique aux yeux de Gatsby », note encore Allen.

Les lieux dans lesquels se rendent les deux jeunes gens sont aussi emblématiques de leurs différences de personnalités et des situations contrastées qu'ils vivent au cours de cette journée à New York. « Gatsby est amoureux du New York rétro, explique le chef-décorateur Santo Loquasto. Du coup, on le voit à Greenwich Village et dans de vieux hôtels, ou encore dans des endroits qui nous ramènent à une époque révolue comme le Bemelman's Bar du Carlyle Hotel. À l'inverse, Ashleigh tombe amoureuse d'un New York plus contemporain qu'on retrouve dans le glamour d'un hôtel de Soho ou d'un loft du sud de Manhattan. Son univers est plus audacieux : elle aime les lieux spacieux et les meubles contemporains élégants. » Le Bowery Hotel de l'East Village a campé le Wooster Hotel, fictif, où se rend Ashleigh pour interviewer Roland Pollard. Étant donné que la production ne pouvait pas interrompre les allées et venues des clients de l'hôtel, Loquasto et son équipe ont construit une façade dans une rue différente et créé leur propre hall d'accueil à l'étage au-dessus de celui de l'établissement. « J'ai repris les meubles de l'hôtel et j'ai aménagé le décor pour qu'il donne le sentiment d'être un vrai hall d'accueil, dit-il. On a aussi utilisé beaucoup de tapis d'Orient et d'imitations de tableaux orientalistes qu'on a suspendus un peu partout. On voulait avoir un style branché qui évoque un peu le XIXème siècle. »

Le bureau de Pollard, installé dans la suite d'un hôtel, a été tourné dans le loft privatif d'un particulier. « Le décor était impressionnant, témoigne Loquasto. Il s'agissait d'une magnifique suite, légèrement fantasmatique, qu'un réalisateur pourrait louer. » L'appartement classique de Chan, censé être situé dans l'Upper East Side, a été tourné à Central Park West. « Les propriétaires avaient un fils et une fille, reprend le chef-décorateur. La fille qui vit là avait la même sensibilité que Chan. On a dû y acheminer des accessoires spécifiques, comme des croquis, des aquarelles et quelques livres, mais sinon, on a pu se contenter de filmer ce qui était déjà sur place. »

Avec UN JOUR DE PLUIE À NEW YORK, Woody Allen offre sa propre relecture d'une comédie sentimentale de l'âge d'or hollywoodien. « J'ai toujours adoré ces films-là, signale le cinéaste. Je les trouve merveilleux. C'est une histoire d'amour et j'avais envie de la situer dans un New York romantique sous la pluie. » UN JOUR DE PLUIE À NEW YORK est beaucoup plus optimiste que la plupart des films de leur auteur. « À mes yeux, il est plein d'espoir, analyse Allen. J'ai le sentiment que Gatsby finit par se trouver au cours de ce week-end. Il a de meilleurs rapports avec sa mère et il y voit plus clair concernant la femme de sa vie.

Gatsby et Ashleigh arrivent à New York un samedi matin et comptent en repartir le lendemain matin. Comme Gatsby a minutieusement tout planifié, on sait constamment à quel moment de la journée on se situe, mais on sent que la situation lui échappe. Le temps est un thème majeur et la présence importante d'une horloge dans l'histoire n'est pas fortuite. « Gatsby a tout organisé scrupuleusement pour faire de ce week-end avec Ashleigh un moment délicieux, conclut Woody Allen, mais rien ne se passe comme prévu. Comme le dit Gatsby, “New York vous résiste”. Le temps joue toujours contre vous. On peut tenter de le maîtriser, ou de le manipuler un peu, mais au bout du compte, on n'y arrive pas. Dès l'instant où les personnages s'embrassent sous l'horloge à la fin, le temps a une incidence sur leur relation et celle-ci durera peut-être un an, deux ans, dix ans, vingt ans ou leur vie entière. Mais elle évoluera au fil du temps, comme tout le reste. »

RÉSUMÉ DES OSCARS

- 7 nominations à l'Oscar du meilleur réalisateur
- Oscar du meilleur réalisateur pour ANNIE HALL
- 16 nominations à l'Oscar du meilleur scénario original
- Oscars du meilleur scénario original pour ANNIE HALL,
HANNAH ET SES SOEURS et MINUIT A PARIS
- 1 nomination à l'Oscar du meilleur acteur
- 3 nominations à l'Oscar du meilleur film
- Oscar du meilleur film pour ANNIE HALL


Derrière la caméra

WOODY ALLEN - Réalisateur, scénariste
2019 UN JOUR DE PLUIE À NEW YORK
2017 WONDER WHEEL
2016 CRISIS IN SIX SCENES - série télévisée, également interprète
CAFÉ SOCIETY
2015 L'HOMME IRRATIONNEL
2014 MAGIC IN THE MOONLIGHT
2013 BLUE JASMINE
Nomination à l'Oscar du Meilleur Scénario Original
2012 TO ROME WITH LOVE - également interprète
2011 MINUIT À PARIS
Oscar du Meilleur Scénario Original
Nomination aux Oscars du Meilleur Film et du Meilleur Réalisateur
2010 VOUS ALLEZ RENCONTRER UN BEL ET SOMBRE INCONNU







 Quelques mots 

Devant la caméra

TIMOTHÉE CHALAMET – Gatsby

Timothée Chalamet a récemment donné la réplique à Steve Carell dans MY BEAUTIFUL BOY de Felix Van Groeningen qui lui a valu des citations au Golden Globe, au SAG Award et au BAFTA Award. En 2017, il a tenu le rôle principal de CALL ME BY YOUR NAME de Luca Guadagnino, aux côtés d'Armie Hammer et Michael Stuhlbarg. Pour sa prestation, il a décroché des nominations au Golden Globe, au SAG Award, au BAFTA Award et à l'Oscar (il a été le plus jeune acteur cité à l'Oscar depuis 1939). Il a par ailleurs remporté l'Independent Spirit Award, le National Board of Review Award de la meilleure révélation et les prix de plusieurs associations de critiques.

La même année, il a joué dans LADY BIRD de Greta Gerwig, avec Saoirse Ronan, Golden Globe du meilleur film, et HOSTILES de Scott Cooper, face à Christian Bale. On l'a aussi vu dans INTERSTELLAR de Christopher Nolan et MISS STEVENS de Julia Hart.

On le retrouvera bientôt dans THE KING de David Michod, avec Joel Edgerton, THE FRENCH DISPATCH de Wes Anderson, avec Frances McDormand, et LITTLE WOMEN de Greta Gerwig, avec Saoirse Ronan, et DUNE de Denis Villeneuve, d'après le chef d'œuvre de Frank Herbert.

Côté télévision, il a joué dans la deuxième saison de HOMELAND, aux côtés de Damian Lewis et Claire Danes. Au théâtre, Timothée Chalamet a été nommé au Drama League Award, au Clive Barnes Award et a reçu le Lucille Lortel Award du meilleur comédien pour la pièce de John Patrick Stanley, « Prodigal Son ».

ELLE FANNING – Ashleigh

Elle Fanning a été citée au Critics' Choice Award pour GINGER & ROSA de Sally Potter en 2013. Un an plus tard, elle a campé la Belle au Bois Dormant dans MALÉFIQUE, aux côtés d'Angelina Jolie. On l'a aussi vue dans SUPER 8 de J.J. Abrams et SOMEWHERE de Sofia Coppola.


En 2016, elle s'est illustrée dans THE NEON DEMON de Nicolas Winding Refn, présenté au festival de Cannes. La même année, elle a tourné dans 20TH CENTURY WOMEN de Mike Mills et LIVE BY NIGHT de Ben Affleck. En 2017, on l'a retrouvée dans LES PROIES, toujours de Sofia Coppola, aux côtés de Nicole Kidman, Kirsten Dunst, et Colin Farrell. L'an dernier, on l'a vue dans I THINK WE'RE ALONE NOW de Reed Morano, aux côtés de Peter Dinklage, présenté au festival de Sundance. Elle a joué sous la direction de Mélanie Laurent dans GALVESTON, avec Ben Foster.

Elle est à l'affiche de TEEN SPIRIT de Max Minghella. Elle endossera de nouveau le rôle de la Belle au Bois Dormant dans MALÉFIQUE : LE POUVOIR DU MAL. Elle retrouvera Sally Potter pour MOLLY aux côtés de Javier Bardem. Elle sera enfin à l'affiche de ALL THE BRIGHT PLACES et de la série THE GREAT, écrite par Tony McNamara.

SELENA GOMEZ – Chan

Selena Gomez s'est vraiment imposée avec SPRING BREAKERS d'Harmony Korine. Le film a été plébiscité à la Mostra de Venise et la prestation de la jeune comédienne particulièrement remarquée. On l'a aussi vue dans THE BIG SHORT : LE CASSE DU SIÈCLE d'Adam McKay, aux côtés de Brad Pitt et Ryan Gosling, et THE FUNDAMENTALS OF CARING, avec Paul Rudd, présenté au festival de Sundance : Selena Gomez a été classée par Vulture comme l'une des « 20 meilleur(e)s acteurs et actrices de l'édition 2016 du festival


Parmi sa filmographie citons, RUDDERLESS de William H. Macy, NOS PIRES VOISINS 2 et LES INSOUMIS de James Franco. Elle a aussi produit la série 13 REASONS WHY. Tout récemment, elle a joué dans THE DEAD DON'T
DIE de Jim Jarmusch, avec Bill Murray et Adam Driver, qui a fait l'ouverture du dernier festival de Cannes.
Chanteuse, elle a vendu plus de 65 millions de titres dans le monde entier. Tout récemment, elle a collaboré avec DJ Snake, Ozuna et Cardi B pour le tube « Taki Taki » qui a atteint le chiffre record de 100 millions de vues. Ses cinq précédents singles ont été encensés par la critique. Fin 2017, elle était classée parmi les « femmes de l'année » par Billboard. En 2015, elle a sorti son album « Revival », plébiscité par la critique. Ses trois premiers singles se sont hissés en tête du Top 40.

JUDE LAW - Ted Davidoff
Deux fois cité à l'Oscar et lauréat du BAFTA Award, Jude Law a récemment joué dans CAPTAIN MARVEL, avec Brie Larson et Samuel L. Jackson, VOX LUX, avec Natalie Portman, et LES ANIMAUX FANTASTIQUES : LES CRIMES DE GRINDELWALD où il campe Dumbledore jeune.

On le retrouvera dans le thriller d'espionnage THE RHYTHM SECTION de Reed Morano, avec Blake Lively, THE NEST de Sean Durkin, aux côtés de Carrie Coon, et THE NEW POPE, suite de la série THE YOUNG POPE de Paolo Sorrentino, aux côtés de John Malkovich. Il s'impose sur la scène internationale avec LE TALENTUEUX MR RIPLEY


LIEV SCHREIBER - Roland Pollard
Liev Schreiber a été consacré « meilleur comédien américain de théâtre de sa génération » par le New York Times.
Il s'est produit dans les six saisons de la série RAY DONOVAN, avec Jon Voight, qui lui a valu cinq nominations au Golden Globe et trois autres au Primetime Emmy Award. Il a également réalisé le premier épisode de la quatrième saison.
Une septième saison sera bientôt en tournage.

Il a inscrit son nom aux génériques de SPOTLIGHT de Tom McCarthy, Oscar du meilleur film, L'ÎLE AUX CHIENS de Wes Anderson, LA 5ÈME VAGUE, LE PRODIGE, LE MAJORDOME de Lee Daniels, CLEAR HISTORY, APPRENTI GIGOLO, L'INTÉGRISTE MALGRÉ LUI, SALT, X-MEN ORIGINS: WOLVERINE, LES INSURGÉS, REPO MEN, LE VOILE DES ILLUSIONS, UN CRIME DANS LA TÊTE, LA SOMME DE TOUTES LES PEURS, HÔTEL WOODSTOCK d'Ang Lee, KATE & LEOPOLD, EVERY DAY, HAMLET, HURRICANE CARTER, LE CHOIX D'UNE VIE, EN ROUTE VERS MANHATTAN, JOYEUX NOËL et la trilogie SCREAM de Wes Craven...


En 2005, il est passé à la réalisation avec TOUT EST ILLUMINÉ, adaptation du célèbre roman éponyme de Jonathan Safran Foer avec Elijah Wood, film cité dans les dix meilleurs longs métrages de l'année par le National Board of Review.

En 2016, on l'a vu dans OUTSIDER qu'il a coproduit et coécrit, autour de l'histoire de Chuck Wepner, vendeur d'alcool et boxeur qui a inspiré Rocky.

On le retrouvera dans HUMAN CAPITAL de Marc Meyers, aux côtés d'Alex
Wolff, Marisa Tomei, et Peter Sarsgaard, d'après le livre éponyme de Stephen Amidon.


Son interprétation d'Orson Welles dans le film CITIZEN WELLES de Benjamin Ross lui a permis d'obtenir une nomination à l'Emmy et au Golden Globe. Il s'est encore illustré dans les téléfilms LACKAWANNA BLUES et THE SUNSHINE BOYS. Il a prêté sa voix à de nombreux documentaires comme MANTLE: THE DEFINITIVE STORY OF MICKEY MANTLE ou A CITY ON FIRE: THE STORY OF THE '68 DETROIT TIGERS, NOVA et NATURE

Il a obtenu son premier Tony en 2005 en jouant dans l'adaptation pour Broadway de la pièce de David Mamet « Glengarry Glen Ross ». Il décroche sa deuxième nomination au Tony en 2007 pour « Radio Talk » d'Eric Bogosian et
une troisième pour « Vu du pont » d'Arthur Miller. Toujours au théâtre, on l'a vu dans « Othello », « Hamlet », « Henry V », « Macbeth » et « Les liaisons dangereuses » où il campe Valmont.


 Entretien 

Secrets de tournage

Note d'intention

Avec Un Jour de pluie à New York, Woody Allen a voulu offrir sa propre relecture d'une comédie sentimentale de l'âge d'or hollywoodien : "J'ai toujours adoré ces films-là. Je les trouve merveilleux. C'est une histoire d'amour et j'avais envie de la situer dans un New York romantique sous la pluie".

Démasqué

Les personnages du film s'interrogent sur leur identité et aspirent à pouvoir se montrer tels qu'ils sont et à être acceptés ainsi. Le style visuel fait écho à cette thématique : les personnages sont souvent filmés masqués ou dans l'ombre. Par exemple, lors de la scène où Gatsby et Chan sont sur un tournage dans une voiture, on distingue ce qui se passe à l'extérieur par les reflets sur la vitre du véhicule. Le directeur de la photographie Vittorio Storaro explique : "Dans un film, il ne s'agit pas de tout montrer nettement en permanence. La plupart du temps, il est préférable que les personnages soient filmés derrière un décor ou ne soient que partiellement visibles".

Les décors

Le Wooster Hotel, où se rend Ashleigh pour interviewer Roland Pollard, est fictif. L'équipe s'est installée dans le Bowery Hotel de l'East Village pour tourner. Pour ne pas être dérangée par les clients, la production a construit une façade dans une rue différente et créé son propre hall d'accueil à l'étage au-dessus de celui de l'établissement. Quant au bureau de Pollard installé dans la suite de l'hôtel, il s'agit d'un loft privatif d'un particulier. Le chef décorateur Santo Loquasto se souvient : "Le décor était impressionnant. Il s'agissait d'une magnifique suite, légèrement fantasmatique, qu'un réalisateur pourrait louer". Enfin, l'appartement classique de Chan, censé être situé dans l'Upper East Side, a été tourné à Central Park West.

Sortie annulée

Un jour de pluie à New York devait être distribué en 2018 aux Etats-Unis mais sa sortie a été annulée en raison du mouvement #MeToo et de plusieurs accusations d'agressions sexuelles à l'encontre de Woody Allen.

Polémique
Certains acteurs ont déclaré ne plus vouloir travailler avec Woody Allen suite aux accusations d'agressions sexuelles dont il est l'objet et qui sont portées par sa fille Dylan Farrow. Rebecca Hall et Timothée Chalamet ont partagé leur regret d'avoir tourné dans Un jour de pluie à New York et ont reversé leur salaire à l'association Time's Up, destinée notamment à venir en aide aux personnes victimes d'agressions / harcèlements sexuels.


 L'avis de la presse 

Première - David Fontaine
On a bien cru qu'on ne le verrait jamais. Suite au mouvement # MeToo et à la résurgence des accusation de Dylan Farrow contre son beau-père Woody Allen, Amazone Studios, producteur et distributeur des trois derniers opus du réalisateur, avait choisi, début 2018, d'annuler purement et simplement la sortie d'Un jour de pluie à New York aux Etats-Unis. Le reste du monde-enfin, celui qui avait acheté les droits du film n'était cependant pas concerné par cette décision dictée par une forme de prudence, elle-même conditionnée par un par un contexte américain très particulier. En France, Mars Films distributeur régulier des films du réalisateur depuis 10 ans, a sagement attendu que les choses se tassent un peu pour travailler la sortie. À l'arrivée, on ne peut que se réjouir de ce petit retournement de situation (c'en est bien un : les circonstances actuelles et l'échec cuisant en France de Wonder Wheel, le précédent Woody Allen, refroidiraient bien des ambitions). Si l'on s'en tient strictement à l'aspect artistique, Un jour de pluie à New York est sans doute ce que Woody Allen a fait de mieux depuis disons, Blue Jasmine.

PUR ALLEN, Un étudiant intello, répondant au nom ronflant de Gatsby Welles (Timothée Chalamet) invite sa copine, Ashley Enright (Elle Fanning), à passer un week-end à New York. La jeune femme, apprentie journaliste en cinéma, souhaite profiter de l'occasion pour rencontrer Roland Pollard (Liev Schreiber), l'un des plus grands réalisateurs en activité. Ça tombe bien, il a accepté le principe d'une interview pour la gazette universitaire d'Ashley. Les choses ne vont évidemment pas se passer comme prévu. Obsédée par son entretien avec le grand homme, dépressif, Ashley est trimballée à travers New York tandis que Gatsby tente de tuer son spleen grandissant au hasard des rencontres qu'il fait dans les rues. Sur le papier Un jour de pluie à New York n'a rien de révolutionnaire dans le sens où le bréviaire allenien reste inchangé : les personnages sont à la croisée des chemins et s'interrogent sur le sens à donner à leur vie. Ça discute, ça argumente, ça marche beaucoup dans la ville-monde(filmée avec cette proximité dont Allen a le secret), miroir des tracasseries existentielles des protagoniste. Les filles sont pétillantes et jolies, les garçons sont pédants, les adultes sont inconséquents, les escort girls ont de l'esprit. Le marivaudage est gai, trivial et mélancolique. Comme un air de déjà vu, et pourtant...


Les Inrockuptibles - Anthony Moreira
On pensait ne jamais voir le prochain film de Woody Allen à la suite de ses déconvenues avec Amazon Studios, qui s'est désengagé après les accusations d'agressions sexuelles portées à l'encontre du réalisateur. Finalement, le long métrage sera distribué par Mars Films et sortira en France le 18 septembre. Il a d'ailleurs désormais sa bande-annonce.

Un jour de pluie à New York semble être une comédie romantique purement "allenienne". Un couple, interprété par Timothée Chalamet et Elle Fanning, débarque à New York pour un week-end, la jeune femme ayant décroché une interview d'un réalisateur célèbre. Mais une succession de rencontres (parmi lesquelles Jude Law et Selena Gomez) et de hasards ne cesse de retarder le séjour amoureux initialement prévu.

ATOUT CHARME

Pourtant, le film possède un charme indéniable. Ce petit supplément d'âme dont les Woody Allen du XXIe siècle sont parfois dépourvus – à l'exception de Vicky Cristina Barcelona et de Minuit à Paris. Ce charme (cette magie, « charm », au sens anglais du
terme) est partout à l'écran : dans les conversations délicates et taquines entre Gatsby et Shannon (Selena Gomez), rencontrées sur le tournage d'un court métrage : dans les éclats de rire exquis d'Ashley, parfaite ingénue qui ne perd cependant jamais le sens des réalités : dans le personnage de la mère de Gatsby (Cherry Jones), incroyable et assez inédite créature allenienne qui débite le plus beau monologue, d'un féminisme qu'on n'a pas fini de commenter. Le renouvellement des générations contribue aussi à ce que le charme opère. Timothée Chalamet ne s'épuise pas à mimer Allen et joue à fond la carte du romantisme qu'il maîtrise à merveille. Elle Fanning est époustouflante de culot. Selena Gomez minaude juste ce qu'il faut. Kelly Rohrbach (l'escort) fait monter la température... Comme ragaillardi par cette jeunesse triomphante, Woody Allen montre qu'il en a encore sous le pied. C'est plutôt une bonne nouvelle.


Le Canard Enchaîné - David Fontaine
Un couple d'étudiants décide de passer un week-end à New York. Le romantique Gatsby se réjouit de montrer sa ville natale sous un ciel gris à son amie Ashley, une charmante ingénue venue d'Arizona. Or celle-ci commence par interviewer un célèbre réalisateur, totalement déprimé...
S'ensuit, pour chacun, une spirale de rencontres inattendues.
Un Woody Allen plein d'allant ! Et qui semble reparti comme en 40 - l'âge d'or de Hollywood, dont il se montre si nostalgique...
Ce retour à New York réussit au mieux au réalisateur, dans cette comédie sentimentale subtile et tendre, qui abonde en quiproquos délectables. Ce film parfaitement ouvragé est un bel hommage au culte de la rencontre - des rencontrent ! – amoureuse. Et il est tissé de dialogues spirituels, d'une drôlerie parfois irrésistible.
Il est d'autant plus regrettable que sa sortie soit bloquée depuis 2 ans aux Etats-Unis, en raison des attouchements pédophiles contre Allen relancées par Dylan Farrow, sa fille adoptive, à l'occasion de l'affaire # MeToo. Un dossier vieux d'un quart de siècle, pourtant classé, faute de preuves, par la justice américaine... Il est plus regrettable encore que certains acteurs – dont Timothée Chalametet Selena Gomez, à leur meilleur dans le film – boycottent désormais le réalisateur. Si Allen était déjà réputé infréquentable, pourquoi donc avoir accepté de tourner dans son film.


Le Monde - Thomas Sotinel
Une grande jeune fille blonde, à peine sortie de l'adolescence, arpente les rues de Manhattan. Au coin d'une avenue, elle est attirée dans l'orbite d'un cinéaste qui pourrait être son père. A celles et ceux qui ont suivi le parcours quasi immobile du réalisateur, Un jour de pluie à New York offrira pendant un long moment la possibilité d'un contrechamp à Manhattan (1979), entrebâillant la porte sur une version alternative de l'univers de l'auteur d'Annie Hall (1977) et Crimes et délits (1990).

Dans cet autre espace-temps, la jeunesse a repris la main, ses désirs et ses fantaisies guident la comédie. Les artistes, installés dans l'âge adulte – réalisateur, scénariste, acteur –, valent le détour, ou pas, au même titre que le pont de Brooklyn ou l'Empire State Building.

En ses dernières séquences, Un jour de pluie à New York ne tient pas ces promesses. C'était sans doute demander beaucoup à un homme de 83 ans de recréer son monde à l'image de deux très jeunes gens du début du XXIe siècle.

Tout commence à quelques centaines de kilomètres de Central Park dans une université du Nord-Est, où Gatsby Welles (Timothée Chalamet) a été exilé par sa mère, pilier de la bonne société new-yorkaise, qui espère que son rejeton y cultivera plus son intellect que ses dons pour le poker et le piano de tripot. Le jeune homme y a séduit Ashleigh (Elle Fanning), héritière d'un banquier texan, dont les réserves d'enthousiasme valent celles du pétrole de son état natal. En quelques plans, Woody Allen obtient de ces deux comédiens ultramodernes la réincarnation d'un couple sorti d'une comédie de l'âge d'or hollywoodien. La mondanité lasse qu'affiche Gatsby, l'effervescence d'Ashleigh pourraient être celles de Cary Grant et Ginger Rogers.




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